Entretiens




Message du président




Une année d'expansion soutenue, mais des résultats modestes
La Coop fédérée a poursuivi sur sa lancée des dernières années, visant un meilleur positionnement de ses activités et de celles de l'ensemble des coopératives du réseau La Coop, au Québec et au Canada. Elle enregistre cependant en 2013 des résultats que l'on pourrait qualifier de modestes.


Denis Richard
Président
La Coop fédérée
Avec des ventes de plus de 5,2 milliards $ et un excédent net de 18,8 millions $, l'exercice 2012-2013 de La Coop fédérée est le reflet d'un déséquilibre ponctuel dans le marché des grains et d'un manque de synergie dans la Filière porcine coopérative.

Les secteurs de l'activité Approvisionnement ont poursuivi la croissance de leurs résultats d'exploitation, entre autres dans les secteurs des productions animales et végétales, alors que les secteurs des ventes au détail ont connu des résultats conformes aux attentes.

Olymel enregistre une diminution marquée de ses résultats, tant dans la commercialisation de la volaille que dans celle du porc. On constate une amélioration notable dans le secteur bacon, mais la situation demeure particulièrement difficile dans le porc frais au Québec.

L'entreprise coopérative : rétrospective 2013

Le début de l'exercice financier 2012-2013 de La Coop fédérée a coïncidé avec l'élection d'un nouveau gouvernement à Québec et la nomination d'un parlementaire d'expérience à titre de vice-premier ministre et de ministre de l'Agriculture.

La nomination de François Gendron à ce poste de ministre est à saluer. Elle aura permis de passer à l'action et de faire adopter la politique agricole et agroalimentaire tant attendue par les intervenants du milieu.

Cette politique de souveraineté alimentaire s'inscrit dans une vision partagée par La Coop fédérée, car elle met le produit et le consommateur au cœur du modèle et mise sur ce qui a permis l'essor du Québec agricole moderne.

Le début du dernier exercice financier coïncide également avec la finalisation d'une importante acquisition stratégique dans l'Ouest canadien.

L'acquisition de la troisième exploitation porcine du Canada, avec près d'un million de porcs produits par année, se voulait d'abord défensive, pour préserver les approvisionnements de notre établissement de Red Deer, en Alberta.

Avec quelque 19 sites comportant plus de 50 fermes, des meuneries et des mix mills, ainsi que près de 400 employés, cette acquisition s'inscrit dans la volonté du conseil d'administration de consolider le positionnement de La Coop fédérée à l'échelle canadienne et de développer plus de synergie entre nos différents secteurs d'activité.

L'acquisition a été le fruit d'une collaboration entre nos spécialistes de l'activité Approvisionnement et ceux d'Olymel. Déjà, ses effets bénéfiques se font sentir dans nos deux grandes activités.

L'évènement clé de 2013 aura été l'entente de partenariat dans le secteur de la quincaillerie et des matériaux de construction.

Conclu en novembre, ce partenariat témoigne de la volonté du réseau La Coop de renforcer à long terme son positionnement dans ce secteur, qui est en voie de consolidation.

Le partenariat, basé sur un modèle d'affaires bien connu de La Coop fédérée mettant en valeur l'esprit d'entrepreneuriat de nos partenaires de même que la force pérenne des coopératives, est une réponse gagnante pour l'économie de nos régions.

Je veux saluer l'ouverture de nos partenaires – Desjardins, le Fonds de solidarité du Québec et le Fondaction de la CSN, qui ont souscrit dans le capital de La Coop fédérée – et celle de nos institutions financières, qui, par l'augmentation de nos facilités de crédit, ont rendu possible une telle transaction.

D'autres partenariats ont également été conclus en cours d'année. Mentionnons celui avec Gaz Métro pour l'établissement de stations-services multiénergies entre Québec et Toronto, offrant notamment aux compagnies de transport la possibilité de se convertir au gaz naturel liquéfié. Soulignons aussi l'entente intervenue dans CanEst pour l'exportation de grains par conteneurs ou encore celle conclue avec Biovalco pour la valorisation de la biomasse agricole.

Ces ententes témoignent, pour de plus en plus d'intervenants économiques, que La Coop fédérée, forte de ses valeurs éthiques et de sa stabilité financière, est un partenaire d'avenir. Ces partenariats et acquisitions ne nous ont pas détournés des grands chantiers entrepris pour optimiser le réseau La Coop.

Le projet Chrysalide en productions animales entre dans sa dernière phase d'implantation et il répond aux attentes formulées en 2008. Il aura permis une modification du modèle d'affaires dans ce secteur et été le déclencheur d'une vaste réflexion sur la nécessité d'une intercoopération plus poussée entre les coopératives du réseau La Coop.

Le projet Chrysalide Énergies Sonic est issu de cette réflexion. La mise en place d'une première structure-pilote sur la rive nord du Saint-Laurent aura été riche d'enseignements pour les déploiements à venir des quatre autres structures régionales prévues.

Le projet Fidelio entre aussi dans sa dernière phase. La standardisation et la modernisation de nos systèmes d'information ouvrent la voie aux technologies qui accompagneront les façons de commercer à l'avenir.

On ne saurait passer sous silence la venue de deux nouvelles coopératives au sein de La Coop fédérée. L'adhésion de la Fédération des coopératives des provinces atlantiques est un bel exemple du vent d'intercoopération qui bouscule le monde coopératif. L'intégration de Coop Atlantique aux différents projets en cours dans le domaine de l'approvisionnement à la ferme et les synergies qui en découleront seront bénéfiques pour l'ensemble des coopérateurs agricoles de l'est du Canada. Soulignons également l'adhésion de La Coop Montérégienne à La Coop fédérée. Issue de la fusion de trois coopératives membres, cette nouvelle entreprise accède, par sa taille, au rang de grande coopérative et est le reflet d'une nouvelle vision des enjeux du réseau La Coop.

D'autres coopératives envisagent des modèles de collaboration pour se donner la masse critique des grandes coopératives, tout en maintenant intacte leur présence dans le milieu. Ces initiatives sont à encourager, car elles sont le prélude du réseau La Coop de demain.

Ces acquisitions, initiatives et projets sont extrêmement exigeants en matière de ressources, tant humaines que financières. C'est pourquoi La Coop fédérée entend demeurer ouverte aux occasions qui pourraient se présenter, mais elle demeure surtout orientée vers l'optimisation du plein potentiel découlant de la croissance accélérée des dernières années.

La production porcine coopérative
La mise en place de la Filière porcine coopérative a grandement contribué à maintenir notre place, chèrement acquise, sur certains marchés et à stabiliser les revenus de nombreux producteurs autonomes.

Mais la production porcine coopérative n'a pas le niveau de performance auquel on devrait s'attendre. Après des années de vaches maigres, la situation des producteurs s'est légèrement améliorée en cours d'année, mais c'est la mise en marché qui a connu l'an dernier une période difficile.

La décision de nos partenaires d'Olymel d'exercer leur option de retrait a amené le conseil d'administration de La Coop fédérée à s'interroger en profondeur sur son engagement dans ce secteur.

Avec l'aide de sociétés-conseils et l'expertise de nos spécialistes, ainsi qu'à la lumière de la réflexion stratégique du réseau, nous avons analysé toutes les options réalistes. En nous rappelant notre mission et nos valeurs, nous n'avions pas d'autre choix que de persévérer et de travailler à établir une production porcine coopérative, résiliente et performante. Nos équipes se sont donc penchées notamment sur la gestion du risque et la gouvernance, afin de créer une véritable Filière porcine coopérative durable et rentable. En 2014, La Coop fédérée assumera pleinement son leadership dans le déploiement de cette nouvelle filière.

La fédération de coopératives
Sur le plan institutionnel, La Coop fédérée a participé à l'adoption du Plan d'action pour une décennie coopérative, de l'Alliance coopérative internationale.

L'objectif de ce plan d'action est que les coopératives soient reconnues en 2020 comme des chefs de file de la durabilité économique, sociale et environnementale, et comme le modèle entrepreneurial préféré des populations.

Cinq grands axes ont été définis :
• promouvoir et enrichir la participation des membres, surtout les jeunes;
• prendre le virage du développement durable;
• renforcer l'identité coopérative;
• assurer un cadre juridique propice au développement du plein potentiel économique des coopératives;
• garantir l'accès à un capital qui respecte les principes coopératifs.

Nous avons été très actifs dans le rapprochement et la fusion des deux organisations qui représentaient les coopératives canadiennes. Les délégués du Conseil canadien de la coopération et de la mutualité (CCCM) et ceux de la Canadian Co-operative Association (CCA) ont uni leurs forces pour créer Coopératives et Mutuelles Canada (CMC), qui devient la nouvelle organisation représentant l'ensemble des coopératives canadiennes, tant anglophones que francophones, auprès du gouvernement.

La Coop fédérée a aussi été active dans la vision 2020 du mouvement coopératif québécois. Sorte de « Chrysalide » à l'échelle de l'ensemble des intervenants du mouvement coopératif du Québec, cette réflexion se poursuit et pourrait éventuellement interpeler le réseau La Coop au chapitre du partage de nos programmes de formation et de certains services-conseils.

Finalement, tout le réseau La Coop s'est mobilisé dans une vaste démarche de réflexion stratégique. Cette entreprise de planification a été l'occasion de réfléchir aux enjeux et aux orientations à se donner collectivement.

Douze chantiers ont été déterminés, dont cinq ont été placés en priorité. Des comités de mise en œuvre pour chacun de ces chantiers ont été formés et sont à pied d'œuvre pour élaborer leur plan de déploiement dans le réseau. Une rencontre du Forum des présidents a suggéré que deux autres chantiers soient mis en œuvre, soit celui de la gouvernance de La Coop fédérée et celui de la proximité associative.

Un plan d'action, une vision et des valeurs, voilà un bon départ. Mais pour véritablement être une équipe gagnante, il faut de la discipline et que chacune des composantes du réseau La Coop donne son plein potentiel.

Le réseau La Coop est résilient. Il doit aussi être performant, et il nous appartient de faire fructifier ce précieux héritage pour notre bien commun et celui de notre relève.

Rapport de gestion

Le dernier exercice financier de La Coop fédérée, terminé le 26 octobre 2013, montre des ventes de près de 5,2 milliards $ et un excédent avant ristournes et impôts de 23,7 millions $.

Claude Lafleur
Chef de la direction
En 2012, les ventes se chiffraient à 4,9 milliards $, et l'excédent appartenant aux membres de la société avant ristournes et impôts était de 82,3 millions $.

Alors que les résultats de l'Approvisionnement sont supérieurs à ceux de l'exercice précédent, la détérioration des résultats de l'exercice 2013 s'explique principalement par une perte d'exploitation dans la filiale Olymel.

Plus précisément, la hausse des résultats de l'activité Approvisionnement provient en partie de l'inscription de gain de disposition d'éléments d'actif jugés non essentiels aux opérations futures. Pour Olymel, les résultats présentent une perte, alors que l'an dernier il y avait des excédents. La baisse des volumes et des marges viande dans le secteur du porc frais, l'intégration de la filiale de production porcine ainsi que la hausse des coûts du vivant dans la volaille expliquent la diminution des résultats de l'entreprise.

En ce qui concerne les ventes totales, la hausse de 239 millions $ provient de l'Approvisionnement (pour 171 millions $) – plus particulièrement du Secteur des grains, où le volume et les prix de vente sont en augmentation – et de nos filiales du Secteur des productions végétales, qui ont enregistré une croissance des volumes de vente. Les ventes d'Olymel sont elles aussi en hausse (de 68 millions $), en raison des augmentations des volumes dans la volaille et de l'intégration du secteur de production porcine, le tout quelque peu compensé par une diminution des volumes dans le porc frais.

Pour l'exercice clos le 26 octobre 2013, l'excédent net après ristournes et impôts s'élève à 18,8 millions $, alors que celui de l'exercice 2012 était de 53,9 millions $.

Activité Approvisionnement
Ventes en 2013 : 2,8 milliards $
Ventes en 2012 : 2,6 milliards $

Les ventes de l'Approvisionnement, après élimination des transactions intersectorielles, ont progressé considérablement et s'élèvent à plus de 2,8 milliards $ (une augmentation de 171 millions $), soit 6,5 % de plus que l'année précédente, où le chiffre d'affaires totalisait 2,6 milliards $.

Cette hausse s'explique par une très forte croissance des volumes de ventes réalisés par le Secteur des grains et, dans une moindre mesure, par l'augmentation du chiffre d'affaires hors du Québec, généré par Agronomy Company of Canada inc., Agrico Canada Ltd. et Grower Direct Exports Ltd., toutes des filiales exclusives de La Coop fédérée.

Pour l'exercice, l'excédent avant impôts se chiffre à 63,7 millions $, une hausse de près de 2,7 millions $ ou de 4,5 % par rapport à l'exercice précédent.

Secteur des productions animales
Ventes en 2013 : 346,8 millions $
Ventes en 2012 : 329,3 millions $

Le chiffre d'affaires du Secteur des productions animales est en hausse de 17,5 millions $ par rapport à l'an dernier et totalise 346,8 millions $.

D'une part, cette hausse provient d'une augmentation des volumes de poussins vendus, et ce, dans un contexte de pénurie d'approvisionnement en œufs d'incubation causée par la crise sanitaire qui a sévi au Mexique. D'autre part, l'augmentation du chiffre d'affaires est la conséquence de la montée du prix des intrants en alimentation animale combinée à l'achèvement de l'implantation du modèle Chrysalide pour le Service des ruminants. Cette transformation se poursuivra dans les prochaines années par l'adaptation des usines monogastriques du réseau au modèle Chrysalide de même que par l'optimisation de la logistique d'entreposage et de distribution, qui, d'ailleurs, s'est concrétisée par l'inauguration du centre de distribution de Saint-Romuald en décembre dernier.

Une légère baisse de la production de lait et une récolte de fourrage de qualité supérieure à la moyenne ont provoqué une légère baisse des ventes de moulées laitières, sans toutefois affecter nos parts de marchés, qui sont, quant à elles, demeurées relativement stables. À l'inverse, les volumes de ventes d'aliments porcins sont en hausse, ce qui est en partie attribuable à l'ajout de clientèle et à l'augmentation des poids d'abattage. Le volume d'aliments avicoles est en légère hausse.

Secteur des productions végétales
Ventes en 2013 : 789,8 millions $
Ventes en 2012 : 770,7 millions $

Un gain de parts de marché et la hausse de la consommation d'engrais agricoles au Québec ont permis d'accroître les volumes de ventes du Service des fertilisants. Cependant, la baisse du prix des matières premières atténue presque totalement la hausse des volumes vendus. Les ventes de fertilisants s'élèvent donc à 134 millions $ cette année, comparativement à 133,4 millions $ au cours de l'exercice précédent.

Au chapitre des semences, les ventes totalisent 53,4 millions $, ce qui représente une amélioration de 9,1 millions $ ou de 20,5 % sur les ventes de l'exercice précédent. Les volumes distribués de canola et de soya sont en augmentation, alors que les données de marché indiquent des réductions d'ensemencement de l'ordre de 18,3 % et 1,2 % respectivement. Nous en déduisons une hausse de nos parts de marché au Québec pour ces cultures. Il en va de même pour les cultures de céréales.

Les ventes de protection des cultures ont progressé de 5,5 % et se chiffrent à 48,4 millions $. Une portion importante de la hausse des ventes provient de l'augmentation des parts de marché du réseau La Coop et de la consommation accrue rendue possible par les applications d'herbicides résiduels dans les champs de maïs et de soya.

Agronomy Company of Canada et Agrico Canada, nos deux filiales ontariennes, ont réalisé un chiffre d'affaires combiné de 553,9 millions $, dégageant ainsi une hausse de près de 50 millions $ ou de 9,6 % sur leurs ventes de l'année dernière. Agronomy et Agrico ont vu leurs volumes de ventes progresser de 11 % et 23 % respectivement. La hausse des ventes d'Agrico est due principalement à une percée de ses ventes dans l'Ouest canadien.

Secteur des grains
Ventes en 2013 : 768,3 millions $
Ventes en 2012 : 608,5 millions $

Le Secteur des grains a dégagé des ventes totales de 768,3 millions $, contre 608,5 millions $ au dernier exercice, soit une hausse de 26,3 %. Les volumes commercialisés ont augmenté de 452 000 tonnes métriques, dont plus de 230 000 provenaient de la commercialisation de maïs par le Service de commercialisation du Québec et près de 220 000 tonnes de nouveaux volumes de blé, maïs et autres produits commercialisés par Grower Direct en Ontario. Malheureusement, cet excellent rendement est terni par des résultats en forte diminution provoqués par deux principaux facteurs : des conditions de marché extrêmement difficiles causées par les marchés boursiers guidés par des tendances de prix inversés et par l'impact défavorable de la sécheresse aux États-Unis, en 2012, et la commercialisation des grains en Ontario en 2013.

Secteur quincailleries et machines agricoles
Ventes en 2013 : 251,6 millions $
Ventes en 2012 : 248,8 millions $

Les ventes du Secteur quincaillerie et machines agricoles sont en hausse de 1,8 million $ et totalisent 251,6 millions $, comparativement à 248,8 millions $ au dernier exercice.

L'importante augmentation du prix des matériaux a compensé les impacts du ralentissement de la construction et de la rénovation au Québec sur la distribution en quincaillerie et matériaux.

La majeure partie de l'augmentation du chiffre d'affaires de ce secteur est le fruit des volumes de ventes accrus de machines agricoles, notamment dans la gamme des tracteurs Mahindra.

Secteur Énergies Sonic
Ventes en 2013 : 735 millions $
Ventes en 2012 : 763,7 millions $

La transformation du modèle d'affaires du réseau La Coop en distribution pétrolière s'est en partie concrétisée en 2013 par la création d'un premier regroupement sur la Rive-Nord, dans la région de Montréal. Ce nouveau modèle favorise une proximité optimale avec les membres et les clients. Les ventes du Secteur Énergies Sonic se sont chiffrées à 735 millions $, contre 763,7 millions $ à l'exercice précédent, soit une baisse de 28,7 millions $. Une partie de la baisse du chiffre d'affaires est causée par la terminaison de contrats d'approvisionnement de grands chantiers à la fin du dernier exercice. Les volumes distribués par ce secteur sont en baisse de plus de 28 millions de litres.

Conclusion
Que va-t-on retenir de l'année 2013 ? Des résultats modestes, certes, mais qui illustrent d'une certaine manière la capacité de l'entreprise à faire face aux mauvaises conjonctures lorsque l'un de ses métiers est en difficulté. Il est vrai que le secteur du porc frais a connu une année très difficile, mais les résultats très solides des secteurs de l'activité Approvisionnement (sauf le commerce des grains) ainsi que, dans une moindre mesure, ceux des secteurs de la surtransformation et de la volaille sont venus compenser ces pertes importantes. De 2013, on retiendra aussi les grands chantiers, qui continuent d'animer le réseau et de transformer profondément ses pratiques et sa culture d'affaires. La planification stratégique du réseau, les projets Chrysalide, la restructuration de la filière porcine et le déploiement de Fidelio, pour n'en nommer que quelques-uns, nous obligent à travailler différemment, à préciser nos processus et à réduire nos frais d'exploitation au moyen de synergies et en faisant la chasse aux actifs sous-utilisés. C'est une occasion d'innovation et de progrès pour toutes les équipes qui sont mobilisées dans cette aventure collective, avec l'objectif d'être toujours plus proches de nos membres et de nos clients. C'est ainsi que se poursuit la construction du réseau de demain.

RAPPORT D'OLYMEL

Les ventes d'Olymel ont totalisé 2,408 milliards $ en 2013, soit une augmentation de 68 millions $ par rapport à 2012. Toutefois, les profits de l'exercice précédent ont cédé la place à une perte.

Réjean Nadeau
Président-directeur général
Olymel s.e.c.
Le bilan global de l'exercice 2013 est donc décevant, bien qu'à l'exception du porc frais, l'ensemble des secteurs aient enregistré des résultats encourageants. Dans un contexte incertain, Olymel doit rester concentrée sur deux cibles : le contrôle de ses coûts et la satisfaction de ses clients.

Le fait saillant de l'exercice est l'acquisition d'un important producteur de porcs dans l'Ouest canadien, un investissement stratégique propre à assurer l'approvisionnement de notre usine de Red Deer, en Alberta. Cette acquisition majeure fait d'Olymel le troisième producteur de porcs au Canada et nous invite à amorcer un rapprochement d'importance entre nos activités de production et celles de transformation.

L'année 2013 a aussi apporté son lot de défis. Parmi ceux-ci figure la menace que la présence de la diarrhée épidémique porcine dans les élevages de porcs américains fait peser sur l'industrie porcine canadienne. Ce problème de santé est en tête de nos préoccupations. Olymel participe à la mobilisation de l'industrie pour mettre en œuvre toutes les mesures de biosécurité possibles afin de protéger le cheptel porcin canadien.

Porc frais
Le secteur porc frais Est enregistre un résultat négatif, contrairement à un léger profit au cours de l'exercice précédent. L'interruption des livraisons vers la Russie pendant une bonne partie de l'année, en raison de l'interdiction de l'usage de la ractopamine (Paylean) dans l'élevage des porcs destinés à ce marché, a été un facteur déterminant dans la faiblesse de la marge viande dans l'Est. Soulignons qu'Olymel, concernant les exigences du marché russe, a mis en place le nouveau protocole de l'Agence canadienne d'inspection des aliments visant à répondre à ces exigences et à obtenir la collaboration des producteurs.

Quant aux volumes d'abattage, ils ont été en légère hausse, grâce à un nombre plus important de porcs en provenance de l'Ontario, ce qui a compensé la baisse du volume de porcs disponible pour Olymel au Québec.

Le secteur porc frais Ouest enregistre également un résultat négatif, après cinq années de profits. La réduction de la marge viande est la principale cause de ce résultat; elle s'ajoute à une diminution des volumes d'abattage et à une baisse du poids des porcs. La marge viande de l'Ouest demeure toutefois plus favorable que celle de l'Est, compte tenu d'un meilleur portefeuille clients dû à la proximité des marchés et à un coût d'approvisionnement moindre. Selon les dernières données dont on dispose, Olymel contribuait pour une part de 29,4 % aux exportations canadiennes de viande de porc dans le monde.

Porc transformé et bacon
Par rapport à 2012, le secteur de surtransformation porc présente des résultats en hausse considérable en 2013. Ce rendement est attribuable à une augmentation de la marge viande, découlant d'un portefeuille clients favorable ainsi que de la stabilité des prix de volumes importants liés à un contrat de longue durée avec des clients majeurs.

Après plusieurs années de résultats négatifs, le secteur du bacon a connu un revirement spectaculaire en 2013, malgré une baisse des volumes. Plusieurs éléments y ont contribué, dont l'augmentation de la marge viande, la poursuite du plan de mécanisation lancé en 2009 et la réorganisation du secteur à la suite de l'incendie de l'usine de Princeville. Un investissement important dans l'agrandissement de l'usine de Cornwall et la mise en activité d'un nouveau fumoir, en février 2014, permettront de diversifier la production et de fabriquer un plus large éventail de produits de porc transformé.

Volaille fraîche et transformée
Contrairement à 2012, les résultats du secteur de la transformation primaire du poulet sont en baisse. La hausse du prix des grains a entraîné le coût du poulet vivant à des niveaux records, que les prix de vente n'ont pu totalement compenser. On constate dans ce secteur un surplus des approvisionnements, causé par l'envahissement du marché intérieur par de la viande de poule importée des États-Unis ainsi que par une utilisation abusive d'un programme de report des droits de douane. Après plusieurs transactions, dont la plus récente est l'acquisition du volume d'approvisionnement d'une entreprise de volaille, Olymel et ses partenaires occupent désormais le deuxième rang au Canada au chapitre de l'abattage. Dans ce secteur de la volaille fraîche, la nouvelle convention, en vigueur depuis septembre 2012, a permis d'encadrer le commerce interprovincial entre le Québec, l'Ontario et le Nouveau-Brunswick.

Inaugurée en mai dernier, l'usine de Sunnymel à Clair, au Nouveau-Brunswick, a connu en 2013 sa première année d'activité complète. Cet établis­sement, qu'Olymel possède en copropriété avec le Groupe Westco, enregistre une perte. Les approvisionnements de son quart de jour, qui n'ont été complétés qu'au second semestre, et les frais de démarrage expliquent ce résultat. Volaille Giannone, propriété à 50 % d'Olymel et qui évolue dans un marché de produits de spécialité, apporte une contribution positive, attribuable à une hausse de la marge viande, en dépit d'une baisse du volume d'abattage.

Le secteur du dindon enregistre des résultats positifs pour 2013, mais moindres qu'en 2012. L'augmentation des coûts d'approvisionnement du dindon vivant en raison du prix élevé des grains, les allocations de production plus élevées (qui provoquent des surplus sur le marché) et la reprise des opérations d'abattage de dindons en Nouvelle-Écosse ont fait décroître les bénéfices. Enfin, le secteur de la volaille surtransformée obtient de meilleurs résultats en 2013. Une baisse des coûts d'approvisionnement a permis une augmentation de la marge viande, malgré une diminution des volumes de ventes. Ce secteur devra poursuivre le développement de nos marques nationales et privées et rechercher des gains d'efficience.

La passion de nourrir le monde
En 2013, nous avons entrepris une vaste réflexion sur notre évolution comme entreprise majeure du domaine de la transformation agroalimentaire et nous nous sommes penchés sur l'image que nous souhaitons projeter auprès de nos parties prenantes. Cette démarche a débouché sur la formulation d'une nouvelle mission : Comme chef de file du domaine agroalimentaire, fière de ses origines québécoises, de la qualité irréprochable de ses produits et de ses 10 000 employés, Olymel a comme motivation et mission quotidiennes de nourrir le monde. Les valeurs qui soutiendront cette mission sont l'intégrité, le respect et la confiance. Ces valeurs se conjugueront avec notre mission et avec notre engagement à offrir des produits d'une qualité et d'une salubrité irréprochables.
 
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