Entretiens

C'est à sa propre initiative que Lisa Vachon s'est engagée au sein de cette coopérative beauceronne, qui compte 47 membres et dont le chiffre d'affaires atteint neuf millions de dollars. Active en productions laitière, bovine, porcine et végétales sur un territoire principalement forestier, La Coop Langevin fournissait notamment les cochettes de reproduction que Lisa Vachon achetait pour sa ferme de Lac-Etchemin. « Je savais que beaucoup de changements s'en venaient avec Chrysalide et avec la diminution de la relève dans notre région. Je voulais être au conseil pour m'assurer que mon approvisionnement en intrants et en animaux allait continuer à être de qualité », explique-t-elle.

Lorsqu'elle a été élue, en février 2011, le projet de fermeture de la meunerie était déjà sur la table. Avec le recul, la dirigeante a le sentiment d'avoir aidé à prendre la bonne décision. « Je me suis toujours exprimée, pas seulement à mon avantage, mais aussi dans l'intérêt des autres agriculteurs », soutient-elle.

Directeur général de La Coop Langevin et de La Coop Ste-Justine, Jean-François Denis confirme : « Lisa a amené une toute nouvelle dynamique au conseil. Depuis qu'elle est là, elle fait valoir son point de vue, et ça provoque la discussion. C'est gagnant pour tout le monde. »

Aujourd'hui, la meunerie est fermée, mais les membres n'ont pas trop perdu au change, puisque le service de vente et de livraison de moulées et d'engrais a été relogé localement dans un entrepôt commun, dont les deux coopératives, qui fonctionnent en cogestion, ont financé l'agrandissement. « Lisa est une personne qui sait où elle s'en va, ajoute M. Denis. Elle a de bons résultats à sa ferme et elle en veut autant pour la coopérative. » Après avoir obtenu un diplôme en production porcine et une attestation d'études collégiales en gestion agricole, la jeune femme a racheté la ferme familiale avec son frère Tony, en 2008. Ce dernier a repris l'élevage des bovins, qui était le secteur de prédilection de leur père. Elle a repris la division porcine, qu'elle exploite aujourd'hui à son compte.

« À l'époque où la ferme appartenait encore à mon père, nous avons été les premiers à expérimenter la nouvelle formule de naisseur-finisseur à forfait », rappelle la productrice, qui a déjà fait l'objet d'un article dans le Coopérateur agricole à ce propos1.

Au départ, c'était l'idée de sa sœur Linda, poursuit-elle. Toutefois, lorsque la construction des bâtiments a été terminée, Lisa a pris le relais, car son aînée était tombée enceinte. « Dans ce temps-là, je voulais aller travailler à l'extérieur, mais en fin de compte, j'ai hérité de tout le projet ! »

Tout juste agrandie, sa ferme comprend maintenant une maternité de 200 truies, une pouponnière de 900 places et un engraissement de 1400 places. Avec pour seule aide une employée qui vient toutes les trois semaines pour laver et une autre pour sevrer, elle arrive à maintenir les plus hauts standards. À preuve, la Ferme porcine Toly est arrivée première plusieurs fois au classement de productivité de l'AGREPP Sud-Est !

Maintenant que son entreprise a atteint la taille qu'elle souhaitait, cette adepte de karaté et de tai-chi songe à fonder une famille. « Avec les rénovations, ce n'était pas le temps d'avoir une bedaine ! »

1 « Vivre au rythme des animaux », avril 2004 ,
www.lacoop.coop/cooperateur/articles/2004/04/p40.asp

 
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