Entretiens
L'installation d'une chaudière multicombustible Blue Flame pour produire de la chaleur au Centre de développement bioalimentaire du Québec, à La Pocatière, a été le coup d'envoi d'une nouvelle ère au sein du Secteur Énergies Sonic de La Coop fédérée.
Hugo Bélanger et Michel Garon, respectivement électromécanicien, responsable de l'entretien de la chaudière Blue Flame, et directeur général du CDBQ.
Il s'agit d'un tournant majeur pris par Énergies Sonic qui, avec une toute nouvelle offre d'affaires, ne se positionne plus uniquement comme un « distributeur » d'énergies fossiles, mais maintenant aussi comme un « fournisseur » d'énergie à sa plus simple expression (c'est-à-dire la vente de BTU), et ce, tant au Québec que dans le reste du Canada.

C'est par des investissements dans la valorisation de la biomasse qu'Énergies Sonic a mis en place des projets de production de chaleur à partir de diverses sources : résidus forestiers, copeaux de bois, sciures, écorces et, possiblement dans un avenir rapproché, des résidus agricoles tels que les pailles et des cultures dédiées pouvant être produites sur des terres marginales, comme le saule à croissance rapide et le panic érigé.

L'offre d'Énergies Sonic s'intègre parfaitement dans le positionnement de La Coop fédérée, à savoir : devenir un leader et un acteur incontournable dans l'approvisionnement en biomasse agricole et forestière, dans l'émergence d'une économie verte au Canada.

Le CDBQ : un premier réseau
de chaleur

La Coop fédérée – par l'entremise de son secteur Énergies Sonic – et le Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ) se sont associés en 2012 pour installer dans les bâtiments de ce dernier la toute première chaudière à biomasse Blue Flame au Québec.

La chaudière Blue Flame, et son panneau de contrôle qui en indique les principaux paramètres de réglages et de fonctionnement.
L'installation de la chaudière de 1500 kW a débuté au mois de septembre 2012. Le réseau de chaleur a été mis en fonction en novembre, la même année. L'objectif : remplacer les chaudières au mazout du CDBQ jusqu'alors utilisées pour en chauffer les bâtiments. C'est l'augmentation marquée des coûts du mazout qui a amené le CDBQ à envisager d'autres sources énergétiques.

« Nous cherchions une voie écologique et durable, indique Michel Garon, directeur général du CDBQ. Nous voulions réduire nos dépenses énergétiques, nous mettre à l'abri de la hausse des prix des carburants fossiles et réduire nos émissions de CO2. »

Depuis, pour chauffer ses installations, le CDBQ a évité en une seule année la combustion de quelque 230 000 litres de mazout, au profit de 700 tonnes de biomasse forestière résiduelle.

« L'implantation d'un système énergétique à la biomasse forestière s'est traduite par une réduction importante de nos coûts et de notre empreinte carbone, fait savoir M. Garon. C'est un véritable succès qui a dépassé les prévisions. Les performances sur le plan énergétique sont très bonnes. Les économies nettes s'élèvent à plus de 100 000 $ pour la première année de fonction­nement, sans compter la réduction de 550 tonnes d'émissions de gaz carbonique pour la période du 1er novembre 2012 au 30 octobre 2013. »

« Une grille de calcul permet de comparer les coûts réels d'approvisionnement en biomasse forestière pour subvenir à nos besoins énergétiques, par rapport à ce qu'ils auraient été si nous avions été alimentés par le mazout, poursuit le directeur. Ces chiffres démontrent que les économies sont supérieures à 60 %. »

Les deux bâtiments principaux du CDBQ étaient auparavant chauffés à l'aide d'un système énergétique au mazout léger. Un système de chauffage central à la biomasse forestière alimente maintenant en énergie les deux édifices. « La combustion de la biomasse permet de produire de la chaleur sous forme de vapeur, qui est acheminée à chacun des édifices par un réseau souterrain de conduites », explique Michel Garon.

Le nouveau bâtiment du CDBQ qui abrite la chaudière à biomasse.
Aménagement du réseau de chaleur. C'est par ces canalisations qu'est acheminée l'eau servant à chauffer les bâtiments du CDBQ.
Le directeur général précise toutefois que « les deux chaudières au mazout n'ont pas été mises au rancart. Elles demeurent opérationnelles, de sorte que si de sérieux problèmes devaient survenir avec la chaudière à la biomasse forestière, nous serions en mesure de les remettre en fonction. » Le coût de réalisation du projet s'est chiffré à 1,3 million $ et comprenait l'acquisition de la chaudière Blue Flame, la construction de bâtiments, l'aménagement du réseau de chaleur ainsi que les infrastructures d'entreposage pour l'approvisionnement en biomasse. Le projet a bénéficié d'une subvention de 500 000 $ de l'État québécois et d'un investissement de 440 000 $ de La Coop fédérée.

Pour Michel Garon, le partenariat avec La Coop fédérée représente plusieurs avantages :
• accès à une technologie de pointe, fiable, qui a fait ses preuves;
• soutien et suivi professionnels et techniques lors de l'implantation du projet et par la suite;
• possibilité de mettre sur pied des projets de recherche sur la biomasse, notamment la biomasse agricole;
• garantie d'approvisionnement en biomasse forestière;
• appui et expertise du réseau La Coop;
• accroissement du volume d'affaires avec La Coop fédérée. Le CDBQ est déjà un partenaire de La Coop fédérée et un membre du réseau La Coop pour ses approvisionnements à la ferme.

La Blue Flame, une technologie éprouvée
C'est la coentreprise Biovalco qui sera le fournisseur des solutions offertes par Énergies Sonic en matière d'équipements et d'expertises d'ingénierie. Rappelons que Biovalco est issue d'une entente de partenariat 50-50 intervenue en 2012 entre La Coop fédérée et l'entreprise manitobaine Prairie Bio Energy (PBE), un leader canadien dans le secteur de la biomasse, fondée par les ingénieurs Stéphane Gauthier et Eugene Gala. Ces « cracks » de la valorisation de la biomasse ont mis au point en 1998 une chaudière multicombustible très polyvalente, appelée Blue Flame Stoker.

Grâce au système multicombustible Blue Flame, Biovalco présente une feuille de route impressionnante et unique au Canada : plus de 130 systèmes de chauffage à la biomasse installés, dont 48 installations dans des complexes de serres, et 55 réseaux de chaleur dans des collectivités huttérites au Canada et aux États-Unis. « La Blue Flame est un appareil hors du commun, indique l'agronome Louis Beauchemin, coordonnateur, Financement et énergies renouvelables, à La Coop fédérée. C'est notamment sa capacité à brûler à peu près n'importe quel type de biomasse, tant forestière qu'agricole, qui rend cet appareil si unique. » (Voir l'encadré) « La polyvalence de la Blue Flame tient aussi à son grand éventail de puissances offertes, souligne Étienne Lafleur, représentant, Ingénierie et soutien, à Biovalco. La première génération de cet appareil est dotée d'une capacité de production de chaleur allant de 1,5 à 27 millions de BTU (440 à 7900 kW). Ces appareils sont destinés au marché des grands utilisateurs de carburants fossiles (plus de 300 000 litres [66 000 gallons] de mazout ou 450 000 litres de propane par année) qui souhaitent se convertir à la biomasse, tels que les hôpitaux, les municipalités, les industries et les grands complexes de cultures en serre. »

La biomasse forestière sert à alimenter la chaudière Blue Flame.
Une nouvelle gamme Blue Flame
En 2013, Biovalco a mis au point une nouvelle génération de chaudières Blue Flame afin de mener plus avant le développement de réseaux de chaleur. De puissance plus modeste que la génération précédente (850 000 à 2,6 millions de BTU), cette chaudière est destinée aux entreprises dites « intermédiaires », soit les entreprises agricoles, les petites industries, les municipalités rurales et les bâtiments commerciaux, qui consomment annuellement quelque 80 000 litres de mazout ou 120 000 litres de propane.

Un programme de 50 millions $
Fin novembre 2013, l'annonce de la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, du lancement d'un programme doté d'une enveloppe de 50 millions $ afin de favoriser l'usage de la biomasse forestière résiduelle, est venue souffler un vent de fraîcheur sur ce secteur.

La Blue Flame : un système multicombustible

Biomasse forestière
Copeaux
Planures
Écorces
Granules de bois

Biomasse agricole*
Paille (blé, avoine, etc.)
Tiges (maïs, tournesol, etc.)
Cubes énergétiques
Biomasse agricole densifiée
Résidus de criblures

* Le service Innovation et croissance de La Coop fédérée, en collaboration avec l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), effectue des tests d'émissions de particules au CDBQ lors de la combustion dans la chaudière Blue Flame de plusieurs types de biomasses agricoles et forestières. L'objectif est de faire en sorte que la combustion de certaines biomasses dans la chaudière Blue Flame soit autorisée par le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.
« Avec ce programme, les entreprises pourront faire des gains énergétiques importants et réduire leurs coûts d'exploitation. Le Québec doit plus que jamais profiter des nouveaux marchés émergents liés à la forêt : une opportunité de développement économique pour les régions », a indiqué Martine Ouellet par voie de communiqué, lors du lancement du programme.

Ce programme offre une aide financière substantielle pour la conversion de systèmes de chauffage dans les milieux industriel, commercial et institutionnel. Cette annonce, grandement attendue par le milieu, a donné le coup d'envoi à la réalisation de multiples projets de conversion à la biomasse, dont l'aménagement de plusieurs réseaux de chaleur (hôpitaux, écoles, parcs industriels, etc.), dans bon nombre de fermes avicoles et serricoles, tout en permettant une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre.

« Énergies Sonic sera un pionnier dans l'implantation plus structurée d'une filière commerciale prometteuse, indique Cyrille Néron, directeur principal, Innovation et croissance, à La Coop fédérée. Ce qui sera bienvenu, puisque c'est justement ce manque de structure qui constituait un des freins à l'établissement et au développement d'une solide filière de combustion au Québec. »

« Le réseau La Coop a de très nombreux atouts pour occuper une place enviable dans ce marché, appuie François Dupont, directeur général du Secteur Énergies Sonic à La Coop fédérée, et pour en faciliter le développement : présence de coopératives partout dans les régions, masse critique de producteurs sociétaires, matière première abondante et accessible, et équipe d'experts voués au développement des nouvelles technologies. »


Collectivité de l'Ouest canadien dont les infrastructures sont entièrement chauffées à l'aide d'un réseau de chaleur alimentée par une chaudière à biomasse Blue Flame.

1. Légende
2. École
3. Habitations
4. Centre communautaire
5. Serres
6. Poulaillers
7. Chambre de combustion
8. Porcherie
9. Atelier et garage


La très grande compétitivité de la biomasse

Coût par gigajoule (GJ) d'énergie produite
Mazout léger 30,50 $
Électricité 21,90 $
Propane 21,10 $

Granules de bois
(10 % hum.) 15,25 $
Gaz naturel 10,90 $

Biomasse agricole
(10 % hum.) 6,70 $
Copeaux de bois
(30 % hum.) 6,57 $
Énergies Sonic compte déjà un important portfolio de clients potentiels qui, avec la venue de ce programme, pourraient manifester un grand intérêt à adopter une solution biomasse. Mentionnons notamment les producteurs agri­coles grands consom­mateurs d'énergie (aviculteurs, serriculteurs) ainsi que diverses collecti­vités et orga­ni­sations. Bien avant l'annonce de la ministre Ouellet, le Secteur Énergies Sonic avait fait les premiers pas. Divers projets dans le secteur institu­tionnel sont présen­tement à l'étude. « Le potentiel est immense pour pallier les besoins en énergie des particuliers, des installations publiques et des commerces », explique également François Dupont.

Énergies Sonic mise principalement sur trois propositions d'affaires :
• partenariat d'Énergies Sonic dans l'investissement avec le client (avec un partage des économies réalisées);
• Énergies Sonic réalise l'investissement et vend l'énergie selon les besoins du client (p. ex. les BTU); et,
• vente d'un système Blue Flame avec une garantie d'approvisionnement en biomasse.
 
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