Entretiens
Biomasse forestière à l'usine de transformation et de conditionnement de Sainte-Florence, dans la Matapédia
Vision Biomasse Québec, un regroupement de 13 partenaires dont La Coop fédérée fait partie, propose une vision d'avenir à l'État québécois : substituer annuellement 400 millions de litres de combustible fossile par de la biomasse forestière résiduelle d'ici 2025.
Issues de coopératives, d'organismes environnementaux, sociaux et de recherche ainsi que de municipalités, ces 13 organisations se sont regroupées autour d'une démarche proposant la mise en place d'une filière structurée de chauffage à la biomasse forestière résiduelle pour le Québec : Vision Biomasse Québec. Ils allient leurs forces pour augmenter leur poids par rapport à l'État québécois.

« La biomasse est une excellente solution de rechange pour réduire les gaz à effet de serre [GES]. Il s'agit d'une source d'énergie très compétitive, offrant beaucoup plus de retombées économiques que la majorité des énergies actuellement utilisées, et représentant un impact environnemental positif majeur », affirme Cyrille Néron, directeur principal à l'innovation et à la croissance, à La Coop fédérée.

Transformer le chauffage au Québec
Organisations membres de Vision Biomasse Québec

  1. La Coop fédérée
  2. Bureau de promotion des produits du bois du Québec
  3. Fédération québécoise des coopératives forestières
  4. Union des municipalités du Québec
  5. Association des centres locaux de développement du Québec
  6. Nature Québec
  7. Regroupement des conseils régionaux de l'environnement
  8. Fondaction
  9. Solidarité rurale
  10. Fédération québécoise des municipalités
  11. Fédération des producteurs forestiers du Québec
  12. Les Énergies Sonic
  13. Conseil québécois de la coopération et de la mutualité
« L'atteinte des cibles de Vision Biomasse Québec contribuera de manière indéniable aux efforts de lutte contre les changements climatiques », continue M. Néron. L'objectif de Vision Biomasse Québec est de proposer des solutions en matière d'énergie pour la province qui réduiront les impacts sur la santé et la qualité de l'air, en plus de limiter les effets sur les écosystèmes. Selon Eugène Gagné, directeur au développement de la Fédération québécoise des coopératives forestières, la biomasse est perçue comme un vecteur potentiel de développement économique très prometteur pour l'ensemble de nos régions.

Plus précisément, la filière propose un déploiement responsable de 4000 GWh d'énergie renouvelable pour la production de chaleur partout au Québec, et ce, d'ici 2025. C'est-à-dire, la valorisation de plus d'un million de tonnes métriques de biomasse forestière résiduelle, qui remplacerait ainsi l'équivalent de 400 millions de litres de combustible fossile chaque année. Ce changement permettrait d'améliorer la balance commerciale annuelle du Québec à hauteur de 225 millions de dollars.

La Commission sur les enjeux énergétiques encourage le Québec à appuyer la mise en place d'une filière structurée de biomasse
Saviez-vous que… ?

Le coût de production de chaleur à partir de biomasse est deux fois moindre que celui de l'électricité.

Le chauffage, la climatisation et l'éclairage des bâtiments accaparent plus de 30 % de toute l'énergie consommée au Québec.

L'énergie de la biomasse serait beaucoup plus économique que celle de l'éolien.

En 2006, le Québec a souscrit à l'accord du Protocole de Kyoto. Le Plan d'action sur les changements climatiques 2013-2020 prévoit d'ici 2020 une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre sous le niveau de 1990. Le gouvernement du Québec a récemment rehaussé cet objectif à 25 %, sans toutefois modifier l'objectif légal de 20 %.
Conscient du potentiel de la biomasse pour le remplacement des combustibles fossiles au Québec, Cyrille Néron est heureux que ses propositions aient été entendues. « Il est temps qu'une filière structurée de chauffage à la biomasse joue un rôle clé au sein du portefeuille énergétique du Québec », affirme-t-il.

En effet, en automne 2013, un document préparatoire au rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques avait été publié, et la priorisation de la biomasse y était pratiquement inexistante. La Coop fédérée a réagi sur-le-champ en déposant un mémoire dans lequel elle démontrait le potentiel et l'importance qu'une filière biomasse devrait avoir dans une future politique énergétique.

« C'est la première fois qu'on voit naître un rapport au Québec qui remet en question nos politiques énergétiques, et qui met l'accent sur une filière biomasse en remplacement des combustibles fossiles, y compris le gaz naturel. Ce que propose Vision Biomasse Québec est parfaitement aligné avec ce que le rapport propose », affirme M. Néron.

Ce rapport vient appuyer les recommandations de Vision Biomasse Québec en statuant que le Québec n'aurait aucun avantage économique à exploiter les gaz de schiste et en recommandant de mettre l'accent sur le développement d'une filière de biomasse forestière résiduelle pour remplacer les combustibles les plus polluants.


Le regroupement Vision Biomasse Québec vise à atteindre sept cibles d'ici 2025 :
  1. Substituer annuellement 400 millions de litres de combustibles fossiles
  2. Valoriser un million de tonnes métriques (sur une base de 100 % de matière sèche) de biomasse résiduelle par année
  3. Éviter l'émission d'un million de tonnes métriques de CO2 par année
  4. Produire 4000 GWh d'énergie renouvelable
  5. Améliorer la balance commerciale du Québec à hauteur de 225 millions $
  6. Créer 12 500 emplois temporaires et 3600 emplois permanents.
  7. Mettre en place des infrastructures additionnelles de production de chaleur d'une capacité totalisant 1600 MW

L'hôpital d'Amqui, entièrement chauffé à la biomasse forestière depuis déjà quelques années.
Le rapport remet en question les énergies actuellement utilisées au Québec. « L'introduction de solutions de rechange en matière d'énergie a été repoussée au Québec par les énergies abordables déjà présentes depuis longtemps, indique François Dupont, directeur général du Secteur Énergies Sonic, à La Coop fédérée. Le chauffage à la biomasse a déjà fait ses preuves comme une technologie fiable ailleurs dans le monde; en Europe, on utilise plusieurs types de biomasses », poursuit ce dernier.

Le rôle de La Coop fédérée
Le rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques recommande la priorisation du chauffage à la biomasse en région, où les ressources sont à proximité et les coûts de transport réduits en conséquence. « La Coop fédérée est le plus important acteur régional en énergie au Québec et elle a la capacité de jouer un rôle clé dans la mise sur pied et la structuration d'une telle filière », affirme François Dupont. En effet, elle pourrait mettre à contribution ses réseaux de distribution déjà existants partout en province ainsi que ses équipementiers et ses nombreux experts dans le domaine du chauffage.

Récolte de biomasse forestière dans la Matapédia
De plus, La Coop fédérée a récemment fait l'acquisition d'une technologie éprouvée et reconnue partout au Canada, soit la chaudière à biomasse de marque Blue Flame, acquise en 2012 par le biais d'un nouveau partenariat avec une société manitobaine appelée Biovalco. « Cette technologie démontre qu'il est possible d'utiliser de multiples formes de biomasse, tout en développant de la valeur pour nos producteurs en région », poursuit M. Dupont. « Outre notre appui à Vision Biomasse Québec qui cible uniquement la combustion de la biomasse forestière résiduelle, nous sommes très heureux de constater que le rapport de la Commission reconnaît également la biomasse agricole comme une source d'énergie de rechange à explorer », appuie Cyrille Néron.

En 2012, La Coop fédérée s'est associée au Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ) pour l'implantation d'un réseau de chaleur fonctionnant à la biomasse dans ses installations de La Pocatière, afin de remplacer les deux chaudières au mazout existantes (voir l'article en page 55). Cet appareil a aussi comme objectif de faire valoir d'autres types de biomasse, comme la biomasse agricole. « Enfin, il est important de rappeler que La Coop fédérée, en tant que coopérative d'envergure au Québec, a la responsabilité sociale de promouvoir un développement durable dans les régions », conclut Cyrille Néron. v
 
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