Entretiens
Est-il possible de jouer sur la concentration de la sève et sur la température pour réduire ou éliminer les problèmes d'entartrage excessif, de saveur et de couleur ? Est-ce plausible de le faire tout en ayant une bonne performance sur les plans de l'énergie et du temps ?
On peut s'attaquer à plusieurs problèmes en abaissant le degré Brix de la sève et en travaillant sur la température. Cette technique doit s'accompagner d'une calibration de la chambre de combustion, du réglage des brûleurs, d'une bonne gestion de l'évaporateur à l'huile et d'un entretien adéquat.

Quels sont les signes d'un problème à résoudre ?
• L'efficacité énergétique à l'eau pure est inférieure à 70 %.
• Le ratio « gallon de mazout/gallon de sirop » n'est pas satisfaisant.
• Certains défauts de saveur sont constatés lors du classement.
• Le temps de fermeture moyen de la coulée est supérieur à une minute et demie.
• Le moussage et l'entartrage sont excessifs.
Voilà des signes à prendre au sérieux !
Une fois le ou les problèmes cernés, les pistes de solutions sont beaucoup plus faciles à cibler. Un point commun, qui se retrouve dans les problèmes et les solutions, est l'énergie fournie à l'évaporateur. Le réglage des brûleurs, la modification de la chambre de combustion et du foyer permettent de donner à l'évaporateur un équilibre qui joue sur tous les autres problèmes.

Que peut-on faire ?
Trois possibilités s'offrent à vous dans le cas d'une mauvaise performance :
• Augmenter la température d'entrée de la sève dans l'évaporateur grâce au préchauffeur.
• Hausser la concentration.
• Régler les brûleurs.
Vous pouvez même combiner ces trois actions.

Augmenter la température et la concentration de la sève est une solution facile, mais cela risque de provoquer des problèmes d'entartrage dans la bassine à ondulations (« panne à plis »). Quant au réglage régulier des brûleurs, c'est sans aucun doute une solution incontournable. On peut très bien avoir un évaporateur qui répond à nos besoins, mais qui n'est pas efficace énergétiquement.

Pour l'acériculteur, le ratio « gallon de mazout/gallon de sirop » est un bon indicateur de performance. À titre d'exemple, l'expérience terrain permet de s'attendre, pour les concentrations suivantes, aux ratios ci-dessous :
15 °Brix à l'entrée : ratio de 0,35 à 0,50
12 °Brix à l'entrée : ratio de 0,45 à 0,60
10 °Brix à l'entrée : ratio de 0,60 à 0,70
La solution à un mauvais ratio « consommation de mazout/production de sirop » passe par le travail fait sur le feu et l'efficacité énergétique.

Dans les moyennes et grandes érablières, sachez que plus on augmente la concentration de la sève au moyen de l'osmose, plus l'entartrage des bassines est grand. Voici un cas réel : la sève entre à 18 oBrix dans l'évaporateur, et l'acériculteur produit entre 16 et 22 barils de sirop par jour. Le lendemain, il a dû consacrer quatre heures au nettoyage des bassines avec une laveuse à pression. Si l'acériculteur produisait plus de 22 barils par jour, le nettoyage s'effectuerait au marteau et à l'acide !

Pour diminuer le problème d'entartrage, il faut répartir adéquatement la chaleur sous les bassines. Assez de chaleur sous la bassine à fond plat permet d'évacuer le sirop régulièrement et empêche la stagnation de la solution dans la bassine à ondulations. En augmentant l'épaisseur de bouillage, on améliore la fluidité et l'écoulement. D'ailleurs, l'inverseur de coulée (nouvel équipement) convient pour des productions journalières de cinq à sept barils.

L'efficacité énergétique
Il faut savoir qu'une valeur inférieure à 70 % indique que le système n'est pas efficace sur le plan énergétique et qu'il y a des corrections à apporter. Souvent, une simple calibration des brûleurs peut améliorer le système d'évaporation. À un taux inférieur à 70 %, beaucoup d'énergie se perd dans la cheminée : la température ne doit pas dépasser 343 °C (650 °F) (vérifier avec un thermomètre à la mi-hauteur dans la souche). Pour la température des gaz dans la cheminée, on devrait tendre vers les valeurs suivantes, en fonction de la largeur de l'évaporateur :
• Évaporateur de 4 pi : minimum de 450 °F.
• Évaporateur de 5 pi : moyenne de 550 °F.
• Évaporateur de 6 pi : maximum de 650 °F.
À titre indicatif, certains évaporateurs ont une efficacité à l'eau pure de 80 %.



Par où commencer ?
Entamez vos interventions par le plus simple en allant vers le plus compliqué. Il pourrait être nécessaire de diminuer la taille du foyer en fonction de la calibration des buses ou de revoir le profil du fond du foyer pour que l'énergie soit bien utilisée pour l'évaporation.

Selon les expériences sur le terrain, travailler la chambre de combustion permet d'atteindre une efficacité de 12 à 15 % de plus. Le producteur peut réaliser certains travaux, alors que d'autres seront confiés à un spécialiste.

Sur le site Internet www.agrireseau.qc.ca, vous trouverez plus de renseignements sur la performance énergétique, que ce soit pour un évaporateur au bois, aux granules ou au mazout.
 
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