Entretiens
Les coopératives et les mutuelles, regroupées au sein du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), ont mis cartes sur table durant leur rencontre annuelle en parlant d'un de leurs principaux défis pour les prochaines années : la relève.
Marilyn Côté et sa mère, Lynda Hudon, lauréates du Prix transfert de ferme La Coop en 2012, ont fait partager leur expérience de relève à la Ferme des Papinas.
Le mouvement coopératif s'affirme et s'organise de plus en plus. Il suffit pour s'en convaincre de voir la coopération célébrée sur le plan international, avec le retour en octobre prochain, à Québec, du Sommet international des coopératives, deux ans après que l'ONU eut déclaré 2012 Année internationale des coopé­ratives.

Plus qu'un effet de mode, ce renouveau est lié aux valeurs de la jeunesse, selon Gaston Bédard. « Les valeurs coopératives sont très d'actualité. Elles rejoignent celles des nouvelles générations, que ce soit sur le plan de l'environnement, de la famille, d'un meilleur partage de la richesse ou de l'emploi pour tous », constate le directeur général du CQCM, organisme qui représente plus de 3300  coopératives et mutuelles.

Le thème « Ensemble pour la relève » s'est donc imposé pour l'édition 2014 du rendez-vous annuel du mouvement coopératif et mutualiste du Québec, d'autant plus que la relève figure parmi les priorités du CQCM. « Au prochain sommet international, il sera question d'emploi et des jeunes. C'est par des personnes et en réponse à des personnes qu'on bâtit des choses ensemble, et pour pouvoir modéliser et développer notre environnement, il faut inclure les jeunes », a expliqué le directeur du CQCM.

Un appel a été lancé aux relèves des organisations membres du CQCM. Des invitations ont aussi été faites aux jeunes coopératives de la province. Plus de 350 personnes, dont de nombreux jeunes, ont participé aux activités proposées durant deux journées de travail, les 14 et 15 mars dernier, à Québec.

Des ateliers formateurs
Charles Proulx, au centre, ancien administrateur de La Coop fédérée, a été décoré membre au troisième degré de l'Ordre du mérite coopératif et mutualiste québécois lors du gala du congrès du CQCM. Il est accompagné de Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, et de Denis Richard, président de La Coop fédérée.
Les ateliers ont permis de déterminer les défis entourant la mise en place et l'encadrement d'une relève pour transmettre l'expertise et assurer la pérennité de l'organisation.

Invité au groupe de discussion sur les bonnes pratiques en matière de relève, Patrick Vanier a parlé de l'importance d'adapter ces pratiques selon les contextes. « On met souvent trop d'argent sur les outils technologiques. Il faut garder ça simple et bien connaître son monde pour identifier et former la relève », a fait valoir le directeur de la gestion du talent et de la relève à La Coop fédérée.

L'expérience de Carole Parent et d'Anne Bouchard, respectivement mentor et mentorée, a permis de mieux cerner le rôle du mentor et ses bienfaits. « On est là pour écouter et poser les bonnes questions », résume Carole Parent. « Un mentor permet de se sortir de l'isolement et de parler de sa peur de l'échec, ce qu'on ne fait pas avec notre entourage, de crainte d'être jugé », ajoute Anne Bouchard.

Lynda Hudon et Marilyn Côté, lauréates du prix Transfert de ferme La Coop en 2012, ont fait bénéficier la salle de leur expérience sur les stratégies pour bien réussir un transfert. « Il faut prendre sa place et prendre les moyens pour se réaliser », a raconté Marilyn Côté, copropriétaire de la Ferme des Papinas, à Saint-Gédéon (Lac-Saint-Jean), depuis l'âge de 19 ans. La jeune femme, maintenant âgée de 26 ans, a aussi mis l'accent sur l'importance de communiquer entre les membres d'une entreprise agricole, afin d'éviter malentendus et frustrations.

Un hommage aux fondateurs
Le forum a fait une pause pour célébrer l'enthousiasme de la jeunesse et l'apport des générations précédentes lors du banquet de l'Ordre du mérite coopératif et mutualiste québécois.

Cinq jeunes coopératives ont remporté un prix de 1000 $ chacune à la suite du concours vidéo Coopérer, c'est faire ensemble ! Les lauréats comptaient des participants âgés de 5 à 35 ans.

Délisca Lampron, de la Ferme La Belle Campagne, et Marie-Pier Béliveau, copropriétaire de la Ferme Bélichel, à Sainte-Sophie-d'Halifax, sont toutes deux reparties énergisées par leur participation au congrès. « C'est très motivant. Il a été question de choses qu'on peut mettre en pratique. J'ai le goût d'aller chercher un mentor pour m'épauler ! » a lancé Délisca Lampron.
Patrick Vanier et Colette Lebel, respectivement directeur de la gestion du talent et de la relève et directrice des affaires coopératives à La Coop fédérée, ont participé activement au congrès, le premier en tant que conférencier et la deuxième à titre de membre du jury au concours vidéo de la CQCM.
Plusieurs grands coopérateurs figuraient parmi les personnes honorées, dont Charles Proulx. Ce dernier a débuté au Groupe coopératif Dynaco avant de siéger pendant 11 ans au conseil d'administration de La Coop fédérée. La décoration a été présentée par Denis Richard, président du conseil d'administration de La Coop fédérée, qui a relevé l'apport de sa détermination et de son courage à l'organisation.

Une décoration de membre au quatrième degré de l'Ordre du mérite coopératif a également été remise à Alain Bouchard pour ses 40 ans d'engagement auprès des coopératives d'alimentation du Québec. « Il faut avoir confiance dans les jeunes, a-t-il lancé dans son message de remerciement. La coopération, c'est recevoir et donner. Seul, on est peu; mais ensemble, on forme un tout. »

Mario Dumais, ancien secrétaire général de La Coop fédérée et gestionnaire de la Fondation pour l'éducation à la coopération et à la mutualité, a également été honoré lors de la soirée : il a reçu la décoration de membre honoraire de l'Ordre.

L'avenir de la coopération
En entrevue, Gaston Bédard a souligné les avancées faites par le mouvement coopératif durant la dernière année. « Le mouvement est toujours en croissance, et plusieurs nouveaux leviers ont été mis en place pour le soutenir. Je pense notamment à l'adoption de la Loi sur l'économie sociale, qui reconnaît l'importance du mouvement coopératif et mutualiste dans le développement social et économique du Québec. » Les défis ne sont pas terminés pour autant. Selon le directeur du CQCM, le mouvement coopératif doit mieux se faire connaître dans toutes les sphères de la société québécoise, que ce soit sur le plan social, financier ou économique. M. Bédard a déjà à son actif des rencontres avec le milieu scolaire pour intégrer dans le programme d'études la manière de faire et les principes coopé­ratifs.

Jérôme Plante, membre de la coopérative La Fabrique et gagnant du prix de la relève, lançait un appel aux gestionnaires de coopératives. « Le modèle coopératif est populaire, parce qu'il s'adapte bien aux jeunes et à leurs valeurs. La relève est là, sur le terrain, et ce dont nous avons besoin, c'est de soutien pour faire le lien entre l'idéal et la pratique et pour pouvoir répondre à la question : "Pourquoi on est là ?" »
 
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