Entretiens
Par Nancy Malenfant
Conseillère aux affaires coopératives La Coop fédérée nancy.malenfant@lacoop.coop
Un immense cerveau collectif a planché en mode solution lors du plus récent séminaire organisé à l'intention des membres de coopératives d'utilisation de matériel agricole et ayant pour thème « Structurer le succès ».
Le 3 juillet dernier, c'est sous le signe du plaisir que plus de 40 participants provenant de 17 coopératives d'utilisation de matériel agricole (CUMA) ont partagé leurs bons coups et bâti des plans pour le futur. Grâce à un remue-méninge coopératif, ils en sont parvenus à un grand constat : c'est en travaillant ensemble que les CUMA pourront maximiser leur succès !

Jusqu'à ce jour, le réseau des CUMA revêt un statut plutôt informel au Québec. Le tiers d'entre elles sont affiliées à La Coop fédérée (voir l'encadré « Les CUMA au Québec »), tandis que les autres demeurent indépendantes. Ce manque de structure a jusqu'à maintenant défavorisé la mise en place de projets et d'outils collectifs d'envergure. Pourtant, les besoins à combler et les idées à concrétiser ne manquent pas.

À titre d'exemple, parmi les priorités ciblées par les participants du séminaire figurent : la mise sur pied d'un forum de discussion en ligne, la conception d'un site Web et d'un logiciel financier adapté ainsi que la standardisation des pratiques.

Un endroit virtuel pour échanger
Les occasions d'échanges avec les pairs sont souvent limitées en agriculture, alors qu'on sait que les professionnels d'un même métier ont tout à gagner à s'entraider. En effet, qui de mieux placé pour aider à résoudre un problème qu'une autre personne vivant la même réalité ?

C'est ce type de réseautage coopératif qu'ont expérimenté les participants lors du séminaire des CUMA. Après une fructueuse journée d'échanges, pendant laquelle ils ont travaillé à relever des défis communs en ateliers coopératifs, tous répétaient le même commentaire : « Il faut se rencontrer plus souvent ! » Or, entre la distance séparant les CUMA et les tâches quotidiennes à la ferme, les occasions de tenir de telles retrouvailles se font rares.

Appelant les nouvelles technologies à la rescousse, plusieurs producteurs agricoles ont évoqué la mise en place d'un forum de discussion virtuel. À la suite de cette suggestion, un groupe Facebook « Réseau des CUMA du Canada » a été formé afin de faciliter les échanges et d'informer les membres de CUMA de l'avancement des projets en cours et des nouvelles du réseau. Cette plateforme permet aussi aux membres de continuer à se donner des trucs et à s'entraider à distance.

Une vitrine Web et
un logiciel de gestion

Voilà déjà quelques mois qu'un comité réunissant des représentants de cinq CUMA travaille à un projet de création d'un site Web pour les CUMA. Cet outil aura pour objectifs d'informer les membres, d'augmenter la visibilité auprès des non-membres, de favoriser la croissance en permettant le réseautage, et d'éduquer les producteurs ainsi que le grand public à cette formule de partage de machinerie. Des fonctions de gestion seront intégrées au futur site Web afin d'alléger la tâche du secrétaire-trésorier de la CUMA (p. ex. la signature électronique des contrats d'engagement, la compilation des unités d'utilisation de l'équipement, la réservation de machinerie, etc.).

D'autre part, le logiciel de gestion conçu spécialement pour les CUMA dans les années 1990 commence à présenter certaines limites. D'ailleurs, parmi les CUMA qui l'utilisent encore, certaines ont signifié qu'elles songent à l'abandonner. Différentes solutions de rechange sont ainsi évaluées présentement, dont celle d'un partenariat avec la compagnie SIGA, qui se spécialise dans la conception de logiciels de gestion agricole. Étant donné que plusieurs secrétaires-trésoriers de CUMA utilisent déjà le logiciel SIGA-finance pour effectuer leur comptabilité et leur facturation, SIGA songerait à l'adapter à la réalité comptable des CUMA.

Harmoniser les pratiques
Depuis que la première CUMA québécoise a vu le jour dans le Bas-Saint-Laurent, en 1991, plus d'une soixantaine d'autres groupes d'agriculteurs ont adopté ce modèle de partage de machinerie. Avec les années, les façons de faire se sont diversifiées dans la province et chaque coopérative a peu à peu monté un modèle de gestion et d'administration adapté à sa propre réalité. Car il est indéniable que les réalités diffèrent selon les régions : type de machines partagées, culture locale, caractère formel ou informel des pratiques, concurrence des entrepreneurs à forfait, taille des fermes, etc.

Néanmoins, les membres de CUMA présents au séminaire ont insisté sur la nécessité d'harmoniser à nouveau les pratiques, que ce soit pour se comparer ou seulement s'entraider entre CUMA. Un travail de compilation des tâches du secrétaire-trésorier de CUMA, suivi d'une vaste campagne de consultation auprès de celles et ceux qui occupent ce poste, devrait permettre, espérons-le, d'atteindre un consensus sur la standardisation des façons de faire.

Tous ces projets donnent aux CUMA un nouvel élan qui les porte à coopérer hors des limites de leur organisation, afin d'aller chercher des avantages que seul un réseau uni et solidaire peut prétendre conquérir. Car seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin !

Les CUMA au Québec
• La province compte 65 CUMA et une autre se situe en Ontario, tout près de la frontière du Québec.
• Près du tiers de ces CUMA (21) sont affiliées à La Coop fédérée à titre de membres auxiliaires, ce qui leur donne accès à certains services et accroît leurs occasions de réseautage.
• Le MAPAQ estime que 6 % des producteurs québécois font partie d'une CUMA.
• La moitié des CUMA du Québec se situent dans les régions administratives du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches.

 
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