Entretiens
C'est par le bulletin paroissial que Gaétane Allard a appris que La Coop de Saint-Quentin, au Nouveau-Brunswick, cherchait des administrateurs. Lorsqu'elle y est entrée, en 2007, les candidats ne se bousculaient pas au portillon, raconte cette dynamique Acadienne rejointe au téléphone en plein milieu du Congrès mondial des Acadiens 2014. Ayant déjà agi comme trésorière bénévole de plusieurs organisations, y compris le Festival western de Saint-Quentin, le club de VTT local et le Mouvement scouts et guides, elle s'est tout simplement portée volontaire. « Ma petite voix intérieure me disait d'y aller », explique-t-elle.
Actuellement membre du sous-comité de la quincaillerie, l'administratrice a aussi fait partie du sous-comité de l'épicerie jusqu'en mai dernier. À ce titre, elle est régulièrement consultée par la direction lorsque des situations problématiques se présentent. Familière avec les états financiers grâce à sa formation en comptabilité, elle est de plus en mesure d'exercer un rôle de surveillance très apprécié par ses confrères du conseil. « C'est valorisant de sentir que tu fais quelque chose de bien pour ta collectivité », confie-t-elle.

Depuis plus de 70 ans, La Coop de Saint-Quentin offre des services essentiels à cette petite municipalité francophone située à une heure des grands centres. Comptant 2224 membres et 70 employés pour une population locale d'un peu plus de 2500 personnes, elle exploite une meunerie, reconstruite en 2010, ainsi qu'une quincaillerie, une épicerie et une succursale de la société des alcools de la province.

Faute de relève, cette région proclamée « Capitale de l'érable de l'Atlantique » dénombre de moins en moins d'agriculteurs, remarque la dirigeante, dont la famille a elle-même abandonné l'agriculture depuis trois générations. « En cinq ans, quatre grosses fermes ont cessé leurs activités. Il n'en reste plus qu'une grande et une petite, alors qu'on pouvait en compter une vingtaine par le passé. »

Native de Saint-Quentin, Gaétane Allard y est revenue après ses études collégiales en technique des affaires à Edmundston. Cette comptable qui travaille présentement pour une entreprise locale d'excavation a toujours eu la chance de trouver dans son village natal de l'emploi dans son domaine. Elle y a aussi trouvé un compagnon, maintenant retraité, avec qui elle partage sa passion pour le VTT, les grandes marches et la lecture.

Depuis 12 ans, les conjoints agissent également comme bénévoles pour le Festival western de Saint-Quentin, qui se tient chaque année en juillet. « D'une année à l'autre, on se dit que ce n'est plus de notre âge de passer nos grandes soirées à accueillir les gens à la porte. Mais on n'arrive pas à recruter de jeunes comme bénévoles », déplore cette femme de 52 ans. Au problème d'exode des jeunes vers la grande ville, s'ajoute un manque de motivation, selon elle. « Il ne faut pas tous les mettre dans le même panier, mais les jeunes ont peur du bénévolat. Pour s'impliquer, il faut que ça paye. »

Au terme de son troisième mandat de trois ans, qui se terminera en 2016, l'administratrice devra céder sa place au conseil de sa coopérative. Compte tenu du manque de relève et de son sentiment d'être utile, cette femme engagée n'écarte cependant pas la possibilité d'y revenir plus tard. « Je n'ai pas eu d'enfants. Plutôt que d'être mère au foyer, ma vocation, c'était peut-être de donner de mon temps à la société », observe-t-elle.
 
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