Entretiens
Cette année, le Colloque des coopératrices se tiendra les 12 et 13 novembre à Bécancour, sous le thème « La démocratie, on en parle ! ». C'est un sujet important, car en février prochain, il y aura élection pour le poste réservé à une représentante féminine au sein du conseil d'administration de La Coop fédérée. Voilà donc une excellente occasion de réfléchir à la démocratie coopérative et de se demander : Quelle est la voix des femmes au sein du réseau La Coop ? Entrevue avec Sophie Bédard, administratrice sortante à La Coop fédérée.
Le Coopérateur agricole : Revenons sur les bases de ce colloque. À qui s'adresse-t-il ?
Sophie Bédard : À toutes les femmes sociétaires et administra­trices de coopératives. Bref, à toutes les coopératrices ! Nous y traitons chaque année de sujets qui touchent, dans le fond, toute citoyenne : démocratie, qualité de vie, leadership, etc.

D'où vient la tradition de ces colloques d'automne ?
Il fait partie d'un plan d'action émanant du conseil d'administration de La Coop fédérée, élaboré en 2005. Le but ? Augmenter la représentation des femmes au sein des conseils d'administration. Mais on comprend bien que les femmes ne souhaitent pas toutes siéger à un conseil d'administration; aussi, l'idée des colloques, c'est d'abord de favoriser le réseautage entre les femmes. Les journées « Femmes et coopération », tenues en région et qui rejoignent annuellement de 400 à 500 femmes, de même que les portraits d'administratrices dans Le Coopérateur font aussi partie de ce plan d'action.

Pourquoi le colloque de 2014 est-il particulièrement important ?
En février prochain, il y aura élection pour le poste réservé à une représentante féminine à La Coop fédérée. Je ne suis plus éligible, car je ne siège plus au conseil d'une coopérative. Durant la planification stratégique du réseau, la pertinence de conserver ce poste a été remise en question. Mais les coopératrices ont été consultées et estiment nécessaire de conserver ce poste, notamment, car l'objectif d'atteindre 20 % de femmes aux conseils du réseau n'a pas encore été atteint. Lors de ce colloque, nous devons discuter ensemble du mandat qui pourrait être attribué à ce poste : Devrait‑on conserver le mandat actuel, soit promouvoir le rôle des femmes dans le réseau La Coop ? Ou devrait-on maintenir le siège réservé à une représentante provinciale des femmes, sans le mandat particulier lié à la promotion du rôle des femmes ? Comment les femmes désirent-elles que la démocratie se vive dans notre réseau ?

À quoi peut s'attendre une coopératrice qui viendra assister au colloque d'automne ?
L'évènement se tient maintenant sur une journée et demie. La première demi-journée est réservée à la visite d'une organisation coopérative ou liée au secteur de l'agroalimentaire. Cette année, nous visiterons le Centre de la biodiversité du Québec, à Bécancour. Ensuite, nous soupons ensemble pour « réseauter ». Avec ces deux activités, la glace est brisée et les femmes sont prêtes pour la journée du lendemain. En lien avec le thème de la démocratie, un panel de trois élues fera partager son expérience au sein d'un conseil d'administration. Comme à l'habitude, nous aurons des ateliers coopératifs qui permettront aux participantes de simuler la préparation d'une candidature. Intéressées ou non par la fonction d'administratrice, toutes sont bienvenues : ce sera très éducatif.


Parlez-nous de votre expérience

Mme Bédard, vous terminez votre mandat à La Coop fédérée après huit ans à siéger au conseil d'administration. Que retirez-vous de votre expérience ?
Quand j'ai accepté cette fonction, j'étais loin de m'imaginer jusqu'à quel point ma vie allait changer. Mais il faut dire que j'ai saisi la balle au bond et que j'ai fait le maximum avec ce qui s'offrait à moi. Et je le recommande à tous. C'était comme une ouverture sur le monde, parce que nous avons accès à toute une panoplie de renseignements de la part des professionnels de La Coop fédérée. En plus, nous côtoyons autour de la table 14 productrices et producteurs agricoles qui ont des connaissances, des expériences et une réalité différentes de la nôtre dans leur ferme. Avec tout cet appui pour exercer mes fonctions, j'estime que je suis devenue une meilleure personne, une meilleure agricultrice et une meilleure administratrice.

Quel est l'élément le plus important que cette expérience vous a apporté ?
C'est la confiance en moi. J'ai découvert certaines de mes capacités que je ne connaissais pas. Tout cela m'a aidé à me surpasser.

Quels sont les plus grands défis de cette fonction ?
C'est de s'adapter à conjuguer l'horaire de son entreprise et de sa famille avec celui des rencontres de conseil d'administration. Je me souviens d'un voyage avec les présidents au Minnesota. Mon téléphone sonne et c'est mon plus jeune qui me demande ce qu'on mange pour souper. Surprise ! Mais avec le temps et une meilleure organisation, on en vient à trouver l'équilibre.

Y a-t-il un message que vous aimeriez adresser aux coopératrices ?
Oui. Si cette fonction vous intéresse, allez-y et laissez-vous le temps de vous adapter.

J'aimerais aussi en profiter pour remercier toutes les coopé­ratrices qui m'ont donné le privilège de les représenter au conseil d'administration, et de vivre toute cette belle aventure qui m'a ouverte sur un monde nouveau. Merci beaucoup.

 
Retour

Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés