Entretiens

Mieux fertiliser
pour mieux protéger

Les cultures ont besoin d’éléments nutritifs en quantité suffisante pour avoir une croissance optimale et une meilleure résistance aux maladies.

Photo 1 :
Fusariose de l’épi du blé
Photo 2 :
Carence en potassium dans le maïs
Photo 3 :
Feuille de soya infestée par les pucerons
Les éléments nutritifs agissent sur la qualité des cultures en améliorant le développement de la plante. Ils influent également sur la résistance ou la sensibilité de la plante aux agents pathogènes. Les éléments nutritifs dont les végétaux ont besoin pour croître et se développer sont l’azote, le phosphore, le potassium et les éléments mineurs. Ces éléments agissent sur la résistance des plantes par la formation de barrières mécaniques contre la pénétration des agents pathogènes ou par l’activation des réactions de défense des plantes (pensons aux phytoalexines et aux composés antioxydants).

Quelques résultats
L’azote (N) est un constituant principal des acides aminés responsable de la formation des protéines à l’intérieur de la plante. L’azote constitue un facteur clé du rendement et de la qualité des céréales. Des études menées dans l’Est canadien ont montré une diminution de la gravité des maladies foliaires en présence d’une fertilisation optimale (tableau 1). Dans l’Ouest canadien, des chercheurs ont démontré que l’incidence de la fusariose de l’épi du blé (photo 1) était réduite lorsqu’on utilisait de l’urée au lieu du nitrate. Mais au Québec, on a démontré qu’il n’y avait pas de différences notables entre les deux sources d’azote. Dans le maïs, une fertilisation azotée adéquate permet de réduire la contamination de certains groupes de mycotoxines (tableau 2). On estime qu’une application équilibrée d’engrais azoté assure une diminution du taux de mycotoxines et est habituellement la meilleure solution pour enrayer la contamination.

Le potassium (K) joue un rôle dans l’accroissement de la résistance des plantes au froid, à la sècheresse, aux maladies et aux attaques des insectes. Il renforce les parois cellulaires et empêche la pénétration des agents pathogènes. Une carence en potassium (photo 2) entraîne dans le maïs un dessèchement des grains, un avortement des grains à l’extrémité des épis et des tiges vulnérables à la verse et aux pourritures. Il en résulte une perte du rendement et de la qualité des grains. En Amérique du Nord, on a observé une diminution appréciable des pucerons du soya en présence d’un sol riche en potassium (photo 3 et tableau 3).

Le phosphore (P) entre en jeu dans plusieurs processus physiologiques. Il est donc important que les cultures en disposent en quantité suffisante pour leur émergence, leur croissance et leur maturité.
Les éléments mineurs ou oligoéléments – comme le bore, le manganèse, le cuivre et le zinc – sont importants pour le bon fonctionnement des mécanismes physiologiques et biochimiques de défense de la plante. Une carence en bore prédispose l’orge à l’infection par l’agent responsable de l’ergot. Au Québec, une étude a démontré que l’application de bore permet de réduire le contenu en sclérotes (ergot) dans l’orge (tableau 4).

Une plante bien fertilisée permet d’avoir des grains de qualité, ce qui démontre le lien indéniable entre la fertilisation et la qualité des grains.







 
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