Entretiens

Centre ACER
Des nouveautés pour les acériculteurs

Photo : Pierre Cadoret

Tablant sur son expertise en matière de contrôle de la qualité et de classification du sirop d'érable, le Centre ACER a lancé plusieurs nouveaux produits et services en 2014, dont certains seront particulièrement utiles aux acériculteurs.

Texte D'Hélène Cossette
Si les acériculteurs connaissent bien l'importance d'obtenir un taux de Brix constant pour leur sirop d'érable, ils n'avaient pas accès, jusqu'à tout récemment, à une méthode simple et fiable leur permettant de vérifier l'efficacité de leur équipement de mesure. Grâce aux chercheurs du Centre ACER, c'est maintenant chose du passé ! Ces derniers ont mis au point une solution de calibration normalisée à 66 °Brix pour aider les producteurs à tester eux-mêmes l'exactitude de leur réfractomètre à la cabane à sucre. « Ça semble banal, mais c'est quelque chose qui n'existait pas », remarque Yves Bois, directeur général du Centre Acer. Introduite à titre d'essai l'an dernier, la solution sera fabriquée à plus grande échelle pour la saison 2015. « Nous avons été agréablement surpris par la demande. Comme tous les produits que nous mettons au point, les acériculteurs pourront se la procurer auprès de nos membres et partenaires ou des clubs d'enca­drement », poursuit-il. 

Coffrets de couleurs et de saveurs
Pour l'Acériculteur Branché

Une toute nouvelle application, offerte en versions iPhone et Android, pour effectuer tous les calculs d'usage en acériculture.
Nouveauté-vedette

Un coffret d'échantillons
de vrai sirop d'érable comportant les saveurs indésirables
les plus courantes.
On propose notamment des formations sur les défauts de saveur du sirop en grands contenants et sur l'utilisation et la calibration des instruments de mesure en acériculture.
Dans le même ordre d'idées, les producteurs aiment bien pouvoir évaluer eux-mêmes la couleur de leur sirop d'érable, dit Yves Bois. Le Centre ACER a donc créé un comparateur de couleurs qui simplifie grandement la classi­fication du sirop. Insérées dans un coffret de bois, quatre fioles contiennent chacune une solution de couleur normalisée – sirop extra clair, clair, médium et ambré – ainsi qu'une fiole vide destinée au sirop à comparer.

Mais la nouveauté-vedette de l'année 2014 est sans contredit le coffret de défauts de saveur du sirop d'érable. « Le concept est vraiment intéressant pour les producteurs, estime-t-il. Cela n'avait jamais été fait auparavant. »

Au Québec, rappelle l'agronome, le sirop d'érable est classé non seulement par couleur, mais aussi par saveur. Or certaines de ses saveurs – goût surcaramélisé, de sève, de bois, de brûlé et le fameux « goût de bourgeon » (voir l'encadré ci-dessous) – sont considérées comme des défauts qui rendent le sirop difficilement commercialisable.

« Bien des producteurs ne connaissent pas ces défauts de saveur, dit M. Bois, d'où l'idée de créer un coffret de saveurs sur le modèle de celui des couleurs. » Ce boîtier comporte une dizaine d'échantillons de vrai sirop d'érable représen­tatifs des saveurs indésirables les plus courantes. Lorsqu'un producteur a un doute sur le sien, il peut le comparer aux échantillons, explique-t-il. D'une durée de vie d'un an, chaque fiole contient suffisamment de sirop pour une lampée.

Formations appréciées
En plus de ce nouveau produit, le Centre ACER offre une formation sur l'univers des défauts de saveur du sirop d'érable en grands contenants. « Cette formation est vraiment appréciée des producteurs », souligne M. Bois. D'une durée de sept heures, elle comporte une partie théorique permettant de mieux comprendre les défis de la classification et de se familiariser avec l'art de la dégustation selon la méthode ACER Division Inspection. En après-midi, les participants passent à la pratique en goûtant une soixantaine d'échantillons de sirop, avec et sans défauts de saveur. Ils repartent avec leurs notes et un coffret-cadeau en guise d'aide-mémoire gustatif.

De façon plus ludique, mais tout aussi édu­cative, le Centre ACER organise également des concours visant à déterminer les saveurs à son kiosque d'information lors d'assemblées annuelles, de colloques ou de rencontres d'acériculteurs. « Le but est d'aider les producteurs à mieux repérer les défauts », dit M. Bois.

Une deuxième formation très populaire concerne, pour sa part, l'utilisation et la calibration des instruments de mesure en acériculture. L'objectif de cet atelier pratique d'une journée est d'amener les acériculteurs à employer adéquatement leurs appareils et à comprendre l'utilité d'une bonne calibration pour chacun d'eux, qu'il s'agisse de réfractomètres, de colorimètres, de thermomètres ou d'hydrothermes.

Adaptées aux calendriers des producteurs agricoles, ces formations se donnent habituel­lement à l'automne, en janvier et en février. Les producteurs peuvent s'y inscrire par l'inter­médiaire des collectifs régionaux de formation agricole ou de leur club d'encadrement acéricole.

Par ailleurs, le Centre ACER a publié, en avril 2014, un nouvel ouvrage intitulé Méthode d'assainissement à l'alcool isopropylique en acériculture. Destiné aux producteurs, ce guide offre une description complète, étape par étape, de la méthode d'assainissement préconisée ainsi que de l'information sur les effets de la contamination microbienne et les moyens de lutter contre elle. Vendu par l'intermédiaire des clubs d'encadrement, il peut aussi être consulté gratuitement en ligne sur le site du Centre ACER (www.centreacer.qc.ca).

Enfin, l'acériculteur branché pourra profiter d'une toute nouvelle application pour effectuer tous les calculs d'usage en acériculture. Lancée à temps pour la saison 2015, cette application est offerte en versions iPhone et Android. Elle peut être téléchargée en ligne via le Google
Store et l'Apple Store.

Sirop de bourgeon

Le Centre ACER travaille sur plusieurs fronts pour tenter de limiter les pertes financières que le sirop au goût de bourgeon occasionne aux producteurs. Après avoir déployé beaucoup d'efforts pour comprendre le phénomène, les chercheurs expérimentent actuellement différentes méthodes industrielles, chimiques et thermiques pour traiter les sèves susceptibles de produire ce défaut. Ils explorent également diverses façons de transformer le sirop déjà produit pour lui donner un attrait commercial.

 
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