Gestion du risque

C'est la moyenne qui compte!



Au moment où j'écrivais ces lignes, en novembre dernier, nombre d'entre vous étaient en plein battage du soya et du maïs, et ce, dans des conditions climatiques somme toute assez bonnes. Mais voilà, il faut déjà penser à la nouvelle année.
Gérer une entreprise agricole, c'est gérer l'approvisionnement d'intrants, les ventes de grains, les services à forfait (pour certains), les ressources humaines, etc. Mais surtout, c'est faire le maximum de profits et assurer la rentabilité de son entreprise.

Pour cela, vous voudriez toujours payer vos intrants au plus bas prix et vendre vos grains au plus haut prix possible. Le problème, c'est de savoir quel est le meilleur moment pour acheter et pour vendre afin de tirer le maximum. Pas facile!

Faisons le parallèle avec la gestion des caisses de retraite. Nous voulons tous maximiser le rendement de nos placements, ce qui, vous en conviendrez, n'est pas toujours évident. Les meilleurs gestionnaires de fonds vous conseil­leront, en fonction de votre tolérance au risque et en tenant compte de votre âge, de répartir votre portefeuille dans différents types de placements : obligations d'épargne, fonds modérés, actions, etc. Le but premier : avoir une bonne moyenne.

L'agriculture change, et vite. Rappelez-vous l'année 2008-2009. Qui aurait prédit que les marchés s'emba­l­leraient ainsi, pour ensuite s'effondrer? Depuis ce temps, rien n'est plus pareil. En parti­­culier pour les marchés des produits de base, tels que le pétrole, les grains, les ferti­­lisants, etc. Qui peut prédire le prix de l'urée ou du phos­phore dans trois ou six mois? On peut percevoir les grandes tendances, les « fonda­mentaux », dictés par l'équilibre entre l'offre et la demande. Cependant, la vola­tilité intrinsèque des marchés agricoles est fortement amplifiée par le compor­tement des spéculateurs, attirés par les pics et les creux du marché. Et les spécialistes affirment que cette volatilité accrue continuera de faire partie de notre environnement d'affaires. Mais une chose demeure : vous aurez besoin de ces intrants et vous aurez encore des grains à vendre.

Il vous faut donc trouver des moyens de gérer vos risques. Face à cette situation qui se voit de façon plus fréquente qu'avant, une tendance se dessine, en particulier aux États-Unis. De nombreuses entreprises agricoles gèrent leurs risques en stabilisant une partie de leurs profits et en prenant des « positions » sur certains intrants (comme les fertilisants), c'est-à-dire qu'elles en achètent un volume. En contrepartie, elles prendront des « positions longues » dans la vente de grains, c'est-à-dire qu'elles achèteront des contrats à terme, communément appelés « positions papier ». Cette pratique comporte plusieurs avantages. Une partie de votre business s'en trouve sécurisée, ce qui vous assure un profit déterminé. Il sera donc plus facile, le cas échéant, de trouver des sources de financement. Mais surtout, cette pratique aura un effet positif sur votre entreprise. Beaucoup diront : « Je fais déjà ça! » Eh bien, continuez, car c'est une bonne pratique de gestion. Je m'adresse à ceux qui hésitent, qui ne l'ont jamais fait.

Cette façon de faire prend encore plus son sens lorsque certains intrants, comme les fertilisants, sont dans un marché à la hausse. Comme l'illustre le graphique ci-contre, la tendance du prix des grains étant supérieure à celle du prix de l'azote, le marché des grains peut encore soutenir l'augmentation du prix de certains intrants, comme l'azote. En revanche, nul ne peut prévoir jusqu'où cela ira et quand cette tendance s'arrêtera.

Votre coopérative peut vous aider à adopter cette pratique de gestion. Elle est également une alliée en ce qui touche l'approvisionnement de vos intrants et la vente de vos grains. Discutez-en avec votre expert-conseil ou votre gestionnaire; ils auront certainement un effet sur… votre moyenne. Car comme dans le sport, c'est la moyenne qui compte!

Bonne gestion du risque!
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