On est dans une bonne

passe, sauf que…


C'est le moins qu'on puisse dire : les producteurs de grandes cultures connaissent une bonne passe. Disons-le franchement, depuis les trois dernières années, les prix sont bons et les rendements sont au rendez-vous. Mais quand ça va bien, n'est‑ce pas le bon moment pour remettre en question certaines pratiques de régie, parce que rien ne nous dit que cette période durera ad vitam æternam.
Un proverbe dit que le malheur des uns fait le bonheur des autres. La belle tranche de vie qu'ont les producteurs de grandes cultures a certainement des impacts sur les productions animales, nous en sommes bien conscients. Mais comme me disait récemment un producteur de céréales, « on a eu nos années de vaches maigres, nous aussi ». Il se souvenait du maïs à 110 $ la tonne et des céréales à 80 $ la tonne. Que l'on dise ce que l'on veut, il y a toujours une question d'équilibre.

Lorsqu'on est dans une période où les marchés nous favorisent, comme actuellement, le moment est tout indiqué pour consacrer son énergie à regarder si on peut faire mieux. Quand les finances sont positives, il est normal de se dire que sa façon de faire est la meilleure. Les marges sont là : on peut donc se permettre de se porter acquéreur d'une autre terre, de changer de la machinerie et, pourquoi pas, d'acheter un nouveau pickup ou une nouvelle voiture. Sans se priver de tout ça, si le besoin y est, peut-être serait-il sage d'en profiter pour adopter un principe d'amélioration continue.

Ce concept d'amélioration continue nous amène à nous poser de multiples questions : le prix de location de la terre que je paie est-il correct ? Ai-je vraiment besoin de changer mon tracteur ? Ne pourrais-je pas faire partie d'une CUMA ? Jusqu'à quel prix puis-je aller pour la terre que j'ai l'occasion d'acheter ? Devrais-je faire de l'agriculture de précision ? Serait-ce économique pour mon entreprise ? Devrais-je continuer à faire moi-même toutes mes activités culturales, en donner une partie à forfait ou encore en faire moi-même pour d'autres producteurs ?

La gestion financière et technique d'une entreprise n'est pas statique : ce qui était bon il y a 15 ou 20 ans n'est pas nécessairement la meilleure pratique ou le meilleur investissement aujourd'hui.

Pour certains, faire mieux, c'est réduire les dépenses. Mais ça ne se limite pas qu'à ça, vous en conviendrez. Il y a 25 ans, les efforts pour faire mieux touchaient beaucoup les aspects techniques et agronomiques. Aujourd'hui, on parle beaucoup plus d'agroéconomie. Tout comme l'agriculture, les experts-conseils du réseau La Coop évoluent : ils utilisent des outils informatiques et des programmes qui leur permettent d'analyser avec vous des éléments de gestion, de façon à ce que vous preniez les meilleures décisions pour votre entreprise.

Avoir l'obligation de faire mieux en période difficile peut devenir une importante cause de stress. Regarder son mode de gestion et ses façons de faire et effectuer certains changements est certainement toujours plus facile pendant une passe favorable et lorsque la situation financière de son entreprise est bonne.

Les meilleures entreprises, tous secteurs confondus, sont toujours celles qui, même en période positive, se remettent en question et font confiance à leurs ressources humaines. Question de toujours garder en tête que ces bonnes passes ne dureront pas nécessairement ad vitam æternam.
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