Dans la gestion d’entreprise, on reconnaît les meilleurs gestionnaires à leur capacité à améliorer et changer les façons de faire qu’ils avaient eux-mêmes mises en place. Avec les modifications annoncées au programme ASRA, le moins qu’on puisse dire, c’est que la capacité de gestion de l’ensemble de la filière porcine du Québec sera mise à rude épreuve.

Pour les entreprises de plus grande taille, celles qui dépassent trois fois le modèle ASRA, le défi sera d’autant plus grand puisque leur cotisation sera 150 % plus élevée que la cotisation régulière pour la partie excédant trois fois le modèle. À moins que les règles ne changent, cela représentera plus de 10 $/porc dans certains cas.

Tous sont d’accord. Il faut que l’industrie améliore la mise en marché et les revenus découlant de la viande de porc sur les marchés locaux et d’exportation. Il faut se distinguer davantage, contrer l’importation de viande de porc et prendre notre place dans les épiceries du Québec. Toutefois, l’avenir de la production passe d’abord par ce que nous contrôlons individuellement.

Inévitablement, il faut s’attendre à ce que la demande soit à la baisse pour la production de porcs à forfait et que cette pression soit en partie transférée aux forfaitaires et aux naisseurs qui continueront de produire. Cette pression ne peut être prise que par un seul maillon de la chaîne. Elle doit être répartie sur son ensemble. Pour vous, producteur à forfait, il vous faut d’abord contrôler votre conversion alimentaire, votre taux de mortalité, votre qualité d’expédition, votre rotation d’élevage et vos dépenses d’opération.

Pour vous, naisseur d’une filière intégrée, c’est principalement votre productivité, votre constance (nombre de porcelets/sevrage), votre qualité de porcelets sevrés (poids et santé), et vos dépenses d’opération qu’il vous faut surveiller. L’avenir des filières intégrées, comme celle des producteurs indépendants, passe par des élevages performants : des productivités de 27 porcelets de qualité sevrés par truie productive et 2,30 de conversion alimentaire (standardisé 20-107 kg).

Cette pression est aussi grande pour les fournisseurs, comme le réseau La Coop. La nécessité de réaliser le projet Chrysalide rapidement est d’autant plus importante depuis l’annonce des nouvelles modifications à l’ASRA. Bien que plusieurs éléments aient déjà été améliorés, nous continuons à travailler pour concrétiser des gains sur le transport, les achats d’intrants, les coûts de fabrication, les frais administratifs, la génétique, les programmes alimentaires et les équipes techniques. Bref, sur tout ce qui influence le coût de production des porcs.

Parallèlement, les travaux sur le porc certifié La Coop se poursuivent pour améliorer notre offre et distinguer davantage le produit La Coop sur les marchés.

Les prochains mois seront certes difficiles, mais nos gains d’efficacité nous feront traverser la crise; il y a moyen d’atteindre les niveaux d’efficacité visés pour continuer en production porcine.

Travaillons ensemble dans un vent de changement qui va dissiper les nuages.

Il y a trop de passion, de savoir-faire et de ténacité pour abandonner la production porcine. Il faudra être plus efficace, plus structuré, mieux orienté pour relever ce défi.

On a souvent tendance à chercher les solutions chez le voisin, moi le premier, mais il ne faut pas oublier que nous sommes tous le voisin de quelqu’un d’autre dans cette filière. Il y a donc certainement une partie de la solution dans notre cour. Entre voisins, on peut bien s’aider…

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