Les trois petits cochons


Je vais vous raconter une histoire. Bien sûr, je l’ai adaptée, mais vous verrez, la morale reste la même. Tout le monde connaît l’histoire des trois petits cochons.

Le loup souffle sur la première maison faite de paille. Celle-ci s’effondre. Le petit cochon va vite trouver refuge chez son frère qui habite une maison de bois. Le loup souffle sur cette dernière et parvient aussi à la détruire. Les deux cochons détalent alors jusqu’à la maison en briques du troisième pour y être en sécurité. Le loup ne parvient pas, de son souffle, à renverser la maison. Il laisse donc tomber l’affaire pour quelques jours et reviendra avec l’idée de passer par la cheminée. Mais les cochons, à l’affût, décident de faire bouillir une marmite d’eau dans le foyer. Le loup descend, se brûle et remonte dans la cheminée pour disparaître dans la nature.

Maintenant, imaginez-vous comme étant l’un des petits cochons. Ah! Je suis certain que vous vous identifiez au dernier des trois cochons, le plus rusé, le plus vaillant et le plus intelligent. Celui qui a bâti une maison solide qui l’abritera des intempéries, mais surtout le mettrait à l’abri du loup. Et si on supposait que le loup n’est autre, en fait, que l’industrie porcine américaine. La métaphore n’est pas tirée par les cheveux, car si on ne se protège pas de ce loup, il nous dévorera sans regret. Les Américains sont nos principaux concurrents sur le marché international et sur le marché intérieur. Si on produit moins de porcs, n’ayez aucun doute, ils prendront notre place.

Quelle est la meilleure maison pour se protéger du loup? Pour ma part, je vois la première maison, la maison de paille comme étant le choix des producteurs qui préconisent seulement la convention de mise en marché de base. Cette convention donne le prix US pour un porc équivalent à une carcasse US. C’est déjà mieux qu’avant, mais la protection est faible contre le loup, car elle oblige les producteurs à battre le coût de production US. Ce qui n’est pas chose évidente, car comme on le sait, le prix de l’alimentation (de par le bas prix des céréales) est plus faible que le nôtre. Alors, le petit cochon qui choisit la maison de paille (la convention de mise en marché traditionnelle) comme seule protection contre le loup se retrouve bien peu protégé.

La deuxième maison pourrait-elle être suffisante pour nous protéger du méchant loup? À quoi peut-on identifier cette maison? Et si elle était la protection que peut offrir la propriété d’un abattoir. Le fait d’être actionnaire d’un abattoir peut sembler alléchant, ce qu’on ne gagne pas à la vente de nos animaux on ira le chercher dans les profits que fera notre abattoir. Hum, rien n’est moins sûr. L’histoire nous montre bien qu’il n’est pas aisé de commercialiser la viande de porc. L’expertise des ventes, les marques de commerce reconnues et des marchés déjà bien développés sont des facteurs clés de succès. Sans eux, au lieu d’y gagner, on risque d’y perdre.

Donc, il nous reste la troisième maison. Cette maison qui offre la meilleure protection. Cette maison est selon moi celle où le producteur et l’abattoir, dans un partenariat étroit, utilisent l’expertise en alimentation, en génétique et en régie d’élevage comme ciment de leur fondation afin de répondre aux besoins du consommateur, se différencier et améliorer la rentabilité de la filière. Au lieu de produire n’importe quoi et de demander à son abattoir d’en tirer les meilleurs revenus, le producteur qui opte pour une stratégie de production structurée et uniformisée permet à sa filière d’être plus compétitive sur les marchés, en ciblant exactement ce qui est le plus rentable à produire. Ces alliances, comme l’est le porc certifié La Coop, offrent à l’ensemble de la filière des avantages indéniables. Pour le producteur, cela représente jusqu’à maintenant un avantage équivalent à plusieurs dollars par porc.

Dans la vie, comme dans cette histoire, on a toujours le choix des matériaux pour bâtir sa maison. L’important, c’est d’y être confortable, certes. Mais, si en plus le choix qu’on fait peut mettre en échec le méchant loup, là notre entreprise est logée à la bonne adresse et nous serons là pour longtemps encore…

Retour

Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés