Temple Grandin


À Tout le monde en parle, le dimanche 31 janvier dernier, George Laraque, ancien homme fort du Canadien, présentait un film produit par Nation Earth intitulé Terrien (version française de Earthlings).

Ce documentaire montre les mauvais traitements infligés aux animaux destinés à la nourriture, à l’habillement, aux divertissements et aux recherches scientifiques. Tout y est, le sang, la peur, la violence et, surtout, beaucoup de souffrance animale. Des images à vous faire devenir végétaliens… si votre seul contact avec l’agriculture a été de voir ce film. Certains en effet, choisiront cette voie. Mais soyons réalistes, l’ensemble de la population n’arrêtera pas de consommer de la viande, car la nature a fait de nous des omnivores. Cette même nature a fait de nous des êtres intelligents et aussi des êtres empathiques. Notre vision dépasse le bien-être de notre espèce. Il est à nous alors de s’assurer de bien faire les choses et d’agir en humain responsable.

« Je crois que d’utiliser des animaux pour se nourrir est éthique, mais nous devons le faire adéquatement. Nous devons fournir à ces animaux une vie décente et leur donner une mort sans douleur. Nous leur devons respect. » Temple Grandin

Temple Grandin est une femme remarquable qui a passé plus de 30 ans de sa vie à comprendre le comportement animal et à penser à des amé­liorations dans leur environnement pour favoriser leur bien-être. Elle est d’autant plus exceptionnelle qu’elle est autiste. L’autisme est un trouble envahissant de la personnalité et les gens qui en sont atteints ont de grandes difficultés à entrer en contact avec les autres. Malgré son handicap, elle a obtenu un doctorat et est devenue une sommité mondiale dans la recherche sur les compor­tements et le bien-être animal. De par ses recherches, elle a donné ses lettres de noblesse à la science du bien-être animal. Grâce à elle, les gens se sont mis à croire dans cette science et à en tirer avantage.

Temple Grandin est cette femme un peu bizarre qui se mettait à quatre pattes dans des parcs de rassemblement pour comprendre les réactions du bétail lors de leur déplacement. Son autisme avait la particularité de lui faire penser en images, ce qui lui permettait de mieux comprendre le comportement des animaux.

C’est ainsi qu’elle a schématisé la vision péri­phérique et la zone de fuite des porcs (la proie) pour aider grandement à la compréhension de leur réaction face à l’homme (le prédateur) lors des manipulations. Ses travaux l’ont également amenée à travailler avec de nombreux abattoirs pour concevoir des structures d’abattage où les animaux sont manipulés sans stress et abattus sans souffrance.

Grâce aux travaux de la docteure Grandin, l’agriculture moderne ne perçoit plus les règles du bien-être animal comme des contraintes dictées par des Brigitte Bardot en furie. Connaître les comportements naturels des animaux, décrypter les signes de malaises, manipuler les animaux par des gestes étudiés pour limiter le stress ne profite pas seulement aux animaux eux-mêmes. C’est aussi profitable pour les humains qui les produisent. Un animal non stressé développera moins de maladie, aura une meilleure croissance, produira une viande de meilleure qualité. Qui voudrait s’en passer!

Pas besoin de se priver de son barbecue domi­nical l’été pour soutenir la cause de George Laraque. Il suffit de choisir la viande que nous consommons en fonction de qui la produit et de comment elle est produite. Vous savez que l’industrie porcine canadienne doit se conformer à la loi sur la santé des animaux. Loi qui englobe toutes les notions de bien-être animal. Vous savez aussi que les recherches de cette femme incroyable ont aidé à améliorer de beaucoup le bien-être animal dans nos fermes ainsi que dans nos abattoirs et qu’en fin de compte, si les consommateurs, nous y compris, achètent localement, ils soutiendront une industrie qui agit en humain responsable.

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