La Chine :

marché d’avenir



Il y a un adage en Chine qui dit que tout ce qui a quatre pattes et qui n’est pas une table se mange. Des aliments aussi déconcertants que le serpent, le scorpion ou la sauterelle peuvent se retrouver sur la table de l’habitant chinois.

Il est d’ailleurs possible de s’acheter une tortue ou une grenouille fraîche au Walmart de la ville pour son repas du soir. Ces habitudes alimentaires, très différentes des nôtres, seraient dues aux nombreuses famines qui ont sévi dans ce pays. En plus de manger toutes les bestioles accessibles, les Chinois les mangent entièrement : les pattes de poulet comme les oreilles de cochon. Aucun gaspillage!

Comme en témoignent les nombreuses entreprises américaines qui y sont installées, les mœurs et coutumes de ce pays d’Asie ont tendance à changer. Par exemple, la consommation de chiens et de chats serait sur le point d’être interdite dans plusieurs provinces du pays.

La Chine moderne est de plus en plus présentée comme l’eldorado des producteurs de porcs. Le peuple de ce pays, grand comme les États-Unis mais où l’on trouve 20 % de la population mondiale (1,4 milliard d’habitants), est particulièrement friand de cette viande! Ses besoins sont – n’ayons pas peur des mots – gigantesques. Pour les satisfaire, il lui faut un total de plus ou moins 500 millions de porcs par année, produits ou achetés. Pour l’instant, l’Empire du Milieu est quasi autosuffisant, mais avec ses besoins qui ne cessent de croître, il se voit obligé d’augmenter ses importations. En effet, il faut oublier les histoires de nos parents qui achetaient des « p’tits Chinois » à 25 cents lorsqu’ils étaient à l’école. La Chine est un pays riche et son peuple a de plus en plus les moyens de s’acheter du porc.

Avoir l’État chinois comme client est une solution à notre grande productivité et cela fait partie des moyens pour maintenir les fermes porcines du Québec vivantes et rentables. Depuis la création de l’Union européenne, le Canada est le pays qui dépend le plus de l’exportation pour la survie de son industrie porcine : c’est-à-dire que le pourcentage de porcs exportés, par rapport à la production totale, est le plus grand de tous les pays producteurs. À 30 millions de porcs, notre production annuelle demeure malgré tout modeste comparativement aux besoins chinois.

La Chine n’est toutefois pas un marché facile à conquérir. Ses habitants sont conscients qu’ils représentent une cible alléchante pour tous les pays exportateurs de viande. Comme l’Union européenne, le pays fixe des barrières à l’importation, telles que l’exigence de fournir du porc sans ractopamine (Paylean). Après avoir satisfait les exigences de production, il faut affronter la
« politique ». N’entre pas qui veut en Chine!

Chose certaine, son gouvernement n’aura d’autre choix que de s’ouvrir sur le monde s’il veut nourrir sa population. La venue d’investisseurs chinois en sol canadien en est une démonstration. Leur présence est certes préoccupante en ce qui concerne la propriété des terres agricoles, mais combien intéressante pour établir de nouvelles relations avec un marché d’exportation potentiel aussi important.

Des producteurs y verront l’occasion d’encaisser leur capital en vendant leur entreprise et de se retirer d’une production qui exige qu’ils soient encore plus efficaces, à la suite des dernières modifications du programme d’assurance stabilisation. Mais pour la majorité des fermes
familiales qui poursuivront leurs activités, il s’agit d’un marché porteur d’avenir!

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