Ménage à trois,

une tendance



Au Québec, la majorité des producteurs de porc s’adonnent au « ménage à trois » et en retirent satisfaction. Le saviez-vous?

Ne vous méprenez pas... je ne vous parle pas de ceux qui accueillent une tierce personne dans leur couple, pas plus que du vin californien vendu à la SAQ, mais bien des alliances qui unissent la génétique, l’alimentation et l’abattage dans l’industrie porcine. Le sujet est peut-être un peu moins croustillant que son titre ne le laisse croire, mais il n’en demeure pas moins digne d’intérêt…

En effet, à l’heure actuelle, le portrait provincial des ménages est déjà assez bien défini. Chez ASTA et Lucy Porc, c’est la génétique Hypor et l’aliment Nutreco (Shur-Gain) qui sont utilisés par les intégrateurs Côté-Paquette, Couture, Robitaille et compagnie; duBreton favorise les entreprises de sa filiale Génétiporc et Aliments Breton; Agromex, propriété de la famille Ménard, travaille principalement avec la génétique Topigs et PIC. Chez Olymel, c’est la génétique Sogeporc et l’aliment La Coop qui prédominent, suivis du modèle Hypor/Agri-Marché. On estime que plus de 75 % des porcs du Québec sont produits selon ces différents schémas de production.

Comme dans la vie, certaines de ces unions sont plus ouvertes que d’autres. Pour certains, c’est le contrat de mariage complet jusqu’au partage de l’actionnariat; pour d’autres, l’entente est liée dans le temps; enfin, les unions les plus libres sont basées sur la bonne foi et sur la satisfaction des partenaires, sans échéance.

Bien entendu, une forte proportion des porcs issus d’un « ménage à trois » sont des porcs d’intégration. Sur ce point, le réseau La Coop ne fait pas exception, une bonne partie des porcs qu’il produit l’étant également sous cette forme. Cette approche a démarré dans le réseau il y a une quinzaine d’années, non pas pour qu’il prenne la place de ses membres producteurs de porc, mais plutôt afin d’élaborer un système efficace de gestion en trois lieux d’élevage et de faciliter l’établissement de nouveaux éleveurs en production porcine. L’idée de ce modèle est de permettre à ces producteurs, après quelques années de remboursement de capital, de passer à leur compte, c’est-à-dire de devenir propriétaires des animaux. Il va sans dire qu’avec le contexte des dernières années, très peu de producteurs ont souhaité se porter acquéreurs de leur cheptel. En fait, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit.

Lorsqu’on y regarde de plus près, il reste tout de même que 25 % des porcs sont produits en dehors de ces modèles organisés et sont principalement acheminés vers deux transformateurs : Olymel et Trahan. Une majorité de ces porcs provient d’exploitations familiales naisseurs-finisseurs, à dimension humaine, qui fabriquent leurs aliments à la ferme. Chez ces producteurs, on reconnaît généralement l’entrepreneuriat, le souci d’indépendance et la liberté de choisir leurs produits et services comme fondements de la gestion de leur entreprise.

Parfois, les tendances passent, mais parfois elles deviennent la norme. Il semble que le « ménage à trois » fait partie de celles qui resteront, parce qu’il offre les avantages d’une structure de production organisée favorisant l’optimisation des coûts de production, de la qualité, de la commercialisation et des revenus de l’ensemble de la filière. Des améliorations devenues nécessaires pour notre industrie. À La Coop, c’est le virage que nous avons pris il y a cinq ans avec le Porc La Coop, que nous continuons de faire évoluer. Notre défi et notre conviction sont maintenant de rallier les producteurs qui livrent leurs porcs chez Olymel, dans une collaboration et un partenariat où tout le monde y gagnera. Un « ménage à trois » volontaire, sans échéance!

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