À l’heure des choix



Longtemps reconnu comme étant de qualité supérieure, le porc du Québec a malheureusement perdu de sa notoriété face aux concurrents internationaux au cours des dernières années. Bien que notre réputation soit toujours excellente, la situation inquiète puisque nos marchés les plus lucratifs sont à l’étranger et que nous dépendons de l’exportation à plus de 50 %.

Certes, les concurrents nous ont rattrapés, mais ce que trop de gens ignorent, c’est que la qualité générale du porc du Québec s’est également détériorée. Surpris? Pas vraiment. À force de travailler en « silo » sur le coût de production du cochon et de valoriser les carcasses les plus maigres, nous avons négligé le produit fini et le consommateur.

Aujourd’hui, le pourcentage de porc qui répond aux normes des marchés d’acheteurs de qualité a grandement diminué, principalement parce que la texture de la viande n’est pas à la hauteur des attentes. Il y a trop de viande molle, trop peu de longes se classent pour le marché du porc frais au Japon et trop peu de flancs ont les caractéristiques recherchées pour produire un bon bacon.

Au banc des accusés, d’abord l’alimentation, mais ensuite la génétique et la gestion d’élevage. Avides de réduire les coûts d’alimentation et d’augmenter le gain des porcs, nous avons incorporé de nombreux sous-produits végétaux dans leurs rations. C’est le cas notamment des drêches de maïs, des fèves de soya entières, de l’huile végétale, tous des ingrédients riches en gras insaturés qui produisent des gras mous s’ils sont utilisés en trop grande quantité. Vous connaissez le dicton « Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es. » Assurément, celui-ci s’applique aussi au cochon...

Nous voilà donc rendus à l’heure des choix : continuer de produire des porcs à moindre coût, sans égard à la qualité de la viande, vendre moins sur les marchés lucratifs et tenter de battre le coût de production américain ou… améliorer la qualité de notre produit, tout en maîtrisant son coût de production, pour vendre davantage sur les marchés lucratifs et améliorer l’expérience gustative des consommateurs, afin qu’ils en demandent davantage.

Soyons clairs : la première option nous fait foncer directement dans le mur. Le coût des grains, de la main-d’œuvre et les infrastructures de production des Américains leur donnent une importante longueur d’avance. Il faut faire autrement, il faut faire mieux que la convention de mise en marché avec son prix US pour une carcasse US.

À La Coop, nous avons choisi la deuxième voie et c’est ce qui nous a amenés à faire cet automne d’importants changements au programme Porc certifié La Coop. Je vous les résume rapidement. D’abord, les programmes alimentaires ont été révisés pour améliorer la texture de la viande. Ensuite, pour assurer l’efficacité des programmes alimentaires et de gestion d’élevage en regard de la qualité du produit, nous avons précisé les orientations génétiques : les femelles Sogeporc seront dorénavant les seules admissibles. Enfin, la politique d’« escompte » a également été modifiée et élargie, afin de pouvoir envoyer ses porcs jusqu’à 110 kg sans pénalité sur l’indice, ce qui en facilitera l’expédition.

De plus, pour répondre à la demande de nombreux producteurs qui fabriquent leurs aliments à la ferme et souhaitent continuer à le faire tout en produisant des porcs de qualité, l’utilisation de microprémélanges fera dorénavant partie du programme Porc certifié La Coop. Nous visons ainsi à travailler en étroite collaboration avec le plus grand nombre de producteurs qui expédient leurs porcs chez Olymel.

Pour le reste, le programme demeure à peu de chose près le même. Le producteur qui y adhère n’a pas à s’engager dans le temps : il peut cesser de produire de ce porc à n’importe quel moment. Ainsi, pour un producteur de Porc certifié La Coop, il sera toujours possible de remettre sa montre à l’heure des choix.

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