D'une démocratie

représentative à fonctionnelle



On reproche souvent aux instances démocratiques – comme les gouvernements, les fédérations, les syndicats ainsi que les coopératives – d'être lentes à agir. Il faut dire que le fonctionnement de ces instances repose sur l'égalité des membres, sur des procédures de délibération ou encore sur des votes et des élections. Bien entendu, dans un groupe, il y a rarement unanimité : difficile de plaire à tout le monde! Partant de ce principe, il n'est pas étonnant que dans de telles organisations, où le pouvoir appartient à la collectivité, les processus décisionnels soient généralement ralentis. Généralement, mais pas toujours… car il y a bien quelques exceptions. La Filière porcine coopérative, je crois, en est une. Du moins, elle y aspire.
Fondée en avril dernier et gouvernée par ses membres pour assurer une meilleure coordination de sa chaîne de valeur, la Filière porcine coopérative n'a pas tardé à se mettre en route et à donner des résultats.

En septembre dernier, une nouvelle grille de paiement des porcs certifiés La Coop (Olymel plus) et un programme porc certifié La Coop amélioré étaient mis en place à la suite des recommandations des administrateurs de la filière. Des rencontres d'échange et de coordination – 11 au total – ont été organisées partout dans la province afin de diffuser ces orientations aux membres de la filière. Des améliorations notables en ont découlé, tant sur la qualité de la viande que sur le poids des porcs. Le poids moyen des porcs certifiés La Coop a même atteint 104 kg carcasse avant la période des Fêtes, soit 5 kg de plus qu'en août. Une pro­gression fulgurante, sans précédent!

L'an dernier, à la suite des modifications apportées aux programmes alimen­taires du porc certifié La Coop, la qualité de la viande s'était déjà grandement amé­liorée. En y combinant les efforts de régie d'élevage, notamment le jeûne et la mani­pu­lation des animaux, la qualité ne cesse de progresser. D'ailleurs, les acheteurs de viande sont de plus en plus satisfaits de la qualité que nous leur fournissons et la demande est grandis­sante pour les marchés les plus lucratifs.

Et ce n'est pas tout! L'automne dernier, la filière s'est attaquée à un problème récurrent depuis plusieurs années : les porcs en attente de la période des Fêtes. Aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu des porcs en attente au retour des Fêtes. Cette année, grâce à la coordination des membres de la filière et au bon travail des journaliers des abattoirs d'Olymel, nous sommes parvenus à abattre près de 60 000 porcs de plus avant les Fêtes et à ainsi faire en sorte d'éliminer la congestion habituelle suivant la Saint-Sylvestre. Bien sûr, comme dans toute nouvelle façon de faire, il y a eu quelques ratés. Mais au final, le résultat était là : les coopé­rateurs ont réussi à éliminer une problé­matique qui perdure depuis des années dans l'industrie porcine! Un succès de coordi­nation très inspirant, qui montre bien tout le potentiel de notre filière.

S'il est vrai que les instances démocra­tiques sont plus complexes à faire bouger, il est aussi vrai qu'elles sont les plus fortes. Une fois que tous les membres sont convaincus qu'il faut aller dans la même direction, il n'y a rien pour les arrêter. Bien que les premiers pas de la Filière porcine coopé­rative soient encore tout récents, le moins que l'on puisse dire, c'est que les producteurs de porc qui ont choisi d'en faire partie sont véritablement en train de passer d'une démocratie représentative à une démocratie fonctionnelle!
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