La charade



Mon sujet de ce mois-ci m'a inspiré une petite devinette :
Mon premier est synonyme de « manifestes sa gaité ».
Mon second exprime en un seul mot « prends un virage ».
Mon tout peut être la conséquence du second et aide certainement au premier.
Vous ne l'avez pas trouvée? Ne vous en faites pas, mes collègues aussi l'ont trouvée un peu trop tordue. Si vous êtes patient, vous lirez la réponse ci‑dessous.

Cela étant dit, à propos de virage, avez-vous vu celui de la Filière porcine coopérative. Wow ! C'est impressionnant ce que nous avons réalisé

en moins d'un an. Et lorsque je dis « nous », je veux bien sûr parler de tous les acteurs de notre filière, car c'est dans le « nous » que réside notre force. Notre filière n'est pas l'affaire d'une personne, pas plus qu'elle ne repose sur les épaules d'un seul maillon de notre chaîne.

D'ailleurs, au cours de la dernière année, les succès de notre filière se sont bâtis sur notre capacité à nous adapter, à faire des compromis pour mieux répondre aux besoins des marchés de la viande, tout en tenant compte de nos réalités de production pour gagner en efficacité collectivement. L'amélioration de la fermeté et du persil­lage de la viande, l'augmentation du poids des carcasses de même que la résolution du problème des porcs en attente ont été obtenues grâce aux efforts collectifs de notre filière. Le tout entraînant aujourd'hui une demande grandissante de notre porc La Coop, tant de la part des acheteurs de viande que des producteurs québécois.

Malgré les succès de notre filière, je suis surpris de constater que certains producteurs indépendants hésitent encore à y adhérer, prétextant qu'ils ne sont plus maîtres de leur entreprise dans un tel système, qu'ils perdent leur indépendance. Même si je trouve l'affirmation un peu forte, je dois leur donner raison en partie. Je dis bien en partie, car dans la mesure où on se donne des règles collectives pour atteindre ses objectifs de création de richesse, on est contraint à agir de façon coordonnée et on perd certainement un peu de liberté. En fait, pour les producteurs, les obligations du porc La Coop (microprémélange, truie, semence) représentent plus ou moins 10 % du coût de production d'un porc. En ce qui concerne la gestion d'entreprise, je pense qu'il y a encore moyen de fonctionner avec 90 % de liberté, surtout quand on peut influencer les autres 10 % en étant membre de la filière.

Vous savez, cette perception de perte de liberté n'est pas propre aux producteurs, elle touche également tous les gestionnaires de la chaîne. Nous ne travaillons plus seuls, nous partageons des idées, un plan de travail, des façons de faire, une orientation. Ce n'est pas pour autant de l'inté­gration. Dans la Filière porcine coopérative, on travaille en mode écoute, échange, pour mettre en place des solutions durables.

Certes, la filière n'habille pas tout le monde, et bien que nous souhaitions rallier un maximum de producteurs indépendants à la cause, ce n'est pas notre intention de forcer qui que ce soit. C'est une démarche volontaire et participative, à laquelle chacun est libre d'adhérer selon ses convictions. Vous conviendrez qu'avec les ristournes de 10 $ pour chaque porc qui se situe dans la bonne strate et de 7 $ la dose de semence de porc La Coop remises aux membres de la filière, beaucoup doivent se demander s'ils ont encore les moyens de leurs convictions…

À propos, nos « ris-tournes » proviennent des excédents de La Coop fédérée et démontrent un virage important de l'ensemble des acteurs de notre chaîne de valeur coopérative. Bien que la situation demeure encore difficile pour bien des producteurs, ces ristournes amènent indénia­blement un vent de positivisme que nous n'avions pas senti depuis bien longtemps. Et j'oserais dire qu'elles nous donnent davantage le goût de rire que de pleurer…
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