KISS

Une fois de plus, la Filière porcine coopérative embrasse le changement. Cette fois-ci, c'est par la mise en place d'une nouvelle grille de paiement du porc certifié La Coop, sans classe de rendement en viande.
C'est sans doute la grille la plus élémentaire élaborée à ce jour. Elle répond au principe KISS* (Keep it simple, stupid) ou, si vous préférez, à la citation d'Einstein : « Faites aussi simple que possible, mais pas simpliste. » Non pas que le principe KISS fasse allusion à la stupidité du modèle. Bien au contraire : c'est plutôt le résultat de réflexions pour arriver à simplifier le fonctionnement et la compréhension, afin d'éviter toute complexité. Selon ce principe, les systèmes sont plus performants quand leur fonctionnement demeure simple.

Pour notre part, le porc certifié La Coop est un modèle de production assez simple et bien défini dans le cahier des charges :
Génétique Sogeporc + Aliment formulé La Coop + Régie + Transport + Poids optimum d'expédition = Qualité et carcasse définie et caractérisée
D'autres éléments de gestion à la ferme peuvent également influencer la composition de la carcasse du porc certifié La Coop, tels que la santé, la qualité de l'environnement, les manipulations, les mélanges d'animaux et le niveau d'énergie de la ration. Toutefois, on ne les gère pas vraiment pour obtenir un meilleur indice de classement, mais davantage pour atteindre plus d'efficience dans les bâtisses. Ce sont plutôt la génétique et l'alimentation qui ont le plus d'impact sur le rendement en viande, soit la composition en muscle et en gras.

En regardant de plus près l'ancienne grille du porc certifié La Coop, on note que le principal point géré à la ferme pour influencer la classe de rendement, pour ne pas dire le seul, était le poids d'expédition. On constate d'ailleurs que de nombreux élevages ayant un meilleur indice dans la strate 95-117 kg, donc payés plus cher, avaient un poids d'expédition inférieur aux autres. Un constat paradoxal, vu l'intérêt de produire des porcs plus lourds.

Et ce n'est pas le seul paradoxe dont la grille se défait. En améliorant les éléments de gestion mentionnés précédemment, on augmente souvent le gain moyen quotidien et, par ricochet, les porcs déposent plus de gras. Dans l'ancienne grille, cela pouvait générer un moins bon indice et ainsi pénaliser le revenu. Avec la nouvelle grille, ce ne sera plus le cas : elle favorisera l'expression du plein potentiel de nos animaux.

Autre paradoxe important qui disparaît avec la nouvelle grille : l'usage de la sonde Destron comme outil de paiement des porcs. Certes, dans les années 1980, c'était possiblement le meilleur moyen déniché pour rémunérer les producteurs, malgré l'imprécision de la mesure due à l'utilisateur et les variations entre les usines. Mais en 2014, l'outil est manifestement désuet. Une mesure de muscle et de gras prise entre les troisième et quatrième avant-dernières côtes ne permet pas d'évaluer avec précision le rendement en viande et la valeur des carcasses de génétique différente. La nouvelle grille élimine cette problématique. En travaillant à la source (génétique + alimentation), nous parvenons à réduire les conversions alimentaires, à obtenir un maximum de carcasses lourdes de 16 à 20 mm de gras dorsal et à optimiser le rendement en viande.

Bien entendu, au sein de la filière, ce premier « baiser » avec la nouvelle grille est loin d'avoir le même goût pour tout le monde, comme pour tout autre changement de grille appliqué auparavant. Pour certains d'entre nous, elle a une saveur de menthe fraîche; pour l'autre moitié, elle peut laisser un goût amer. Pour tous, elle entraîne une certaine adaptation, qui offrira, à moyen terme, plus de souplesse et l'assurance d'être rémunérés sur les éléments qu'ils maîtrisent.

* Principe élaboré par Kelly Johnson au milieu des années 1900.
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