Impressionnant

dans tous les sens du mot !

 
Pas facile de choisir un sujet pour ce premier billet en production bovine : il y a tant à dire ! Je commencerai donc par situer l'action et décrire le contexte, histoire de remettre les pendules à l'heure en ce qui concerne l'image souvent malmenée de ce secteur d'activité.
Impossible de parler de bœuf sans tenir compte de la complexité et de la permanence des échanges commerciaux Canada–États-Unis–Mexique. Ainsi, en 2012, c'est un peu plus de 600 000 bovins canadiens que les abattoirs américains ont importés. Les bouvillons québécois n'échappent pas à cette norme puisque, selon les années, entre 20 et 40 % d'entre eux sont abattus en Pennsylvanie. D'autre part, le Canada a exporté 200 000 tonnes de viande bovine vers les États-Unis en 2012, soit seulement 15 % de plus que ses importations en provenance du même pays. Ajoutons à cela que, bon an mal an, entre 200 000 et 500 000 veaux canadiens et 1,2 million de veaux mexicains se retrouvent dans les parcs d'engraissement américains. En fait, c'est un vaste réseau de vases communicants, qui réagit rapidement aux signaux du marché pour capter tous les avantages financiers possibles ou… en subir les contrecoups. La crise financière de 2008 et les sécheresses américaines de 2011-2012 en sont d'excellents exemples.

Parlons maintenant de revenus à la ferme. À l'échelle canadienne, les ventes de 6,6 milliards $ en 2012 dépassent les revenus générés par l'ensemble des fermes laitières (5,9 milliards $). Du côté américain, même son de cloche : en 2013, elles ont atteint 44 milliards $, contre 40 milliards $ pour l'industrie laitière. Étonnant, n'est-ce pas ? Continuons.

Les statistiques canadiennes de juin 2013 font état de 68 000 fermes bovines. Chez nos voisins, ce chiffre dépasse 900 000, dont 729 000 fermes vaches-veaux. La taille de chacune des entreprises ? De quelques dizaines de vaches à plus de 100 000 bouvillons ! Cela fait beaucoup de bêtes : un cheptel d'un peu plus de 100 millions de têtes (vaches et engraissement) en Amérique du Nord, dont 12 millions au Canada (une augmentation de 0,5 % en 2013).

Pour imager ces chiffres, si l'on voulait loger tous les bouvillons engraissés annuellement dans un seul bâtiment de 40 m de largeur, selon les standards utilisés au Québec, sa longueur serait de… 50 km, en incluant une portion canadienne de 3 km ! Imaginez maintenant la quantité de maïs nécessaire. Un calcul rapide permet d'estimer le besoin à 5500 remorques de 35 tonnes par jour. Tout simplement gigantesque !

Et maintenant, le dessert. J'ai plusieurs fois entendu des bouts de conversation du genre : « Le bœuf, c'est une production qui ne peut prospérer que lorsqu'elle cohabite avec d'autres activités agricoles lucratives. Elle ne peut pas concurrencer les grandes cultures ! » Est-ce bien le cas ? Il semblerait que ce genre d'affirmations soit faux, si l'on se fie à la distribution géographique de la production. Que dites-vous de 900 000 vaches qui côtoient les orangeraies de la Floride ? De 2,7 millions en Alberta et en Saskatchewan ? De 3,6 millions dans les États du Nebraska et du Missouri, en pleine « Corn Belt » ? Et que dire de la Californie, État laitier par excellence, qui détient le quatrième rang des États en matière de revenus de ventes de bétail, avec ses 610 000 vaches de boucherie et ses 510 000 bouvillons en stock. Voilà, les sceptiques sont confondus !

Impressionné ? C'est normal. L'industrie bovine, c'est loin d'être marginal. C'est gros, très gros ! En symbiose avec les productions végétales, elle s'avère toujours un atout dans une région. Chacun des propriétaires des 175 000 vaches de boucherie du Québec, ou encore de bouvillons, peut être fier de sa production. Pas toujours facile, c'est vrai. Mais soyez assuré que les bovins de boucherie sont là pour de bon. C'est la conviction que nous avons à La Coop. Nous en reparlerons.

Bonne réflexion !
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