Question d'équilibre
(2e partie)


  

Dans le dernier numéro, j'évoquais que, selon mon point de vue, la réalité financière d'une ferme bovine et, par ricochet, le revenu disponible pour ses propriétaires sont influencés par un minimum de quatre grands principes.
Les deux plus évidents ont été traités dans le dernier numéro : la nécessité d'un bilan revenu-déboursés positif et l'opposition entre la rentabilité et les liquidités. En voici deux autres qui, pour moi, ont un impact tout aussi majeur.

Financement et type d'actifs
La possibilité d'acquérir des actifs fait partie de nos quotidiens. Bien que des moyens plus radicaux aient déjà existé dans notre société, elle repose maintenant largement sur des transactions monétaires. Tout autant pour les individus que pour les entreprises.

Pour transformer plus facilement ces possibilités en réalités, un outil basé sur la confiance (l'historique), la capacité de rembourser et les garanties disponibles a été développé : le financement, aussi appelé « crédit » ! Puissant outil, mais souvent mal utilisé. Il peut changer la donne entre une réussite et un insuccès. Pourquoi ?

La première raison est liée au fait que, sans financement, le développement d'affaires est quasi impossible. Sans lui, il faudrait toujours accumuler la totalité des sommes nécessaires avant toute transaction. Un exploit souvent hors du commun ! Voilà pour son côté essentiel.

En second lieu, le type de financement est en relation directe avec l'actif à acquérir. Ainsi, on n'utilise pas le même type d'emprunt pour acheter une terre ou un tracteur, pourtant deux actifs à long terme. Autre exemple : la marge de crédit qui donne la possibilité de se procurer des actifs utilisés à court terme lorsque les liquidités ne sont pas immédiatement accessibles. Toujours aussi simple en théorie.

Là où ça se corse, c'est quand le coût de certaines acquisitions est relativement faible. En pratique, on observe alors fréquemment un mauvais choix de solution financière. Un exemple ? L'achat de 10 vaches – un actif à long terme en production bovine – avec les liquidités courantes ou la marge de crédit. Le problème dans ce cas, c'est le risque « d'accoter », tôt ou tard, la marge de crédit qui aurait dû d'abord servir à payer « l'entretien » de la vache pour la période précédant la vente de son veau. Comme l'un de mes clients m'a déjà dit : « Ce n'est pas l'achat qui est difficile à supporter, c'est l'activité qu'elle génère… »

Optimisme débordant ?
Récemment, j'entendais à la radio que les gens pessimistes-réalistes avaient une espérance de vie de 10 ans supérieure aux gens optimistes ! Une explication ? Selon les chercheurs, moins portés sur la « pensée magique », ces pessimistes-réalistes utiliseraient plus de moyens préventifs qui leur permettent, en retour, de vivre plus longtemps.

Appliqué aux entreprises, ce principe pourrait ressembler à l'utilisation de budgets et scénarios réalistes avant toute dépense. Pour éviter d'avoir à dire un jour : « C'est dans une bonne année que je me suis le plus calé ! » Dit autrement : il faudrait d'abord privilégier les dépenses non récurrentes qui améliorent immédiatement le revenu net, qui, à son tour, permettra ensuite de financer des acquisitions. À ce sujet, La Coop est très bien outillée pour vous aider à trouver les leviers qui auront le plus d'impact positif à court terme chez vous.

En résumé, pour progresser, une entreprise doit conserver son équilibre : revenus et dépenses, rentabilité et liquidités, utilisation efficace du crédit et justification technicoéconomique des dépenses et investissements. Et cela est particulièrement vrai en production bovine. Là-dessus, je ne vous souhaite pas « Bonne chance ! » Je vous dis plutôt : « Bons succès ! »
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