Nouvel environnement d'affaires...

nouvelles politiques agricoles?


 

Les marchés alimentaires mondiaux ne sont plus ce qu'ils étaient. Les dernières décennies, marquées par les surplus, font décidément partie du passé. Les critiques à propos du dumping de produits agricoles sur les marchés mondiaux se font rares, supplantées par les préoccupations relatives à la sécurité alimentaire mondiale.
L'indice du prix des produits alimentaires de la FAO (voir le graphique), qui regroupe différentes denrées allant du sucre aux viandes en passant par les grains, traduit bien la nouvelle dynamique des marchés alimentaires mondiaux. On observe une cassure dans l'évolution des prix aux environs de l'année 2006. Il s'ensuit une épopée rocambolesque des prix, haussiers et, surtout, volatils. Les facteurs fondamentaux qui dictent l'offre et la demande expliquent principalement cette nouvelle dynamique. La demande augmente parallèlement à l'accroissement de la population mondiale. Le développement rapide d'une classe moyenne, particulièrement dans les pays d'Asie-Pacifique, amène un changement dans le régime alimentaire. Des centaines de millions de personnes consomment davantage de viande, ce qui accroît la demande en grains pour nourrir les animaux. En contrepartie, l'offre peine à répondre à cette demande croissante. Le potentiel de nouvelles terres arables s'amenuise, et les stress hydriques se multiplient un peu partout sur la planète. Le fragile équilibre entre l'offre et la demande a amené un nouveau plateau de prix ainsi qu'une volatilité déconcertante.

Plusieurs indices laissent croire que cette situation sera durable. Les stocks demeurent généralement faibles, malgré l'augmentation de l'offre de produits agricoles à l'échelle mondiale. Le taux de croissance de la population est plus rapide que celui du rendement de la plupart des cultures. L'évolution des politiques agricoles de certains États constitue aussi un indice révélateur du caractère vraisemblablement durable de cette dynamique. Un ancien secrétaire américain à l'Agriculture a déclaré que les récentes moutures du Farm Bill avaient été conçues « dans un contexte de surplus ». Il sous-entendait ainsi que les prochaines politiques agricoles aux États-Unis devraient s'adapter à une nouvelle réalité. Par exemple, l'actuel Farm Bill procure un soutien sous forme de paiements directs dans les productions végétales, malgré des prix records. L'actuel secrétaire à l'Agriculture, Tom Vilsack, entend les abolir et mettre en place des programmes qui vont protéger les producteurs face à de « très faibles prix ». En productions végétales, plutôt que de chercher à augmenter le revenu des producteurs, le prochain Farm Bill pourrait bien viser à le stabiliser.

En Europe, la Politique agricole commune (PAC) a été mise en place pour, notamment, assurer la sécurité alimentaire d'un continent ravagé par la guerre. L'intention demeure. On lit toutefois, dans les récentes communications de la Commission européenne, que la PAC entend « contribuer aux revenus agricoles et limiter la variabilité de ces revenus ». Encore ici, on perçoit l'intention de s'adapter à un nouveau contexte, marqué par la volatilité.

Pour assurer la sécurité alimentaire mondiale, la production agricole devra augmenter. De 70 % d'ici 2050, selon la FAO. De nouvelles technologies devront être mises au point. La productivité de l'agriculture constitue un enjeu majeur du 21e siècle. Il restera à voir quelle place les politiques agricoles des grands pays producteurs consacreront à la recherche en agriculture. 
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