Y a pas que les terres

dans la vie

Les grands fonds d'investissement, qui gèrent le portefeuille de millions d'épargnants ici et ailleurs, se souviendront longtemps de l'année 2009. Marquée par la grande récession, elle aura été synonyme de piètres rendements boursiers et d'une période de disette appréhendée sur plusieurs marchés.
Devant les modestes expectatives de rendement des marchés boursiers, les gestionnaires de fonds ont cherché d'autres occasions de placement, histoire de générer un rendement supérieur, plus stable et à long terme. Il n'en fallait pas plus pour qu'ils tournent de grands yeux vers le secteur agroalimentaire. Ainsi, quatre fois l'an depuis 2009, plusieurs centaines de représentants de grands fonds se réunissent à Singapour, Abu Dhabi, Londres et New York – rien de moins ! – pour se mettre au parfum des meilleures possibilités d'investissement en agroalimentaire. Opportunistes, diront certains. Et si c'était plutôt gagnant-gagnant ?

Selon la perception populaire au sein du Québec agricole, le rôle des fonds d'investissement se résume à l'acquisition non désirée, quasi hostile, de terres agricoles. Or c'est loin d'être si simple.

Selon la perception populaire au sein du Québec agricole, le rôle des fonds d'investissement se résume à l'acquisition non désirée, quasi hostile, de terres agricoles. Or c'est loin d'être si simple. Les grands fonds achètent des terres, certes. Ils sont actifs en Asie, en Europe de l'Est, un peu moins en Afrique (à cause du trop grand risque), beaucoup moins en Amérique du Nord, presque pas au Québec. Essentiellement parce que la concurrence y est trop féroce. Au-delà des recettes annuelles, les investisseurs externes au monde agricole calculent le rendement d'un placement à partir de la différence entre le prix d'achat d'un actif et sa valeur de revente. Ainsi, ils sont plus sensibles au prix d'achat qu'un producteur agricole qui lorgne la terre du voisin et entrevoit le développement de son entreprise au-delà de sa propre génération. Dans ce contexte, sans en être absents, les investisseurs institutionnels voient peu d'occasions favorables dans le marché québécois des terres agricoles.

Quoi qu'il en soit, même sur d'autres continents, les grands fonds n'investissent pas que dans les terres. Pour augmenter la production alimentaire mondiale, les besoins en entreposage et en transport sont colossaux. De nouvelles technologies visant à accroître les rendements sont aussi nécessaires, qu'il s'agisse de semences plus performantes ou de techniques d'irrigation novatrices. Un tel développement ne se fera pas en un claquement de doigts. Un influx financier considérable sera nécessaire pour le catalyser. C'est ainsi que la part qu'occupe l'agroalimentaire dans les portefeuilles des grands fonds d'investissement passera de 1 à 5 % au cours des prochaines années. Loin d'être une calamité, c'est plutôt une excellente nouvelle. Plus encore, c'est tout à fait essentiel à l'atteinte des objectifs entourant la sécurité alimentaire mondiale.

L'impact des grands fonds d'investissement se fait aussi sentir au Québec. La participation financière en capitaux du Fonds de solidarité de la FTQ dans La Coop fédérée, ainsi que celle de Capital régional et coopératif Desjardins, permet de concrétiser certains des objectifs de croissance de notre coopérative. Des partenaires financiers solides, c'est vrai chez nous, c'est vrai dans les entreprises agricoles. C'est vrai partout, finalement.
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