Un pick-up neuf

pour 10 000 $

Paradoxal, n’est-ce pas? Voire impossible, à moins que ce ne soit une arnaque. La vie est pourtant remplie de ce genre d’illogismes ou de contradictions. Des exemples vous viennent en tête? En tout cas, moi, j’en ai plein!

Cet hiver, j’ai entendu que des producteurs pourraient baisser leurs coûts d’alimentation de 50 000 $ par année, et je ne vous parle pas de troupeaux de plus de 100 vaches… On vous fait miroiter un beau rêve! Aussi incroyable qu’un pick-up neuf à 10 000 $. Mais allons voir… Lors d’un exposé, j’ai moi-même affirmé que j’étais capable de faire encore mieux : je peux garantir une baisse des coûts d’alimentation de 100 %! On arrête de nourrir les vaches et ça ne coûte plus rien! Extrémiste? Oui. Absurde? Aussi. Je ne suis pas tout à fait sérieux. « Les vaches vont mourir! » me direz-vous.

Quels résultats cherche-t-on à moyen et long termes? Quand on parle d’épargner d’importantes sommes dans les coûts d’alimentation, on s’arrête la plupart du temps aux aliments achetés. Mais pense-t-on aussi à bien évaluer le coût des aliments produits à la ferme? Et surtout, qu’advient-il du revenu net?

Quand on achète pour 80 000 $ d’aliments par année, comment peut-on baisser le coût de ses achats de plus de 50 %? Augmenter les quantités d’ensilage de maïs et ne pas dépasser 30 % de concentrés? Attrayant et utopique à la fois! L’ensilage de maïs n’étant pas seulement un fourrage, mais aussi une partie de concentré, il faudra de plus revoir la ration et augmenter l’apport en protéine et minéraux. Rien ne se perd, rien ne se crée!

L’addition d’un nouvel ingrédient offert à bas prix sur le marché peut être une autre option.

A-t-on la capacité d’entreposage ou faudra-t-il investir pour épargner? Doit-on acheter de l’équipement? Combien de temps devra-t-on consacrer à ces nouvelles tâches? Quel est le rendement du capital investi?

Et si on utilisait mieux son temps?
On a souvent la mentalité qu’il faut faire les choses par soi-même, dans le but d’épargner, mais aussi avec l’idée qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Certains producteurs ont choisi de simplifier leur travail au minimum : ils ne se consacrent qu’à ce qui rapporte. On voit même des producteurs de lait qui, comme seul équipement, n’ont qu’un petit tracteur. Tout est acheté ou donné à forfait. Le temps ainsi gagné peut être employé ailleurs pour augmenter encore plus les revenus.

On veut le meilleur de tout et, surtout, en avoir pour son argent. On devra cependant faire face à des dilemmes. Il n’est pas toujours facile d’être cohérent dans toutes ses actions. Je ne dis pas qu’on ne peut pas améliorer le coût d’alimentation des troupeaux, mais si c’est pour faire du « change pour change », il faut y réfléchir. On revient toujours à cette case départ : est-il préférable de réduire les dépenses ou d’augmenter les revenus? Tout est fonction des objectifs personnels ou de l’entreprise, mais il y a lieu de se poser la question : est-ce que mon temps peut être employé plus efficacement pour en retirer le meilleur bénéfice?

En prime, vous pourrez vous procurer le pick-up de l’année, peu importe le prix!

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