Sunny California

Sous ses airs ensoleillés, sa chaleur et l'impression que tout y est meilleur et plus gigantesque qu'ailleurs, la Californie porte à réfléchir sur la production laitière et à voir les choses autrement. Accompagné d'un groupe de producteurs laitiers du Club Select 500 pour visiter des fermes de grande dimension, j'ai pu constater dernièrement que tout n'est pas toujours rose sous le ciel de cet État doré.

En effet, une semaine de pluie printanière a laissé les animaux dans la boue et les champs complètement inondés. Une année 2011 particulière, avec des accumulations d'eau qui seront supérieures de 25 % à celles d'une année normale. Toutefois, bonne nouvelle à moyen terme, car les terres auront moins besoin d'irrigation. Par contre, à court terme, cette crue des eaux apporte son lot d'inquiétudes : la litière est détrempée partout et le maintien d'un bas comptage leucocytaire est un défi. En plus, la première coupe de foin est retardée et le mauvais temps aura le même impact sur le semis du maïs-ensilage.

Côté production, en 2009, le prix du lait est passé sous la barre des 10 $ les 100 livres (22 $ l'hectolitre) pendant plusieurs mois. Résultat : 5 % des fermes laitières californiennes ont cessé leurs activités et beaucoup d'autres ont connu des difficultés financières importantes. C'est désolant de voir des étables pouvant abriter plus de 5000 vaches complètement vides!

Heureusement, le marché laitier a repris du mieux depuis. Un producteur Holstein de Californie peut actuellement toucher plus ou moins 18 $ les 100 livres de lait, ce qui équivaut à environ 40 $ l'hectolitre. Dans le contexte américain, c'est très bon, mais il y a en parallèle une hausse du coût de production, tout comme chez nous, avec du maïs à plus de 300 $ la tonne métrique et une augmentation importante du prix des sources de protéine.

Qu'y a-t-il à retenir? Que ces producteurs sont contraints plus que jamais de viser la rentabilité de leurs fermes en passant par une excellente productivité. D'ailleurs, une prime est ajoutée à la rémunération de leurs employés en fonction de la rentabilité de l'entreprise – notamment pour la qualité du lait (moins de 200 000 en comptage leucocytaire) –, d'un faible taux de mortalité des veaux et de rares désordres métaboliques des vaches en transition. Tous des points qui ont un effet sur les marges de profit d'une entreprise.

Une simple semaine de pluie dans une grande région laitière – et toutes les conséquences qui en découlent – fait prendre conscience des défis que nous devons relever, peu importe l'endroit où nous sommes sur la planète. D'où l'importance de viser la plus grande rentabilité de sa ferme, de se consacrer aux activités qui rapportent pour maximiser sa marge nette et, si nécessaire, de diversifier ses sources de revenu. Pouvez-vous imaginer une baisse de prix du lait de 10 à 15 $ l'hectolitre ici? C'est une chance pour nous d'avoir des programmes qui soutiennent le secteur, mais nous ne devons pas perdre de vue les marchés et, surtout, nous sommes tenus de rester concurrentiels, car c'est la meilleure assurance que nous puissions avoir pour faire face aux situations imprévues.

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