Faire vêler des taures

à 21 mois…

Fiction ou réalité?

Ça peut paraître complètement fou… Comment peut-on penser obtenir une moyenne d'âge de 21 mois au vêlage alors que, dans plusieurs troupeaux, la majorité des taures sont saillies à cet âge-là!

Je vous dirai que si des troupeaux de plus de 1000 vaches y parviennent, alors tous les producteurs le peuvent aussi. Quand je visite la ferme Fiscalini, en Californie, qui obtient ces résultats depuis plusieurs années avec un niveau moyen de production plus que respectable (troupeau de 1500 vaches avec plus de 11 000 kg de lait en moyenne par an), je me dis que c'est possible. Ici, dans l'est du Canada, on commence à voir quelques troupeaux avec ces performances et c'est très encourageant. Même aux expositions, la classe Un an senior en lactation nous montre depuis la fin des années 1990 des taures très bien développées ayant vêlé avant l'âge de 24 mois.

L'élevage des génisses laitières est un sujet dont on se préoccupe depuis déjà très longtemps. En 1983, La Coop fédérée lançait un premier programme d'élevage des sujets de remplacement. Avec le temps et les nouvelles données issues des recherches, on a vu apparaître en 1995 le programme et les produits de la gamme Goliath,MC. Depuis, les experts-conseils du réseau La Coop et les différents intervenants à la ferme n'ont cessé de prôner un vêlage à 24 mois.

En 1985, les données du PATLQ révélaient que l'âge et le poids moyens des taures Holstein au vêlage étaient respectivement de 29 mois et 504 kg. Quelque 25 ans plus tard, la moyenne est passée à 27 mois et 600 kg. Une belle amélioration pour le poids des animaux, mais pour ce qui est de l'âge au vêlage, il reste du chemin à faire… À ce rythme-là, on atteindra peut-être l'objectif de 24 mois en 2050!

Comment expliquer une si lente amélioration? C'est pourtant simple et mathématique! Pour un vêlage à 24 mois, il suffit de saillir à 15 mois. Mais puisqu'il faut en moyenne plus d'une saillie par taure, on doit donc viser une première saillie à 14 mois.

Toutes sortes de bonnes – ou mauvaises – raisons nous sont servies pour justifier un vêlage plus tardif. Pour ma part, le simple fait que ce soit plus payant de réduire l'âge au vêlage est une motivation à faire mieux. Pour un troupeau de 50 vaches, faire passer l'âge au vêlage de 27 à 24 mois peut représenter une économie annuelle d'environ 6000 $.

Si je reviens aux troupeaux où on réussit à obtenir des vêlages à 21 mois, rien ne doit être laissé au hasard. On y dénote trois aspects tout aussi importants l'un que l'autre : génétique, alimentation et régie. Et pour ce qui est du coût de production des sujets de remplacement, il faut savoir que les concentrés n'occupent qu'une très petite partie des dépenses, c'est-à-dire moins de 700 $ par taure au total.

Cet automne, le réseau La Coop lance une nouvelle édition de son Guide et du programme Goliath pour les génisses. De plus, un concours sera organisé pour souligner les meilleures performances d'élevage. Vos experts-conseils travailleront avec vous à l'atteinte de meilleurs résultats qui, par le fait même, mènent à une meilleure rentabilité.

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