Plus ça change,

plus c'est pareil

Cette expression populaire m'est rapidement venue en tête lorsqu'un collègue de la région de Mirabel m'a fait parvenir une page d'un manuel scolaire de son grand-père. Datant de 1937, ce document de l'Institut d'agriculture d'Oka démontrait que 10 bonnes vaches rapportaient plus que 15 vaches médiocres. Imaginez : 75 ans nous séparent de cette époque et la réalité est toujours la même! Nous nous rendons compte que nous n'avons rien inventé en matière d'analyse de productivité et de rentabilité.
Quoique nos outils et nos sources de données soient plus nombreux et précis, la conclusion ne change pas. Les progrès sur le plan de la génétique et de la gestion en général font que la production est beaucoup plus élevée que les 6000 lb évoquées en 1937. De nos jours, 50 vaches de 10 000 kg seront généralement plus rentables que 60 vaches de 8300 kg. Une bonne partie des économies générées provient des fourrages en moins nécessaires à l'alimentation des vaches et du nombre moins élevé de sujets de remplacement. Globalement, les concentrés ont bien sûr un coût… mais les fourrages aussi.

Chaque automne, depuis plusieurs années, des jours de production additionnels sont accordés. Cependant, en consultant les statistiques de livraison de lait, on constate que la production de lait d'automne est un autre bel exemple de choses qui ne changent pas d'une année à l'autre. Malgré les mesures incitatives mises en place par la FPLQ, force est d'admettre qu'une minorité de producteurs profitent de cette occasion pour mettre plus d'argent dans leurs coffres. En fait, l'automne dernier, moins de 50 % des éleveurs ont produit des kilos de gras excédant leur droit de production! Le quota global a été rempli à 97 %, et on a produit seulement 31 % des kilos de gras additionnels permis.

N'est-il pas désolant de savoir qu'il y a de l'argent sur la table et qu'on le laisse là? Je comprends très bien que le droit de produire aditionnel a augmenté à 9,5 % du quota dans la dernière année et que tout cela est cumulatif, mais le plus agaçant, c'est que ce n'est pas nouveau. Une augmentation plus marquée de la production à l'échelle provinciale est notable à partir de janvier… soit juste après la période incitative pour produire du lait d'automne, qui s'échelonne d'août à décembre.

Je parle régulièrement à des producteurs, et c'est motivant de voir que certains se préparent efficacement à cette période avec un nombre accru de vêlages en fin d'été, et même avec des vaches ayant fraîchement vêlé à vendre à bon prix. De plus, en automne, le prix moyen du lait est habituellement plus élevé : on parle ici de plus d'un dollar de majoration par hectolitre, par rapport au reste de l'année.

Si on veut changer un résultat, il faut être prêt à modifier ses façons de faire. Il y a longtemps que nous parlons de maximiser les revenus à la ferme, d'aller chercher la meilleure rentabilité par kilo de quota à produire. Plusieurs stratégies peuvent être envisagées. Je vous encourage à passer à l'action, en discutant avec vos experts-conseils afin de changer le cycle de production annuelle et d'ainsi améliorer votre sort. Vous pensez rentabilité… Nous aussi!
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