Vivre

le changement

 
J'ai récemment assisté à une conférence dont une portion était consacrée au changement. Quand on prend le temps de s'y arrêter, on s'aperçoit que c'est fou à quel point notre quotidien a changé en quelques décennies seulement. Nos enfants ont peine à imaginer que nous n'avions ni Internet ni téléphone cellulaire il y a à peine 20 ans ! Et ce n'est pas fini : comme tout tourne de plus en plus vite, on dit même que nous serons soumis à plus de changements dans les 10 prochaines années qu'au cours des 50 dernières… Alors aussi bien se faire à l'idée, s'adapter et composer avec ces différents changements.

C'est vrai pour la société en général, et le monde agricole ne fait pas exception à ce phénomène. Les techniques de production et la productivité ne cessent de s'améliorer. Plus jeune, j'entendais dire qu'un jour les vaches seraient traites par des robots. Ça me semblait incroyable à l'époque, mais ça fait plus de 10 ans que ça existe ici, et on ne cesse d'améliorer cette technologie.

Essai-erreur
Certains producteurs sont plutôt du type innovateur ou sont prêts à emprunter des sentiers nouveaux avant la masse. Toujours à l'affût de nouveautés et sortant du rang de la « normalité », ils sont souvent scrutés à la loupe par les voisins. On entend dire à leur sujet : « Y vont se planter avec ça ! », « Y prennent des risques ! »… C'est à croire que c'est ce que l'on souhaite ! Mais quand ces gens persistent et réussissent mieux que la moyenne, on finit par dire qu'ils ont été chanceux.

Évidemment, ces avant-gardistes ne sont pas à l'abri de l'échec. Pourtant, c'est grâce à eux si de nouvelles techniques ou de nouveaux outils se sont perfectionnés rapidement. Dans n'importe quel domaine, le processus d'essai-erreur est primordial.

Amateur de génétique depuis fort longtemps, je me souviens des débuts de la transplantation embryonnaire. Quelle innovation à l'époque ! Nous en sommes rendus aux embryons sexés, divisés, etc. Je me souviens aussi de ce qui se véhiculait sur les « taureaux d'index américains » et de leur utilisation dans les années 1980. Force est d'admettre qu'on en retrouve dans une majorité de généalogies et que la génétique moderne est de très loin supérieure à ce que nous avions à cette époque. Aujourd'hui, les mêmes craintes peuvent être perçues par rapport à la génomique. Lorsque j'étais en visite au Wisconsin avec un groupe de producteurs laitiers d'ici, nous avons eu des discussions fort intéressantes avec un producteur de 900 vaches utilisant de « jeunes taureaux géno­miques » pour 95 % de ses saillies depuis quatre ans. Une façon de travailler, pour accélérer le progrès génétique, complètement différente de notre philosophie traditionnelle « d'éleveur ».

Il est parfois nécessaire de passer par les extrêmes pour tester un modèle et façonner de nouvelles idéologies, de nouvelles méthodes. C'est pourtant une étape essentielle afin de les perfectionner et les rendre ensuite plus accessibles aux autres producteurs. Ce n'est pas donné à tout le monde d'oser… Mais une chose est certaine, le changement fait partie de notre quotidien et rien ne sert d'être nostalgique – l'ère du téléviseur en noir et blanc et de la trayeuse « sauve-pas » est révolue ! L'agriculture et la production laitière se doivent d'être dans le vent pour être attrayantes pour la relève et la population en général, tout en étant performantes et rentables. Vive le changement !

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