Ce n'est pas la fin du monde…

 
Certains se sont inquiétés des prédictions de Nostradamus et du calendrier maya annonçant la fin du monde le 21 décembre 2012. Mais nous sommes en 2013 et la fin du monde n'est pas arrivée. En voiture, peu avant cette date « fatidique », j'écoutais un animateur à la radio demander aux auditeurs ce qu'ils souhai­teraient faire durant ces derniers jours avant la fin du monde. Je me suis mis à réfléchir… Que pourrait-il nous avoir manqué avant que la fin arrive ?
Ce n'est pas la fin du monde, mais j'aimerais voir le Québec faire mieux qu'une sixième place au Canada au chapitre de la productivité par vache. Défi de taille quand on sait que nous avons un recul de près de 1000 kg par vache par rapport à la Colombie-Britannique. Mais ça, c'est lorsqu'on se fie à la moyenne. Parce qu'en fait, 40 % des producteurs laitiers du Québec (Rapport annuel 2011 de Valacta) obtiennent de meilleurs résultats que la moyenne des troupeaux de l'Ouest, et les trois producteurs canadiens qui ont les meilleures moyennes de lait par vache (en MCR) sont ici, dans l'Est ! Mon message s'adresse donc à 60 % des producteurs de lait québécois.

Ce n'est pas la fin du monde, mais au prix où se situent les aliments servis, la notion de traire moins de vaches pour faire le même quota apporte une rentabilité accrue. On parle souvent du prix du maïs ou des sources de protéines depuis deux ans; toutefois, dans la réalité, le coût des fourrages est aussi très élevé. Le problème, c'est que la plupart des gens pensent à rogner dans les dépenses au lieu de maximiser le revenu. Le réflexe peut paraître normal, puisqu'on voit les factures d'aliments, de suppléments et de minéraux toutes les deux semaines, alors que le foin et les ensilages, eux, sont entreposés et nous semblent maintenant gratuits. Je ne parle pas ici de pousser à l'extrême en donnant plus de concentrés, mais plutôt d'optimiser ce que nous donnons aux vaches. Quand on peut produire la même quantité de lait avec 10 ou 20 vaches en moins, on se trouve aussi à récupérer des hectares de terre pour d'autres cultures, comme le maïs-grain, le soya ou le canola, selon les régions.

Pour atteindre ces deux buts, soit productivité et optimisation des coûts d'alimentation, il faut des pics de lactation élevés. C'est un point majeur à améliorer quand on sait, études à l'appui, que le pic de lactation a une incidence plus grande que la persistance sur la production totale. Pour avoir de bons pics de lactation, ça demande un départ canon. Et pour un départ canon, il faut une excellente période de transition.

Ce n'est pas la fin du monde, mais le réseau La Coop parle des programmes de transition depuis plus de 15 ans. C'est la période la plus courte du cycle de production, mais combien importante pour les résultats ! Nous avons lancé, en 1996, la gamme de produits et le programme TransilacMC, appuyés par des recherches du réseau CRF. Et savez-vous quoi ? Plus de 80 % des producteurs du Club Synchro 750 en sont utilisateurs ! Par contre, ce taux n'est pas le même pour les 60 % des producteurs québécois à qui je m'adresse dans le présent billet.

Nous avons du retard sur les autres provinces canadiennes et sur les États-Unis en matière de productivité. Est-ce que l'accent est mis à la bonne place ? Pourquoi est-ce évident de faire un programme d'alimentation pour les veaux et que ce n'est pas le cas pour les vaches taries en transition ? Ce n'est pas la fin du monde, mais il faut se mettre au travail rapidement. Le Québec a amélioré l'âge moyen au premier vêlage d'à peine trois mois en 25 ans… J'ose espérer que nous ferons meilleure figure pour ce qui est de la productivité des vaches.
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