Comment épargner

plus de 100 $ par tonne d'aliments

Parmi les défis qui se dressent devant nous en ce début d'année, les prix des intrants reviennent souvent dans les discussions.
À vrai dire, depuis deux ans, nous sommes aux prises avec des prix relativement élevés. Ce n'est pas la première fois que nous vivons ça et, dans ces occasions, vous devenez plus sensible aux différentes offres qui vous sont faites. C'est toujours la même chose : un autre fournisseur passe et vous propose quelque chose de « pareil » qui vous permettrait, comme par magie, d'économiser 75 $ et parfois 100 $ la tonne. Est-ce réellement le cas ? Est-ce que les produits sont vraiment comparables ? Permettez-moi d'en douter. Et l'on ne peut malheureusement pas se fier uniquement à l'analyse fournie.

Je connais beaucoup de producteurs qui ont hâte que les prix de leurs suppléments laitiers soient à la baisse. En réalité, nous n'avons pas beaucoup de pouvoir sur ce qui se passe sur les marchés. L'important est d'adopter la stratégie la plus rentable sur ce que vous pouvez maîtriser. En effet, plusieurs décisions auront plus d'impact que le changement de prix des suppléments, et certains de ces éléments sont plus majeurs que d'autres.

La qualité et le coût des fourrages sont deux points cruciaux dont vous avez la maîtrise. Il existe des écarts plus qu'importants entre les fermes les plus performantes et celles qui le sont le moins. Le petit calcul qui suit est très simple : une vache consomme annuellement moins de 1000 kg de supplément protéique, contre 5000 kg de matière sèche fourrage. Pour équivaloir à une économie de 100 $ par tonne de supplément, il suffit de 20 $ d'amélioration par tonne de matière sèche fourrage. Les données que nous vous présentons proviennent des Groupes-conseils agricoles du Québec. Elles montrent pourtant un écart allant de 146 à 323 $ par tonne de matière sèche, selon que l'on regarde le groupe des 20 % supérieurs ou celui des 20 % inférieurs. Imaginez : un écart de plus de 170 $ la tonne. Presque le même écart dans les ensilages de maïs, soit 150 $. Cela représente plus de 750 $ par vache par année ! De quoi payer tout le supplément des vaches…

Autre élément d'importance : la maximisation des composants du lait. Le simple fait de faire varier les composants du lait a un impact majeur sur deux volets. Le premier, c'est la différence entre produire votre quota ou non, et les jours supplémentaires en automne pour aller chercher des primes intéressantes de l'ordre de 60 à 75 $ par vache. Le second, c'est la rentabilité. Et quand on sait, en plus, que la variation du taux de gras amène habituellement une variation, dans le même sens, du taux de protéine, la différence sur le revenu total est énorme. Encore une fois, ces points d'amélioration auront plus d'impact sur les revenus nets totaux de votre entreprise qu'une réduction de 100 $ la tonne de vos suppléments. Il est bien normal de se préoccuper du coût des intrants achetés. Après tout, vous voyez les factures tous les mois. Par contre, n'oubliez pas que la rentabilité se cache souvent derrière d'autres dépenses annuelles sur lesquelles vous avez plus d'emprise.
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