Vision future

Vous arrive-t-il de penser à ce que sera la production laitière dans 10, 20 ou 30 ans ? Moi, oui ! Évidemment, cela fait partie de mon travail de prévoir l'évolution de la production pour les prochaines années. Trente ans, c'est un peu loin, mais regardons pour une douzaine d'années… Me croiriez-vous si je vous affirmais qu'en 2025, les 4400 fermes laitières du Québec logeront en moyenne 70 vaches, produisant 1,05 kg de gras par jour chacune ?
Peut-être que la réalité sera un peu différente… surtout s'il advenait des changements dans le système de gestion de l'offre. Mais on affirme souvent que le passé est garant de l'avenir, alors comme l'aurait dit Bernard Derome : « Si la tendance se maintient… » Dans les faits, les tendances sont relativement linéaires dans notre industrie et le nombre de producteurs baisse de 2,5 à 3 % par année. Qui aurait cru, en l'an 2000, que nous aurions aujourd'hui seulement 6000 troupeaux, comptant en moyenne 59 vaches, alors qu'à ce moment-là on dénombrait 420 000 vaches dans 9300 troupeaux, pour une moyenne de 45 vaches par ferme ? En ce qui a trait à la performance, pour la même période, la production moyenne de gras par vache est passée de 0,75 à 0,90 kg/jour. Cela représente une augmentation de plus de 50 kg de gras par vache par an. Cette augmentation se confirme aussi lorsqu'on examine les rapports annuels de Valacta : la production de lait moyenne est passée de 8081 à 8908 kg de 2000 à 2012. Quand on regarde les producteurs de la catégorie des 10 % supérieurs, c'est encore mieux.

Cette croissance se poursuivra, et c'est pour­quoi nous pouvons prédire que nous aurons une production moyenne par vache de plus de 1,05 kg/jour de matière grasse en 2025. De toute façon, la réalité est que bien des entreprises ont actuel­lement des niveaux de production de gras journalier de 1,5 kg et plus par vache. On peut facilement imaginer que les producteurs faisant partie de l'élite en seront à plus de 2 kg de gras par vache en 2025 ! Ces avant-gardistes repoussent sans cesse les limites et font en sorte que tout le monde s'améliore. Ce sont eux qui élèvent les standards et dictent, en quelque sorte, les nouvelles normes. Pour en arriver là, il faudra bien entendu travailler à améliorer les trois piliers que sont la génétique, la gestion et l'alimentation.

Sur le plan de la génétique, il est clair que le potentiel des taureaux offerts par les centres d'insémination sera en constante amélioration. C'est pourquoi il faut ajuster l'alimentation et le confort des vaches pour leur permettre d'exprimer ce potentiel. Les besoins d'une vache produisant 50 kg de lait par jour demeureront les mêmes, mais vous verrez de plus en plus de vaches produire 70, 80, 90 kg de lait par jour. À ces niveaux de production, il faut s'adapter et maximiser la matière sèche ingérée. Pour y arriver, la qualité des fourrages devra être exemplaire et stable tout au long de l'année.

On n'arrête pas le progrès ! Il faut s'y préparer le mieux possible et être conscient que le portrait du secteur laitier changera au moins autant dans les prochaines années. Rien ne sert d'y résister, il faut s'adapter.
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