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Bonne et heureuse
Année internationale des coopératives!

Janvier 2012
Mes premiers mots seront pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2012. J'espère que le temps des Fêtes aura été pour vous une occasion propice de réjouissances avec famille et amis.

Après tout, c'est ce que nous avons de plus précieux, et l'amour de notre profession ne doit pas nous faire perdre de vue le nécessaire équilibre travail-famille.

D'autant plus que quand on y regarde de plus près, en agriculture, à l'exception de quelques secteurs en difficulté, l'année écoulée n'aura pas été aussi mauvaise que ce à quoi on pouvait s'attendre au printemps.

Et entre nous, coopérateurs, quand on regarde en avant, 2012 sera, je l'espère, l'occasion de prendre conscience avec fierté de la valeur de nos outils coopératifs.

C'est que l'Organisation des Nations unies (ONU) a décrété que 2012 serait l'Année internationale des coopératives. Une belle occasion nous est ainsi donnée de sortir du placard et de dire haut et fort que les coopératives constituent une solution de rechange crédible aux effets néfastes du capitalisme.

Dans ce monde où nous sommes à même de constater que les dérives du capitalisme entraînent l'exclusion d'un trop grand nombre d'êtres humains et une trop grande pression sur les écosystèmes de la planète.

Dans un monde où le tiers de la population mondiale vit avec moins de deux dollars par jour. Dans un monde où près d'un milliard d'êtres humains souffrent de la faim et où 50 000 d'entre eux en meurent quotidiennement, il y a effectivement lieu de s'interroger, comme les indignés de Wall Street, sur notre projet de société.

Je dis souvent que les coopératives n'ont pas la prétention d'être la solution à tous les problèmes, mais qu'elles ont à tout le moins la prétention de faire partie des solutions.

Ne dit-on pas que l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même? La prise en charge démocratique de notre destinée économique, sociale et environnementale qu'offre l'action coopérative permet effectivement d'envisager l'avenir autrement.

Bien ancrées dans l'efficience de l'économie de marché, mais portant en elles les valeurs et les aspirations des collectivités dans lesquelles elles sont implantées, les coopératives peuvent et doivent jouer un plus grand rôle dans le développement et la gouvernance de notre société.

Au cours des dernières années, on a cherché à nous vendre que la libéralisation et la mondialisation du commerce était « la » solution au dévelop­pement et à l'enrichissement de notre société.

Or, on le constate aujourd'hui, cette mondialisation entraîne certes une croissance économique, mais celle-ci profite aux plus riches et repose sur la délocalisation d'entreprises vers des pays où les coûts de production sont plus bas et où la protection des ressources est moins rigoureuse.

Une mondialisation sans développement, c'est déshabiller Paul pour habiller Pierre. Il nous faut prôner une mondialisation fondée sur des rapports plus équitables, misant sur les ressources humaines et les collectivités, et qui tienne compte des coûts sociaux et environnementaux du déve­loppement.

C'est, à mon avis, par la formule coopérative que l'on peut le plus facilement atteindre ces objectifs.

Nous sommes aujourd'hui près d'un milliard de coopérateurs, regroupés dans plus de 750 000 coopé­­ratives, présentes dans un large spectre d'activités et qui génèrent près de 100 millions d'emplois.

L'ONU estime que les moyens de subsistance de près de la moitié de la population mondiale sont assurés par des coopératives. Les coopératives font une œuvre sociale remarquable, mais elles constituent aussi un modèle économique performant.

Le chiffre d'affaires cumulé des 300 plus grandes coopératives mondiales (dont fait partie le réseau La Coop) équivaut au PIB de la 10e économie mondiale, soit celle du Canada.

Les coopératives ont trop longtemps cheminé en silo, chacune dans leur secteur d'activité, dans leur région, se faisant même souvent concurrence entre elles.

Il nous faudra trouver les moyens d'être beaucoup plus proactifs et de décloisonner la coopération à l'intérieur de ses structures, et entre les secteurs d'activité, pour réaliser le plein potentiel de développement des coopératives dans le monde.

Je suis à même de constater, dans le réseau coopératif agricole, que la révision de nos structures et de nos façons de faire entraîne non seulement une coopération plus poussée entre les acteurs coopératifs, mais aussi une amélioration notable de la création de richesse au profit de nos membres.
Et, pour créer une société plus juste et plus équitable, il nous faudra relever le défi de l'efficacité économique de l'action coopérative.

Si nous voulons véritablement servir de modèle de remplacement dans un monde dominé par le paradigme capitaliste, nous nous devons d'être à l'avant-garde quant à l'efficacité de nos activités et de nous donner les moyens de nos ambitions.

Les coopératives ont certes une vocation sociale et une raison d'être plus larges et plus complexes que la simple poursuite du profit à tout prix. Elles ne doivent pas pour autant occulter le fait qu'elles sont des acteurs économiques à part entière, qui doivent participer à la croissance des sociétés dans lesquelles elles évoluent.

Comme président du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, j'ai connu des dirigeants de coopératives mal à l'aise avec l'idée de revoir leur structure et leurs façons de faire, même si cela avait pour avantage de créer de la richesse et d'améliorer les bénéfices pour les membres.

C'est pourtant par la croissance de leurs activités et l'amélioration continue des avantages tangibles pour les membres que les coopératives pourront participer pleinement à l'émergence d'une société plus juste et plus équitable.

Moins de structures et plus de coopération entre tous les acteurs coopératifs, voilà, à mon avis, le principal défi posé au monde coopératif pour qu'il puisse pleinement assumer son rôle de contrepoids au paradigme capitaliste ambiant.

L'agriculture est au cœur du projet coopératif mondial depuis sa fondation, et les coopératives agricoles sont encore très présentes sur l'ensemble des continents.

Ce n'est pas pour rien que les agriculteurs ont de tout temps opté pour la formule coopérative. Nées du besoin de se donner des outils et des services de qualité en région, les coopératives agricoles sont encore très présentes aujourd'hui, parce qu'elles constituent un modèle de dévelop­pement économique qui répond bien aux valeurs des gens de la terre.

Des activités et des communications sont prévues tout au long de l'année à venir pour sensibiliser l'opinion publique et nos décideurs poli­tiques à la solution de rechange que constitue la coopération dans bien des domaines.

Ces activités culmineront à l'automne avec le Sommet international des coopératives, organisé par le Mouvement Desjardins, auquel seront conviées les grandes coopératives du monde, pour réfléchir à notre avenir collectif.

En 2012, je vous invite à afficher fièrement votre appartenance et votre attachement à votre coopérative et au grand mouvement coopératif mondial, parce qu'il est temps que le monde mesure l'importance de la présence coopérative dans notre quotidien.

Je vous invite aussi à participer activement, si ce n'est déjà fait, à la vie démocratique de vos coopératives. C'est encore la meilleure façon de vous assurer que ces dernières exploitent pleinement leur potentiel de développement et de services. Et vous contribuerez ainsi à l'émergence d'un monde meilleur et plus équitable.

Encore une fois, bonne et heureuse année!

Bonne et heureuse Année internationale des coopératives!
 

 

Denis Richard
Président
La Coop fédérée

 


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