La force d’un réseau
octobre 2004
La force d’un réseau. J’aime bien ce slogan qu’on utilise de plus en plus à La Coop fédérée. En peu de mots, il évoque toute la promesse de l’engagement solidaire, toute la grandeur des réalisations possibles quand un groupe partage la même vision. Et, entre nous, je trouve que ça colle vraiment bien à la réalité de la coopération agricole d’ici. Car, je constate qu’il y a toujours plus de cohérence et d’authenticité dans les démarches de nos dirigeants. Les projets sont nombreux et l’intercoopération, présente plus que jamais.

Ainsi, lors de la dernière rencontre semestrielle, les dirigeants du réseau ont pu examiner les différents modèles collectifs de production porcine en Europe. Sujet très pertinent, s’il en est, car il répond à une question qui hante de plus en plus les producteurs membres : comment leurs entreprises peuvent-elles profiter des efforts concertés de toute la filière, sans se soumettre au modèle de l’intégration adopté par les grandes entreprises capitalistes? Car ce modèle, qui s’avère d’une redoutable efficacité, laisse bien peu de pouvoir au producteur agricole : c’est l’intégrateur qui contrôle tous les paramètres de la chaîne, de la ferme jusqu’au client. Heureusement, il existe d’autres modèles, convenant davantage aux particularités de la coopération. D’autres modèles où les producteurs agricoles travaillent ensemble, à un projet commun, tout en demeurant autonomes au sein de leurs coopératives, lesquelles demeurent aussi autonomes au sein de leur fédération. C’est dans cette voie, qu’on appelle la coordination verticale, que les dirigeants du réseau veulent s’engager. C’est aussi une façon de travailler qui repose sur le principe de l’intercoopération, un préalable à l’efficacité coopérative.

La force d’un réseau. Oui, vraiment. Imaginez un beau grand réseau, bien étalé sur son territoire. Une immense courtepointe, tiens! Ne riez pas, c’est très sérieux. Une authentique courtepointe, faite dans les règles de l’art. Anciennement, à l’époque des familles nombreuses, on se mettait à plusieurs pour fabriquer ces majestueuses pièces. Les petits doigts agiles variaient les tissus, les couleurs, les motifs; chacune préparait ses carreaux, mais on s’assurait de respecter les dimensions convenues, le travail dans le droit fil et l’harmonie de l’ensemble. N’est-ce pas que cela ressemble à notre réseau? Une belle grande courtepointe formée d’une centaine d’unités coopératives, chacune jouant son rôle. Un ensemble haut en couleurs, selon les particularités régionales, mais d’un dessein commun. Une couverture chaleureuse, juste assez : il faut laisser respirer. Un ancrage local, comme une délicate piqûre associant chaque unité à ses origines. Et, bien sûr, si l’un des morceaux s’abîme, les réparations sont faciles et la courtepointe n’en prend que du mieux – ça lui donne de la vie, comme on dit! Bon. Va pour la poésie.

Mais revenons à la force d’un réseau. Avez-vous remarqué, quand on se met à penser en mode réseau, on recule les frontières. Toujours en août dernier, La Coop fédérée a offert un appui majeur à l’organisation du premier congrès en sol québécois de l’Association des éducateurs coopératifs (ACE). Ce fut une occasion unique de mettre en contact les gens qui font l’éducation coopérative au Québec et ceux qui la font ailleurs, en Amérique du Nord. Le Québec était fièrement représenté par presque tous les secteurs coopératifs, y compris les institutions d’enseignement actives en coopération et le ministère du Développement économique et régional. Quel beau congrès! Quelle mosaïque culturelle! Il fallait voir tous ces chercheurs et employés de coopératives, les entendre parler espagnol, anglais ou français, tous réunis par la même passion de leur métier, l’éducation coopérative, et avides de partager leurs bonnes et moins bonnes expériences. C’est aussi cela, la force d’un réseau : les frontières éclatent et tout devient possible.

Tout devient possible, parce que la coopération est d’abord une façon d’envisager autrement l’économie. Et qu’à moins de ne souffrir de double personnalité, le véritable coopérateur se révèle curieux d’explorer la formule coopérative sous toutes ses facettes. Allez, nous avons quelque 730 millions de coopérateurs et coopératrices à rencontrer de par le monde! Une vie n’est pas assez longue, mais qu’importe? L’essentiel, c’est de savoir profiter des occasions d’intercoopération qui se présentent au hasard de nos activités : elles sont autant de rendez-vous avec d’autres groupes qui nous ressemblent – parfois plus qu’on ne l’aurait imaginé – et qui pourraient avoir envie d’accrocher leur courtepointe à la nôtre, le temps d’un projet particulier. C’est encore cela, la force d’un réseau.
 

Colette Lebel, agr.
Directrice des affaires coopératives
La Coop fédérée
Courriel : colette.lebel@lacoop.coop
Télécopieur : (514) 858-2025
 



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