Un Therrien chez les terriens
janvier 2005
Aussi bien le dire tout de suite : je n’aime pas le hockey. Jeune fille, je me faisais geler, le bord de la bande, à faire semblant de suivre une partie, juste pour être solidaire de ces grands garçons qui prenaient plaisir à se battre pour une rondelle. Je n’y ai jamais rien compris, mais j’étais là, tranquille. C’est fini. Depuis longtemps, le hockey n’évoque plus, pour moi, que les joueurs capricieux et batailleurs, les gros salaires et les dernières pages du Journal de Montréal.

Enfin, c’était jusqu’aux forums Jeunesse du mouvement coopératif agricole. Ayant eu le privilège de participer à une série de ces rencontres avec la relève agricole, j’ai fait la connaissance de Gaston Therrien, que La Coop fédérée avait retenu comme conférencier. Pour un amateur de hockey, le nom de Therrien n’est pas inconnu. (À ne pas confondre avec Michel, cependant.) Gaston, c’est un ex-joueur de la ligne nationale, qui a été par la suite entraîneur et qu’on peut entendre aujourd’hui à RDS comme commentateur. Certains le disent dur, hargneux, sans pitié. Derrière le banc, je présume. Car moi qui ne le connaissais pas, j’ai découvert un homme affable, passionné et d’un humour désarmant.

Quatre fois j’ai entendu sa conférence, et quatre fois le contenu a été différent! Il a une capacité d’improvisation remarquable, nourrie d’anecdotes comiques, touchantes ou renversantes. Mais attention : au-delà du spectacle, le message, lui, demeure constant. Gaston Therrien nous parle de valeurs. Si les chemins sont nombreux pour y arriver, c’est fondamentalement et invariablement de valeurs qu’il nous parle, de ces valeurs qui sont devenues sa raison de vivre. Une crise cardiaque à 27 ans, confie-t-il, ça oblige à certaines remises en question.

Ainsi, Gaston Therrien invite les jeunes à revoir ce qui est important pour eux, à s’interroger sur le vrai sens de la richesse. « Qu’importe la grosseur du tracteur, leur lance-t-il, si j’ai une famille, je suis riche. Si j’aime mon travail, je suis encore plus riche. » Comme entraîneur, Therrien a eu l’occasion de voir tous ces jeunes appelés, qui rêvaient de devenir vedettes, mais qui n’ont finalement pas été retenus. Hélas, ceux qui avaient délaissé l’école trop jeunes ont eu la partie plus difficile. L’importance de la formation ne fait donc aucun doute, pour Gaston Therrien. La persévérance et la discipline, l’honnêteté et l’équité, la fierté et la solidarité sont autant de valeurs que Therrien évoque, dans un joyeux désordre, au cours de ses conférences. On peut voir le lien évident avec les valeurs du coopératisme. Et, ô mystère, voilà que le hockey m’attendrit tout à coup…

L’homme est coloré. Il nous étonne, il nous fait rire, il nous fait réfléchir. « Chaque jour, je suis un homme meilleur, dit-il. Sinon, ça n’a pas de sens. » C’est peut-être cela qui m’a le plus touchée, dans son discours. J’admire cette détermination à faire mieux, à donner le meilleur de soi, à aller plus loin, à aller jusqu’au bout. Et pourtant, il a beau faire quarante jours de carême tous les ans et avoir convaincu son fils de 16 ans d’en faire autant l’an dernier, je ne lui donnerai pas le Bon Dieu sans confession. Non. Non, parce qu’il m’a semblé un peu obtus lorsqu’il racontait cette anecdote au sujet d’un jeune homme dont il ne pouvait, visiblement, souffrir la queue de cheval : on n’est pas supposé juger d’après les apparences, il me semble? Mais ça, c’est bien lui. Il dira haut et fort ce qu’il pense, envers et contre tous. Ça fait partie de ses principes. Therrien est un homme authentique qui assume ses idées, même celles qui font sourciller. Allez. On va passer l’éponge… – Hé, Gaston! Je voulais te dire : mon mari a une queue de cheval.
 

Colette Lebel, agr.
Directrice des affaires coopératives
La Coop fédérée
Courriel : colette.lebel@lacoop.coop
Télécopieur : (514) 858-2025
 



Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés