Moi, mon fermier…
Septembre 2007
Cette année, je fais partie d’un groupe d’employés de La Coop fédérée qui participe au programme d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC) d’Équiterre. J’ai mon fermier de famille! Comme tous les participants au programme, j’ai payé un montant forfaitaire en début de saison et, à chaque semaine, je reçois un panier de légumes biologiques tout frais cueillis que je rapporte à la maison.

C’est le fermier lui-même qui vient livrer nos paniers, directement au siège social de La Coop fédérée. J’ai donc pu le rencontrer et jaser un peu avec lui de sa ferme, des activités qu’il y tient et, bien sûr, de la température. Mais ce n’est pas tout : j’irai aussi le visiter en cours d’été pour donner un coup de main, quelques heures. Ça fait partie du concept de l’ASC, qui vise à lier le producteur et le consommateur dans une relation de confiance et d’entraide.

En 2007, quelque 25 000 citoyens et une centaine de fermes bénéficient du programme au Québec. Et l’offre ne suffit pas à la demande. Des familles sont en liste d’attente – c’est dire combien la formule plaît! Pas mal, tout de même, pour un programme qui dérange les habitudes d’achat et qui, de surcroît, comporte une part de risque puisqu’on paie à l’avance sans vraiment connaître le contenu réel des paniers que l’on recevra. Selon l’étude « Le marché de l’ASC au Québec » réalisée tout récemment par Darvida Conseil, les principales motivations des consommateurs inscrits au programme sont : la santé, la protection de l’environnement, le soutien aux producteurs locaux, la qualité de la nourriture, son goût et sa fraîcheur, ainsi que l’absence de pesticides.

De façon générale, si les gens sont prêts à s’engager dans un véritable partenariat avec celui qui produit leur nourriture, c’est parce qu’ils ont besoin d’être en confiance. Bien se nourrir est essentiel à la qualité de vie et lorsque les aliments proviennent d’on ne sait trop quel pays, comment savoir s’ils sont vraiment sains? Seulement depuis le printemps, il y a eu les épisodes d’épinards puis de laitues américaines contaminées aux coliformes. Ensuite, il y a eu les graines de sésame contaminées à la salmonelle. Le mois dernier, une étude italo-britannique confirmait une fois de plus que l’exposition aux pesticides augmente de façon substantielle le risque de Parkinson chez les agriculteurs – normal qu’on craigne d’éventuels résidus de pesticides sur nos aliments, surtout lorsqu’ils viennent de pays aux règles moins sévères…

Bref, en matière de nourriture, à défaut de produire soi-même, il est bon de savoir à qui on a affaire. Et pas question, ici, de dénigrer l’agriculture traditionnelle pour encenser l’agriculture biologique. Tous les aliments biologiques ne sont pas nécessairement sains. Les coliformes et la salmonelle, rappelons-le, sont tout ce qu’il y a de plus naturel! Ce sont plutôt les mauvaises pratiques de régie, autant dans un mode de production que dans l’autre, qui mettent à risque la salubrité de nos aliments. Voilà pourquoi le consommateur se sent davantage rassuré lorsqu’il connaît son fermier et qu’il peut visiter les lieux de production.

Et puis, participer au programme de l’ASC, c’est un peu comme faire son jardin par procuration. On peut suivre la saison et les affaires du fermier en observant le contenu des paniers : lorsqu’ils sont généreux, on sait que la saison est bonne; quand ils sont moins garnis, on comprend que notre fermier en arrache. On partage ainsi les joies et les difficultés de l’agriculture. Enfin, il ne faut pas l’oublier, participer au programme de l’ASC, c’est aussi soutenir notre économie régionale et réduire le kilométrage alimentaire.

Bien, mais finalement… le panier? me demanderez-vous. À chaque jeudi, journée de livraison, c’est une surprise. Une bonne surprise! La première semaine, par exemple, nous avions des asperges, des radis, de la laitue et autres légumes familiers, mais aussi des bettes à carde et de la fleur d’ail qui étaient, je l’avoue, de parfaites inconnues pour moi… Heureusement, notre fermier nous fournit des recettes pour qu’on puisse apprêter ses bons légumes sans gaspiller. Ainsi, avec un peu d’ouverture et de bonne volonté, le programme de l’ASC se transforme rapidement en une véritable expérience gastronomique, et ce, au grand plaisir de toute la famille.


 

Colette Lebel, agr.
Directrice des affaires coopératives
La Coop fédérée
Courriel : colette.lebel@lacoop.coop
Télécopieur : (514) 858-2025
 



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