Une page d’histoire
Octobre 2007
je ne peux passer sous silence le 35e anniversaire du Coopérateur agricole. Surtout qu’en réalité, la mission de communication que s’est donnée la coopération agricole au Québec s’appuie sur une tradition presque centenaire. Dans l’Histoire de l’agriculture de Firmin Létourneau, on apprend qu’une des trois coopératives fondatrices de La Coop fédérée publiait, dès 1916, le Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers du Québec – ce même bulletin qui allait devenir plus tard le Bulletin des agriculteurs. De plus, à la même époque, le Comptoir coopératif de Montréal, une deuxième des trois coopératives à l’origine de La Coop fédérée, possédait également son journal : Le Québec agricole. L’historien rappelle aussi qu’en 1922, après sa fondation, la toute nouvelle Coopérative fédérée de Québec commençait à publier le Bulletin de la ferme. Par ailleurs, nos propres archives contiennent une douzaine d’éditions d’un Coopérateur agricole publié en 1948! Alors finalement, les 35 ans qu’on célèbre cette année sont simplement ceux du Coopérateur agricole… de la dernière trempe!

Que dire de ce Coopérateur agricole? Un coup d’œil aux différents numéros publiés depuis 35 ans suffit pour apprécier la richesse de l’héritage que laissera notre magazine. En communiquant mois après mois le point de vue des dirigeants de la coopération agricole sur les dossiers d’actualité, en présentant de nombreux reportages à la ferme et par le choix des dossiers toujours plus fouillés qu’on y traite, Le Coopérateur agricole aura écrit tout un pan de l’histoire de l’agriculture québécoise en ce dernier tournant de siècle. Il demeurera pour les coopérateurs de demain un précieux témoignage de solidarité et de détermination.

Dans son premier éditorial, en janvier 1972, le directeur général George-Étienne Turcotte écrivait: « Le Coopérateur agricole renaît au moment où la Coopérative fédérée, à titre de fédération des coopératives agricoles, s’interroge sur son avenir. (…) La question posée est simple : comment va s’insérer demain et sans danger de rejet la coopération agricole dans cet ensemble mouvant qu’est l’agriculture canadienne…? » Turcotte évoquait les changements profonds que subissait alors l’agriculture : le gouvernement qui devenait un arbitre omniprésent, le syndicalisme qui débordait de ses fonctions, le consommateur qui dictait désormais la conduite de notre agriculture. Visionnaire, le dirigeant conviait ses troupes à un grand exercice de réflexion et de planification, dans lequel le magazine serait appelé à jouer un rôle majeur.

L’histoire nous prouve que la coopération s’est bien adaptée et n’a pas été rejetée, loin de là. La Coop fédérée occupe aujourd’hui une place de choix parmi les grandes entreprises québécoises.

La revue Commerce la classait au neuvième rang, en juillet dernier. Discrète et humble comme toujours, la coopération poursuit son chemin. Ici, comme partout dans le monde. Il est navrant de constater à quel point on sous-estime la présence et la vigueur des coopératives. Saviez-vous qu’au Canada, une personne sur trois est membre d’une coopérative? Exceptionnel, vous pensez? Pas tant que ça : aux États-Unis, c’est une personne sur quatre. En Allemagne aussi. Au Japon, on parle d’une famille sur trois. Et ainsi de suite. La coopération est vraiment plus populaire qu’on ne se l’imagine!

L’Alliance coopérative internationale (ACI) vient de publier les résultats d’une enquête illustrant l’importance de la coopération à travers le monde. On y découvre un mouvement solidement ancré sur tous les continents. Un mouvement qui apporte une contribution colossale à la qualité de vie de 800 millions de membres tout en fournissant du travail à plus de 100 millions de personnes – ce qui veut dire que les coopératives fournissent 20 % plus d’emplois que l’ensemble des multinationales. Et puis, grâce à une étude du gouvernement québécois, on sait aussi que les coopératives ont une durée de vie deux fois plus longue que les autres types d’entreprise. Cela ne suffit-il pas à confondre les sceptiques?

Je me sens privilégiée d’être associée à un aussi grand réseau d’entreprises qui n’ont d’autre objectif que l’amélioration du sort de leurs membres. Privilégiée aussi d’écrire pour Le Coopérateur agricole en cet anniversaire. J’ai l’impression de poser un petit jalon dans le temps. Les paroles s’envolent, mais les écrits restent. Et c’est ainsi que Le Coopérateur agricole devient, au fil des ans, un témoin-clé de l’histoire. Une histoire dont vous êtes les héros. Car c’est bien de votre histoire qu’il s’agit, coopératrices et coopérateurs agricoles d’ici.


 

Colette Lebel, agr.
Directrice des affaires coopératives
La Coop fédérée
Courriel : colette.lebel@lacoop.coop
Télécopieur : (514) 858-2025
 



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