Mettez-y du yin!
Avril 2009

Le best-seller Bâties pour durer de James Collins et Jerry Porras est devenu pour moi un livre culte. Je l’ai lu il y a une dizaine d’années et il m’habite toujours. S’appuyant sur de nombreuses analyses, entrevues et comparaisons, les auteurs ont établi des constantes, des lignes de conduite récurrentes chez les entreprises qui durent. Ils ont découvert que celles-ci abritent toujours deux types de forces opposées, mais complémentaires : des forces qui préservent l’essence, la mission, mais aussi des forces qui stimulent le progrès, l’innovation.

Préserver l’essence et stimuler le progrès. C’est ce qu’il faut retenir. Et pour être bien sûrs qu’on s’en rappelle, Collins et Porras utilisent à répétition, tout au long de l’ouvrage, le symbole de la philosophie dualiste chinoise du yin et du yang, ce fameux cercle aux parties noire et blanche qui se fondent l’une dans l’autre. Dans la partie yang, ils ont inscrit « Préserver l’essence » et dans la partie yin, « Stimuler le progrès ». Or on sait que, dans cette philosophie, le yang constitue la part masculine de la nature et le yin, sa part féminine. Ainsi, pour Collins et Perras, la préservation de la mission relève du principe masculin, tandis que le changement, du féminin. Et ce détail n’est pas anodin. Suivez-moi bien.

Je termine la lecture de Leadership and the Sexes, de Michael Gurian et Barbara Annis. Ça vient tout juste de sortir. De grandes entreprises telles qu’IBM, Deloitte & Touche, Nissan et IKEA auraient utilisé les bons conseils de Gurian et Annis pour conserver leur compétitivité. Dans le livre, les auteurs expliquent l’influence de la biologie sur le style de leadership. Ils nous expliquent pourquoi les hommes et les femmes se comportent différemment, en entreprise comme à la maison. Les grands responsables : plusieurs hormones et certaines particularités du cerveau mises en évidence par imagerie numérique.

Gurian et Annis rappellent que la testostérone commande, tout comme l’ocytocine, des réponses tout à fait distinctes aux stimuli externes. C’est pourquoi les hommes et les femmes vont généralement développer des stratégies totalement différentes pour satisfaire au mieux leurs besoins et ceux de leurs semblables. Or il faut que l’entreprise, confrontée à toutes sortes de situations, puisse avoir accès à tous les types de stratégies disponibles.

Gurian et Annis indiquent comment les habiletés masculines et féminines sont toutes deux complémentaires et essentielles au succès d’entreprise. Par exemple, les hommes seraient davantage alignés sur les résultats. Et lorsque l’entreprise vacille, ce sont généralement des hommes qui se liguent pour la soutenir, veillant à préserver sa culture, sa raison d’être. Remarquez le lien avec « Préserver l’essence » de Collins et Porras. Les femmes, elles, s’intéresseraient davantage au processus menant aux résultats, au chemin emprunté, à l’adéquation de l’humain avec son environnement. Ainsi rattachées au processus, elles auraient des aptitudes naturelles pour accompagner le changement, pour trouver de nouveaux passages. Cela s’apparente indéniablement à la partie yin, « Stimuler le progrès », de Collins et Porras.

J’en conviens. Ce n’est pas si simple. Nous sommes des êtres complexes. Chacun de nous a sa part masculine et sa part féminine. Mais n’empêche que les statistiques révèlent clairement – sans toutefois l’expliquer – que les entreprises qui réussissent le mieux sont celles où il y a beaucoup de femmes à la haute direction. Mettons tout ça ensemble et tirons nos conclusions. Alors moi, un plan d’action pour intéresser plus de coopératrices à notre réseau, je suis pour. Mettez-en! que je me dis. Si le réseau La Coop réussit à aller chercher les meilleurs leaders de deux côtés, on est en affaires. Attachez vos tuques!

 

Colette Lebel, agr.
Directrice des Affaires coopératives et adjointe
au secrétaire du conseil d’administration
La Coop fédérée
Courriel : colette.lebel@lacoop.coop
Télécopieur : 514 850-2567
 



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