nouricia
Février 2010

Ils ont choisi de l’écrire avec un « n » minuscule, en signe d’humilité. Les gestionnaires nous expliquent que le service aux membres étant la raison d’être de la coopérative, il semblait approprié de choisir la minuscule pour établir clairement la position de serviteur qu’entend prendre la coopérative à l’égard de ses membres propriétaires. Beau clin d’œil! Les gestionnaires poursuivent fièrement : l’entreprise est l’une des six coopératives agricoles françaises qui servent de projets-pilotes pour la démarche de notation de développement durable de Coop de France, la fédération des coopératives agricoles françaises, et c’est la première à avoir produit son rapport de développement durable. Bienvenue chez nouricia, à Troyes, en France.

Propriété de quelque 2000 membres, la co­opé­rative nouricia réalise un chiffre d’affaires de 391 millions $CAN en commercialisant les productions végétales de ses membres. Elle est aussi associée sous le nom de « groupe nouricia » avec d’autres entités spécialisées en métiers connexes tels l’approvisionnement de la ferme, la viticulture et le négoce en alimentation animale. Pourquoi avoir choisi d’être un projet-pilote en matière de développement durable? C’est que les gestionnaires sont convaincus que le développement durable est un levier de création de valeur et qu’il offre une occasion unique de faire évoluer les pratiques agricoles des membres usagers. Et cela semble les motiver énormément.

Ils nous expliquent les détails de leur démarche. Tout d’abord, il a fallu établir le périmètre d’action. Sur quelle entité allait-on déployer la démarche : la coopérative nouricia ou le groupe nouricia? Ils ont choisi la coopérative. Cela leur semblait plus naturel, car le statut de coopérative, estiment-ils, donne une responsabilité encore plus grande à l’égard du développement durable. En effet, précisons que le septième principe coopératif évoque clairement la contribution des coopératives en matière de développement durable.

Je disais donc : une fois défini le périmètre, on a identifié les parties prenantes de la coopérative et on les a invitées à une rencontre à cœur ouvert. On a discuté les grands enjeux. Chacun a dit son point de vue bien franchement, avec respect. Ainsi, chacun a pu partager avec nouricia ses appréhensions et ses attentes face aux activités de la coopérative et de ses agriculteurs membres. À partir de là, la confiance s’est installée. « Ces rencontres ont changé le regard porté sur nouricia », précise l’un des gestionnaires. C’est donc cette conversation avec les parties prenantes qui a servi de matière première pour le choix des indicateurs de développement durable de nouricia, lesquels ont été immédiatement intégrés au plan stratégique de la direction. Encore un nouveau chantier? Nenni. Le développement durable, nous disent-ils, « ce n’est pas une tâche additionnelle, mais une vision plus large de notre métier ».

Étant une coopérative, nouricia affichait déjà un bilan social intéressant; aussi, ses efforts ont surtout porté sur l’aspect environnemental. La coopérative a mis sur pied le club nouriciagrosol. Ce club permet aux agriculteurs intéressés d’obtenir un écodiagnostic de leurs installations, d’initier au champ des essais de conservation des sols, de participer à des visites-terrain pour partager leurs expériences et bien d’autres choses encore. Fait intéressant : les travaux de nouriciagrosol sont ouverts une fois l’an à l’ensemble des personnes intéressées. Techniciens, étudiants et autres partenaires sont bienvenus.

Enfin, après avoir identifié les indicateurs pertinents et mis en place des stratégies d’amélioration, nouricia a fait évaluer l’an dernier sa performance en développement durable par un expert indépendant spécialisé, l’agence de notation BMJ Ratings. Résultat : une note A, dans une échelle où la note minimale est DDD et la note maximale, AAA. Pas mal du tout, mais attention, la notation de dure qu’un an. Qu’à cela ne tienne : les gens passionnés que nous avons rencontrés sont clairement à la hauteur du défi.

 

Colette Lebel, agr.
Directrice des Affaires coopératives et adjointe
au secrétaire du conseil d’administration
La Coop fédérée
Courriel : colette.lebel@lacoop.coop
Télécopieur : 514 850-2567
 



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