Beau temps pour les coopératives
Octobre 2010

Le magazine Corporate Knights vient de publier son palmarès des 50 meilleures entreprises citoyennes du Canada. D’après une méthodologie rigoureuse basée sur des indicateurs sociaux, environnementaux et de bonne gouvernance, on classe les entreprises canadiennes selon leur performance globale. Or vous savez quoi? En première place se distingue Mountain Equipment Co-op. En deuxième place, on trouve Co-operators Group, une coopérative d’assurance dont La Coop fédérée est membre. Et, en troisième place, apparaît Vancity Credit Union, une coopérative financière de Vancouver que le milieu coopératif a souvent présentée comme modèle pour la mise en valeur de l’identité coopérative. Ainsi donc, les trois meilleures entreprises canadiennes, surpassant toutes celles inscrites à la Bourse de Toronto, sont des coopératives! Et, pas trop loin en huitième place, le mouvement Desjardins suit… Faut-il s’en surprendre?

On sait depuis longtemps que le modèle d’affaires des coopératives encourage la responsabilité sociale d’entreprise. Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, rappelons que les propriétaires des coopératives sont connus, ils en utilisent les services et élisent leurs représentants au conseil d’administration : ils ne sauraient prétendre l’ignorance si l’entreprise se comportait mal! La transparence coopérative exerce donc sur l’entreprise une certaine obligation de bonne conduite. Aussi, les coopératives ne sont pas soumises au jugement des analystes économiques tous les trois mois; elles disposent donc d’une meilleure marge de manœuvre pour investir dans de bonnes relations sociales et privilégier une vision de long terme. Et puis encore, disons-le franchement, le but de la coopérative, ce n’est pas de faire des profits. Je ne connais pas un seul agriculteur qui est devenu membre du réseau La Coop dans l’espoir de se mettre riche! Si on veut qu’elle soit efficace et rentable, la coopérative, c’est d’abord pour qu’elle remplisse bien sa mission de service aux exploitations agricoles, d’une génération à l’autre. La logique de service qui prévaut exige, de façon implicite, une certaine responsabilité sociale.

Au moment où Corporate Knights dévoilait son classement, la firme de sondage Ipsos Reid livrait, de son côté, les résultats d’une enquête dans laquelle on mesurait la perception des citoyens canadiens à l’égard des coopératives. Plus du quart des répondants étaient des Québécois. J’ai parcouru avec intérêt les résultats de ce sondage. Les coopératives y paraissent une fois de plus comme des entreprises qui inspirent confiance. En fait, même si les gens connaissent mal les attributs particuliers des coopératives, 43 % disent d’emblée faire plus confiance aux coopératives qu’aux autres types d’entreprises. Je ne suis pas sûre qu’on réalise pleinement l’importance de cette information. En d’autres mots, avant même d’avoir investi un seul sou en publicité, les coopératives ont déjà pas mal de clients qui leur sont naturellement favorables – pourvu qu’elles affichent leur nature coopérative, bien entendu.

Plus que jamais, la coopération s’avère un outil économique responsable et devient un modèle à faire connaître. Le capitalisme perd de son lustre. Même aux États-Unis, trois enquêtes menées cette année indiquent que près de 50 % de la population américaine ne perçoit plus le capitalisme comme positif et, chez les 18-30 ans, 43 % disent désormais percevoir positivement… le socialisme! Du jamais vu! Et ça, c’était avant le tragique déversement de pétrole du Deep Water Horizon – lequel n’aidera certainement pas la cause du capitalisme aux États-Unis.

À l’ère où l’information voyage instantanément d’un bout à l’autre du monde, on ne peut plus frauder, saccager, malmener impunément les ressources sollicitées pour faire tourner l’économie et ramasser son magot. La transparence, que certains qualifiaient jadis de handicap propre aux coopératives, frappe désormais toutes les entreprises, qu’elles le veuillent ou non! Dans ces circonstances, mieux vaut être une coopérative et se féliciter de ses garde-fous internes.

 

Colette Lebel, agr.
Directrice des Affaires coopératives et adjointe
au secrétaire du conseil d’administration
La Coop fédérée
Courriel : colette.lebel@lacoop.coop
Télécopieur : 514 850-2567
 



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