Sous les feux de la rampe
avril 2011

Qu'ont en commun KPMG, Walt Disney et la Banque Royale du Canada? Elles ont toutes reçues, au cours des dernières années, le titre d'entreprise la plus irresponsable de l'année! Ce titre peu glorieux est remis en marge du Sommet économique de Davos et est attribué selon les résultats d'un vote public sur Internet dans le cadre des Public Eye Awards.

Mais qu'ont donc fait ces entreprises pour mériter pareille « distinction »? En 2005, on a reproché à KPMG d'avoir suggéré de nombreuses entourloupettes comptables visant à frauder le fisc; en 2006, à Walt Disney, de graves violations des droits de la personne et du travail dans les usines de ses sous-traitants; enfin, à la Banque Royale du Canada, l'an dernier, de financer l'exploi­tation des sables bitumineux en Alberta.

Au moment d'écrire ces lignes, la grande lauréate 2011 vient d'être annoncée, à la suite du vote en ligne auquel ont participé 53 000 internautes. Et la gagnante est… la société pétrolière finlandaise Neste Oil, qui remporte 4000 votes de plus que BP, deuxième au classement. Après l'explosion de Deepwater Horizon, de BP, dans le golfe du Mexique au printemps dernier, on se demande quel genre de parcours présente Neste Oil pour réussir à dépasser BP dans ce singulier classement. En fait, on reproche à l'entreprise son écoblanchiment (green washing). Alors qu'elle s'affiche comme fournisseur de « diesel vert », l'agrocarburant qu'elle produit à partir d'huile de palme entraîne une déforestation galopante en Indonésie et en Malaisie. On calcule qu'au final le bilan CO2 de son « diesel vert » est plus élevé que celui du diesel classique.

Lancés par l'association Déclaration de Berne, à laquelle s'est joint récemment le groupe Greenpeace Suisse, les Public Eye Awards poussent même l'ironie jusqu'à dresser, sur leur site Internet, une page « Hall of Shame », où sont présentés tous les malheureux gagnants du titre. S'il fut un temps où on pouvait avoir une certaine maîtrise de l'information touchant son entreprise, il est désormais révolu. On remarque par ailleurs qu'une entreprise peut remporter cet effroyable prix pour sa participation à une filière, sans être vraiment engagée dans les activités que l'on dénonce; la Banque Royale du Canada en est un bel exemple, ayant obtenu le titre parce qu'elle finance des activités polluantes, non parce qu'elle pollue elle-même. Désormais, dans l'appréciation d'une entreprise, toute sa filière est examinée.

C'est dans ce contexte de méfiance et d'extrême transparence que s'exposeront sur la place publique, en 2012, les coopératives du monde entier qui célébreront l'Année internationale des coopératives. Il faudra nous attendre à être scrutés de tous bords, tous côtés. Justement, le conseil d'administration de La Coop fédérée vient de commander une analyse de l'éthique au sein de l'entreprise. Les valeurs que nous prônons sont-elles vraiment incarnées dans nos façons de faire? Avons-nous mis en place de bons mécanismes, de bons outils pour guider les élus et les employés vers des décisions et des pratiques désirables en milieu coopératif? À la suite de ce diagnostic effectué par une entreprise externe, un plan d'action sera mis en place afin d'améliorer la compréhension de l'éthique coopérative à tous les niveaux au sein de l'entreprise.

Voilà une démarche qui peut grandement contribuer à donner du sens à notre engagement au sein de La Coop fédérée et beaucoup de fierté à y être associé. Oui, l'Année internationale des coopératives sera certainement l'occasion rêvée de dire haut et fort qui nous sommes… mais soyons sûrs d'être à la hauteur de nos prétentions.

 

Colette Lebel, agr.
Directrice des Affaires coopératives et adjointe
au secrétaire du conseil d’administration
La Coop fédérée
Courriel : colette.lebel@lacoop.coop
Télécopieur : 514 850-2567
 



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