Photo : Martine Doyon
 
En route vers 2012
Octobre 2011

De l'autre côté de l'océan, Jean-Claude Detilleux, président du Mouvement coopératif français et administrateur à l'Alliance coopérative internationale, déplorait récemment le déca­lage entre ce que nous sommes, nous du monde coopératif, et l'opinion publique. Il est vrai que les valeurs de la coopération, plus populaires que jamais, sont revendiquées de toutes parts… mais les gens semblent ignorer que les coopératives sont, dans leur essence même, porteuses de ces valeurs. Aurions-nous un problème de commu­nication? En juin dernier, profitant d'un débat sur la respon­sabilité sociale des coopératives, Detilleux suggérait : « Nous devons concevoir et proposer un projet mieux structuré, plus visible. »

Concevoir. Et rendre visible. Fort perti­nemment, lors du dernier congrès de l'Association of Cooperative Educators, Richard Fortier, du Mouvement Desjardins, entamait son exposé par la célèbre citation de Boileau : « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. » Eh oui. Si nous voulons que notre message passe clairement quand nous communiquons, commençons par apprécier la pleine portée du projet coopératif. Trop souvent, on ne s'intéresse qu'à la forme particulière d'entrepreneuriat que représente la coopérative pour y chercher – et y trouver – son avantage personnel. Mais il y a beaucoup plus. Bien en amont de l'entreprise coopérative, il y a l'asso­ciation de personnes. Et c'est elle, d'abord, qui donne toute sa valeur à la coopérative.

L'association coopérative repose sur une convention implicite : chacun de nous a besoin d'un rapport honnête, agréable et constructif avec autrui. Or, justement, l'entreprise coopérative offre à chacun un moyen de réaliser ses objectifs professionnels, tout en lui permettant de développer son propre réseau d'entraide. Car, par-delà les ristournes, c'est tout un système de réciprocité qui se met en place au sein de la coopérative et qui génère un capital social dont nous oublions souvent la portée. On ne compte plus les belles histoires de populations qui ont réussi à se sortir de la misère et à se donner des conditions de vie plus dignes grâce à leur réseau coopératif. Des populations qui, mieux formées et mieux organisées grâce à la coopération, peuvent ensuite construire, consolider, s'enrichir, s'émanciper… Le Québec lui-même n'est-il pas profondément empreint de cette fibre coopérative qui fut jadis un extraordinaire levier de notre Révolution tranquille?

Oui, sans aucun doute, il nous faut apprendre à mieux communiquer la richesse de la coopération. À l'assemblée générale de la Coopérative de développement régional de Québec-Appalaches, l'an dernier, on avait invité Claude Cossette – oui, oui, le fondateur de Cossette Communication, aujourd'hui professeur titulaire au Département d'information et de communication de l'Université Laval. Ainsi donc, le gourou québécois de la communication rappelait à l'assemblée : « Il faut que les gestionnaires de nos coopératives soient convaincus qu'ils ont un trésor entre leurs mains, que leurs organisations mettent en valeur leurs caractéristiques, qui sont de merveilleux arguments de vente. C'est là-dessus qu'il faut compter. […] Les jeunes publics qui seront nos clients de demain – d'aujourd'hui! – sont ouverts à toutes les solidarités, donc à la coopération. »

Nul n'est prophète en son pays, je sais. Quand même. Faudra-t-il toujours se faire dire par les autres que la coopération recèle un trésor inestimable? Allons, un effort : 2012 sera l'Année internationale des coopératives. Il nous faudra bien communiquer. Que dire? Rien de trop compliqué : dire ce que nous sommes, simplement. À l'issue du débat sur la responsabilité sociale, Detilleux concluait : « Il faut lier notre communication à la mise en œuvre des principes coopératifs. » Bien sûr. Que l'on vende des produits agricoles, des manuels scolaires, des services funéraires ou financiers, cela est, somme toute, assez visible. Et d'autres le font aussi. Pour un message différent, unique et inspirant, on serait avisé de chercher plutôt à la source même du projet coopératif. En route, maintenant!

 

Colette Lebel, agr.
Directrice des Affaires coopératives et adjointe
au secrétaire du conseil d’administration
La Coop fédérée
Courriel : colette.lebel@lacoop.coop
Télécopieur : 514 850-2567
 



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