Put multiple modes of action to work all season long | VIOS G3
Une tisane bien chaude en ces temps froids
février 2004
Je viens de faire le tour du Québec dans le cadre de nos tournées annuelles. Vous dire que nos gens – les leaders du mouvement coopératif agricole et les jeunes de la relève – ont le moral dans les talons est un euphémisme. Ils en ont ras le bol de la vache folle, des tarifs hydroélectriques, des taxes foncières, des bateaux de maïs américain, du prix anémique du porc, alouette!

Vous me connaissez un peu, la déprime me vient aisément lorsque je vous vois malheureux. Aussi, pour changer d’air, je vais vous parler des choses qui vont bien. Car, croyez-le ou non, même en ces temps de crise et de froidure, il y a quand même matière à se réconforter en agriculture.

Tiens, je cite à tout hasard la productivité des fermes. Selon Statistique Canada, ce ratio a fait un bond prodigieux de 5,6 % cette année! C’est si bon que ça? É-coeu-rant! C’est le chiffre le plus élevé de l’économie, tous secteurs confondus. Normalement, cette productivité accrue se traduit par une baisse des coûts de production et une augmentation de la richesse. Encore faut-il que les prix aux producteurs se maintiennent et que les taxes, les dettes, l’environnement et le pétrole ne viennent pas tout gruger. Ce qui n’est pas le cas ces jours-ci, on en convient. Enfin bref, je signale ce fait en illustration du merdier dans lequel nous serions si la productivité n’avait pas progressé.

Par ailleurs, l’économie roule bien, malgré quelques ratés malheureux. Les taux d’intérêt sont bas, l’inflation somnole et les taux de croissance ont des allures de rigodon un peu partout dans le monde. Les consommateurs semblent plus heureux : c’est bon pour les ventes de nos poitrines de volaille gratinées, de nos fromages baveux et de nos charcuteries fines.

En outre, je vous signale que dans la crise de la vache folle, les consommateurs d’ici ne nous ont pas abandonnés. Contrairement à ce que l’on avait observé en Europe, ils n’ont pas cédé à la panique et ils ont continué d’acheter des rôtis et des côtelettes en abondance. Imaginez la foire, si la situation inverse s’était produite!

Une autre chose dont je me réjouis, je l’avoue, c’est le retour à des principes de gestion plus rigoureux au sein des exploitations agricoles. La légion de connards qui conseillent aux producteurs de financer du quota sur 25 ans, en affirmant que sa valeur va continuellement augmenter, n’a plus tellement la cote chez les producteurs. Tant mieux. L’endettement des fermes, s’il est nécessaire pour réaliser des projets passionnants, doit être lié à la capacité de remboursement. Point final.

Au-delà – j’ai envie de dire au-dessus – de ces efforts individuels, on commence à entendre des choses intéressantes dans les assemblées. Ça bougonne un peu, certes, mais dans l’ensemble, les gens proposent des solutions concrètes pour sortir plus fort de la crise. Des exemples? Les coopératives d’approvisionnement travaillent activement à optimiser tout le réseau de meuneries pour diminuer le coût de la moulée. La Fédération des producteurs de lait examine des scénarios pour réduire progressivement le prix des quotas. Des producteurs de porcs cherchent à s’associer à Olymel pour augmenter leur rapport de force sur le marché. La Fédérée examine, de concert avec la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec, des façons de réduire les importations américaines de maïs. Ajoutons les négociations de l’OMC qui ne vont nulle part, et le portrait est complet.

Là, vous voyez? Les choses ne vont pas si mal. La crise actuelle, même si elle est profonde, va bien finir par passer. Comme les autres que nous avons connues.

C’est Confucius, un grand philosophe chinois, qui disait : « Dans les périodes d’incertitude et de déprime, vaut mieux allumer une petite chandelle que de maudire l’obscurité! »
 

Claude Lafleur, agr.
Chef de la direction
La Coop fédérée
Courriel : claude.lafleur@lacoop.coop
Télécopieur : (514) 383-7027
 



Retour



Copyright © 2006 La Coop fédérée | Tous droits réservés