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Olymel, au poteau!
Octobre 2007
L'autre jour, j’ai rencontré des producteurs de porc à une foire agricole. Des anciennes connaissances que j’ai toujours admirées. Le ton est amer et agressif, surtout envers Olymel. Les commentaires unanimes vont tous dans le même sens : elle ne paie pas suffisamment, elle n’abat pas assez, elle est insensible au désarroi des producteurs. Et vous autres à La Coop fédérée, qui êtes propriétaires de cette patente-à-gosse, vous laissez faire ça?

Misère.

Prise dans un creux de vague sans précédent, l’industrie porcine québécoise ne parvient plus à remonter à la surface. Les producteurs, sauf quelques exceptions, surnagent péniblement en puisant dans le vieux gagné. Certains ne paient que les intérêts en vivant chichement et en étirant les paiements aux fournisseurs. D’autres sont sur le point de lancer la serviette, écœurés. Pendant ce temps, fidèle à ses engagements et en respect de sa loi, La Financière agricole continue d’y engloutir des sommes considérables en vidant ses coffres et en raclant ses fonds de tiroir.

Je comprends les producteurs, mais j’ai envie de mettre certaines choses à l’ordre même si je sais que le jugement populaire concernant Olymel est déjà rendu : coupable!

Primo, dans ce contexte de crise, Olymel ne fait par d’argent sur le dos des producteurs. Depuis 5 ans, incluant cette année, le porc abattage a perdu 125 M$. Une perte nette moyenne de 6 $ pour chaque cochon abattu et transformé. On ne fait pas une entreprise forte avec ça. Ces pertes ont été épongées en partie par les gains générés par d’autres secteurs de l’entreprise comme la surtransformation du porc et de la volaille.

Secundo, Olymel est géré de façon avisée, malgré les apparences, malgré les histoires d’horreur du beau-frère. L’expérience douloureuse de Qualiporc – qui devait faire beaucoup mieux que nous – et le retrait annoncé de Maple Leaf – qui apparemment faisait mieux que nous – ont démontré de façon éloquente qu’il n’est pas si simple de rentabiliser le marché canadien de l’abattage. En demandant des sacrifices importants à ses employés de Vallée-Jonction et en fermant deux usines en Montérégie, Olymel lance un message clair : elle veut rester dans ce secteur! C’est déjà ça de pris.

Tertio, le dollar canadien, le grand coupable, celui qu’on devrait traduire devant les tribunaux et envoyer à la potence, affecte autant les producteurs de porc que les abattoirs, toute proportion gardée. Depuis quatre ans, la marge à la ferme a été amputée de 25 $ par cochon. À cause de ce maudit dollar, c’est 100 000 $ de moins par année pour une ferme de 4000 porcs! C’est la faute à Olymel, ça?

Le superintervenant, M. Guy Coulombe, aura la délicate tâche de vérifier s’il est possible de moderniser la filière québécoise de façon ordonnée. Chose rassurante, ce dernier est un habitué des grandes causes difficiles : la Ville de Montréal, la Sûreté du Québec, la forêt, les médecins spécialistes. Chaque fois, il a cherché des solutions, proposé des mesures souvent radicales mais nécessaires et, par-dessus tout, su éviter de tomber dans le piège de trouver des coupables.

À partir d’aujourd’hui, on devrait peut-être penser à faire la même chose que lui…



Claude Lafleur
Chef de la direction
La Coop fédérée

 

 


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