Tévolution
rapide de certaines variables
macroéconomiques
(hausse du dollar canadien,
éclatement de la
bulle immobilière
aux États-Unis, hausse
du prix du pétrole)
qui se répercutent
sur l’agriculture
québécoise
nous rappelle notre interdépendance
envers l’économie
mondiale.
Historiquement, le Canada
s’est tourné
vers les États-Unis
pour une très forte
proportion de ses échanges
commerciaux. Notre voisin
du sud offre l’avantage
de sa relative proximité,
sans compter qu’il
s’agit d’un
des plus importants bassins
de consommateurs solvables
de la planète. Toutefois,
la récente montée
en puissance de pays telles
la Chine et l’Inde
présage une plus
grande diversification de
l’économie
mondiale. Ce contexte permettrait,
en théorie, au Canada
de réduire sa dépendance
économique envers
les Américains.
De fait, l’internationalisation,
favorisée par d’importants
gains technologiques au
chapitre des communications
et des transports, favorise
la création de nouveaux
liens économiques
entre pays.
Or, par le jeu des interdépendances,
il est possible que l’internationalisation
des échanges ait
au contraire concentré
davantage notre lien économique
avec les États-Unis,
ce qui n’est pas nécessairement
une bonne chose dans le
contexte américain
actuel.
Voyons cette situation de
plus près.
Le schéma illustre
les liens économiques
qui lient le Canada, la
Chine et les États-Unis.
La largeur des flèches
reflète l’importance
relative du lien (interdépendance)
pour le pays de départ,
alors que le chiffre est
le niveau d’exportation
en 2006, en milliard de
dollars. Ainsi, les Chinois
exportent pour 287 milliards
de dollars vers les États-Unis,
alors que les Américains
exportent pour 42 milliards
vers la Chine. Quant à
la largeur des flèches,
le lien qui part des Américains
vers la Chine est mince,
puisque si la Chine cessait
d’importer des Américains,
ceux-ci s’en apercevraient
à peine. À
l’inverse, si les
Américains cessaient
d’importer de la Chine,
cette dernière s’en
ressentirait, comme l’indique
la largeur du lien. Veuillez
noter que bien que les Chinois
exportent davantage au Canada
(22 milliards $) que nous
exportons en Chine (8 milliards
$), notre interdépendance
est plus grande que la leur.
Ceci s’explique du
fait que les Chinois achètent
beaucoup de matière
première sur les
marchés internationaux,
ce qui influence directement
le prix et la demande des
matières premières
canadiennes.
Le schéma nous indique
également que les
Chinois sont sur le point
de nous surpasser comme
premier exportateur vers
les États-Unis. En
fait, l’interdépendance
économique entre
la Chine et les États-Unis
croît en importance.
En plus d’un surplus
commercial de 245 milliards
de dollars avec les Américains,
les Chinois sont les deuxièmes
plus importants détenteurs
de la dette américaine
externe et ont des réserves
d’un milliard de milliards
de dollars US. Ce qui nous
amène à l’hypothèse
de la « double claque
».
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Ainsi, comme notre schéma l’indique, une récession
américaine
frappe l’économie
canadienne de plein
fouet (claque au
visage) comme le
dit le dicton populaire
« lorsque
les Américains
éternuent,
le Canada attrape
la grippe ».
Ce qui est nouveau,
c’est qu’une
récession
américaine
pourrait également
sérieusement
influer sur l’économie
chinoise. Une économie
chinoise plus faible
signifie une baisse
de la demande de
matières
premières,
ce qui influerait
à son tour
sur l’économie
canadienne (claque
derrière
la tête).
Or, l’économie
américaine
est présentement
en difficulté
et les probabilités
d’une récession
américaine
sont élevées.
L’agroalimentaire
québécois
doit donc rapidement
s’assurer
d’avoir les
coudées franches
pour être
en mesure d’affronter
une éventuelle
« double claque
». |
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Le prof Doyon
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Maurice Doyon est
professeur agrégé
et directeur du
programme de maîtrise
au Département
d’économie
agroalimentaire
et des sciences
de la consommation
de l’Université
Laval. Il est également
membre du Centre
de Recherche en
Économie
agroalimentaire
(CRÉA) au
même département,
professeur auxiliaire
à l’Université
du Maine, chercheur
associé du
Centre interuniversitaire
de recherche en
analyse des organisations
à Montréal
et chercheur associé
de l’Institut
des nutraceutiques
et des aliments
fonctionnels. Détenteur
d’un doctorat
en économie
appliquée
de l’Université
Cornell, ainsi que
d’une maîtrise
de la même
institution, M.
Doyon a obtenu plus
de quinze bourses
et distinctions
tout au long de
son cheminement
académique.
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