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Rapport annuel 2018

Division viandes

RÉJEAN NADEAU
Président-directeur général de Olymel

 

BIEN QU'EN DEÇÀ DES RÉSULTATS EXCEPTIONNELS DES DEUX ANNÉES ANTÉRIEURES, L'EXERCICE 2017-2018 A PERMIS À OLYMEL D'ENREGISTRER DE TRÈS BONS RÉSULTATS.

 

Les ventes ont atteint 3,439 milliards de dollars, comparativement à 3,433 milliards de dollars l’an dernier. La bonne tenue du secteur du porc frais, le maintien de marges viandes fortes et un marché chinois soutenu expliquent en bonne partie ces résultats.

La demande et la production de produits de porc à valeur ajoutée ont été à la hausse, notamment pour le Japon et la Corée. Les ventes destinées à la Chine se sont poursuivies, faisant de ce dernier marché le plus important d’Olymel en matière de volume pour la deuxième année consécutive. Devant l’importance grandissante de ce marché, Olymel a ouvert son quatrième bureau international à Beijing à l’automne dernier.

Inscrite dans une dynamique de croissance, Olymel a poursuivi, au cours du dernier exercice, les investissements nécessaires dans les secteurs de la production et de la transformation, ainsi que dans l’amélioration de ses procédés. Le but est d’assurer l’approvisionnement de ses établissements, et d’augmenter les capacités et l’efficacité de ses installations.

Le modèle d’affaires de l’entreprise se révèle encore plus pertinent. Qu’il s’agisse d’un partenariat comme celui conclu avec le Groupe Robitaille dans Oly-Robi, ou d’acquisitions comme celle concrétisée au cours du dernier exercice avec Aliments Triomphe, Olymel consolide sa position de leader de la transformation agroalimentaire canadienne.

Au cours de l’exercice 2017 ­ 2018, Olymel a évolué dans le contexte d’une conjoncture mondiale incertaine, placée sous la menace d’une guerre commerciale majeure entre les États-Unis et la Chine. Les marchés mondiaux sur lesquels Olymel est très engagée sont volatils. Les tensions commerciales et la très forte capacité d’abattage de l’industrie porcine aux États-Unis sont notamment des facteurs qui ont fait peser des incertitudes tout au long de l’année. La conclusion du Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) et du nouvel accord de libre ­ échange entre le Canada , les États-Unis et le Mexique (ACEUM) auront permis de réduire les tensions.
 

Production porcine

Dans le secteur de la production porcine Est, Olymel a connu en 2018 une perte légèrement supérieure à celle de l’exercice précédent. L’implantation de la phase 1 des Fermes boréales, qui doit comprendre cinq maternités porcines de 2 360 truies chacune, sera réalisée l’an prochain au Témiscamingue.

Le secteur de la production porcine Ouest enregistre une perte supérieure à celle du précédent exercice. La baisse du prix de vente du porc, la hausse du prix des grains et des coûts de transport, l’important programme d’immobilisations pour l’amélioration des installations de production, ainsi que l’appréciation de la devise canadienne expliquent en grande partie ces résultats négatifs. Olysky a poursuivi en 2018 l’intégration des fermes porcines acquises en Alberta l’année précédente et entrepris la conversion de plusieurs de ses installations vers une gestation en stabulation libre. La totalité des porcs commerciaux produits par Olysky a été acheminée à l’usine d’Olymel à Red Deer, comblant près de 60 % de son approvisionnement. Dans l’Ouest, le secteur de la production porcine est actuellement en décroissance et le défi consiste à s’assurer que les approvision­nements seront en mesure de répondre à nos capacités de transformation et à la demande de nos clients.
 

Porc frais

Pour le troisième exercice consécutif, le secteur du porc frais Est enregistre un résultat positif quoiqu’en baisse en comparaison avec celui de 2017, qui a constitué la meilleure année de l’histoire d’Olymel. Malgré une diminution de la marge viande, l’augmentation des volumes de ventes, la hausse des abattages et du poids des porcs, ainsi que l’apport positif d’Oly-Robi Transformation sont des facteurs qui ont contribué positivement à ces résultats. La hausse importante des volumes de porc frais réfrigéré à l’usine de Vallée-Jonction et le début de la production des mêmes produits à valeur ajoutée à l’usine de Saint-Esprit ont également contribué à la bonne performance du secteur. Les investissements importants réalisés au cours des dernières années dans la réorganisation du secteur du porc frais Est portent fruit. C’est aussi en 2018 que les usines de Vallée-Jonction et de Saint-Esprit ont inauguré le nouveau système d’anesthésie au CO 2 , un investissement combiné de près de 15 millions de dollars qui représente une amélioration importante en matière de bien-être animal, d’environ­nement de travail et de qualité de la viande. Le partenariat conclu en 2017 avec le Groupe Robitaille dans Oly-Robi aboutira en avril 2019, lorsque les travaux de réaménagement d’ATrahan, division d‘Olymel, à Yamachiche, seront menés à terme. Le personnel de l’usine de Lucyporc rejoindra alors celui d’Olymel et un contingent de 315 nouveaux employés pour former un effectif de plus de mille personnes. Cette usine, complètement réaménagée et modernisée, consacrera l’essentiel de ses opérations aux produits à valeur ajoutée.

Dans le secteur du porc frais Est, Olymel vise à exercer un meilleur contrôle et à assurer une plus grande coordination sur les volumes et la qualité dans l’ensemble de ses opérations afin d’éviter la volatilité du secteur. Dans ce contexte, Olymel attend avec un grand intérêt la décision que prendra la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec sur le prix versé aux éleveurs de porcs dans le cadre des modifications à la Convention du porc demandées par ces derniers. Dans ce dossier crucial pour l’avenir de l’industrie, notre entreprise et d’autres transformateurs ont fait des représentations auprès de la Régie en insistant sur la nécessité de ne pas compromettre la capacité concurrentielle de l’ensemble de la filière.

Le secteur du porc frais Ouest affiche d’excellents résultats pour le troisième exercice consécutif. Malgré des volumes d’abattage légèrement en baisse, l’augmentation de la marge viande, des coûts d’approvisionnement moindres et un plus grand volume de produits à valeur ajoutée sont les principaux facteurs expliquant ces très bons résultats.

Notons enfin que, selon les dernières statistiques disponibles, Olymel était responsable de 34,2 % du total des exportations canadiennes de viande de porc à travers le monde.
 

Porc transformé

Le secteur du porc transformé affiche des résultats posi­tifs supérieurs à ceux de l’exercice précédent, dépassant ainsi les attentes pour 2018. Une diminution des volumes a été compensée par l’augmentation de la marge viande et un portefeuille de clients favorable qui ont permis ces bons résultats. En 2018, la pénurie de main-d’œuvre généralisée a eu des impacts sur l’ensemble de nos secteurs d’activité, mais a représenté un défi plus important encore pour l’atteinte des capacités maxi­males des établissements du secteur du porc transformé.

Le secteur du bacon affiche pour l’exercice 2018 un résultat positif, légèrement inférieur à celui de l’exercice précédent. Ce résultat est attribuable à un portefeuille de clients favorable ayant eu un impact à la hausse sur la marge viande.
 

« Inscrite dans une dynamique de croissance, Olymel a poursuivi, au cours du dernier exercice, les investissements nécessaires dans les secteurs de la production et de la transformation, ainsi que dans l’amélioration de ses procédés. »
 

Le secteur de la saucisse fraîche affiche un résultat posi­tif, malgré une légère baisse attribuable au démarrage de la production dans l’Ouest canadien. Par ailleurs, les volumes de ventes ont été identiques à ceux de 2017. Dans l’Est, la production de saucisses fraîches est concentrée à l’usine de La Fernandière, à Trois-Rivières, et le secteur a connu une hausse de la marge viande attribuable à un portefeuille de clients favorable, ainsi qu’à une baisse du coût des matières premières. Les travaux d’agrandissement de La Fernandière, un investissement de plus de 9 millions de dollars, ont été réalisés en 2018.

L’exercice 2018 a été marqué par l’acquisition des actifs d’Aliments Triomphe, une entreprise très présente sur le marché québécois et dans le réseau de la grande distri­bution. Elle est notamment reconnue pour sa production d’une vaste gamme de charcuteries et de jambons de spécialité dont parmi d’autres, les marques Tour Eiffel , Nostrano, Alpina et La Mère Poule. Grâce à cette transaction, Olymel sera présente sur de nouveaux segments de marché. L’entreprise Aliments Triomphe emploie plus de 275 personnes et cette transaction comprend trois établissements de production.
 

Volaille fraîche et transformée

Le secteur de la transformation primaire de volaille affiche un résultat positif légèrement inférieur à celui du précédent exercice. Un portefeuille de clients favorable et l’augmentation des volumes sont notamment parmi les facteurs ayant permis ces bons résultats. Le secteur connait toutefois, depuis cinq ans, une baisse de la marge viande conséquente à un déséquilibre entre l’offre et la demande. Un investissement totalisant plus de 28 millions de dollars a été consenti en 2018 afin de doter les usines d’abattage et de découpe de volaille de Saint-Damase et Berthierville d’un système d’anesthésie des oiseaux au CO2 . Olymel sera ainsi une des premières entreprises au Canada et la première au Québec à doter l’ensemble de ses installations d’abattage de ce système d’insensibilisation. Pour une troisième année consécutive, les participations d’Olymel dans Sunnymel, au Nouveau ­ Brunswick, et dans Volaille Giannone, au Québec, ont contribué positivement aux résultats de 2018.

Le secteur du dindon enregistre à nouveau une perte, quoique moindre que celle du dernier exercice. La marge viande a été à la hausse en raison de meilleurs prix de vente de la dinde, mais le marché subit toujours un déséquilibre entre l’offre et la demande.

Par ailleurs, après 44 jours d’audiences, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec a accueilli favorablement en 2018 les demandes des transformateurs de volaille en décidant de maintenir le système de garantie d’approvisionnement en place depuis 1998 et harmonisé à celui de l’Ontario depuis 2013. Enfin, compte tenu de l’ouverture pratiquée sur le marché canadien pour les activités sous gestion de l’offre par la conclusion de plusieurs ententes de libre-échange, le secteur de la volaille pourrait toutefois être exposé au cours des prochaines années à certaines fluctuations dont il est difficile de prévoir aujourd’hui l’ampleur.

Malgré une hausse des volumes de ventes et contrai­rement à l’année dernière, le secteur de la volaille transformée affiche une perte pour l’exercice 2018. Ces résultats négatifs sont en partie attribuables à une diminution de la marge viande, conséquence d’une hausse du coût de la matière première. La réorganisation des usines de Brampton et le démarrage de la production de cubes de poulet à l’usine de Saint-Jean-sur-Richelieu sont des facteurs ayant également contribué à ces résultats négatifs. Dans ce contexte et au cours de la prochaine année, les opérations devront réussir à maximiser la production de produits à valeur ajoutée.

C’est également au cours de l’exercice 2018 qu’Olymel a annoncé son intention d’acquérir toutes les actions de Pinty’s Delicious Foods Inc., une entreprise ontarienne d’abattage et de transformation de volailles, spécialisée dans les produits entièrement cuits et d’autres produits connexes. Pinty’s emploie 360 personnes et opère trois établissements. Cette acquisition, complétée le 26 novembre dernier, permettra à Olymel d’accroître sa présence sur le marché canadien de la volaille.
 

Une ère de croissance

En pleine période de croissance, Olymel ne manque pas de défis à relever. Assurer nos approvisionnements, produire de manière respectueuse de l’environnement, gérer les risques et les incertitudes des marchés font partie de ces défis. Il en est toutefois un qui, plus que les autres, a été au centre de nos préoccupations en 2018 et c’est celui de la disponibilité de la main-d’œuvre.

Olymel a créé plus de 1 500 nouveaux emplois au cours des deux dernières années. Pour ce faire, notre équipe des ressources humaines a déployé des efforts consi­dérables et mis en place un grand nombre de mesures et de programmes originaux afin de recruter des candidats, de les former et de les fidéliser par la mise en valeur d’emplois stables et permanents. Je l’en félicite. Son efficacité aura sans doute contribué au fait qu’Olymel se soit vu décerner le Grand Prix Créateur d’emplois et de prospérité du Québec 2018 des mains du nouveau ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, M. Jean Boulet. Avec les départs à la retraite prévus et notre ambition de conti­nuer à croître, ce défi demeurera et nous continuerons d’y accorder toute l’importance nécessaire.

Je profite de l’occasion pour féliciter et remercier le personnel de tous nos établissements et services qui s’engage chaque jour à nourrir le monde et contribue de façon inestimable à nos succès.

L’alimentation est au cœur de la vie quotidienne des populations, et cet univers est en mouvance constante. À titre de chef de file canadien de la transformation agroalimentaire, Olymel occupe une place privilégiée pour suivre et interpréter l’évolution des tendances des consommateurs et de ses clients. Notre entreprise dis pose des moyens et des talents pour y répondre. Au ­ delà des modes, la recherche d’une alimentation équilibrée et diversifiée fait consensus. Dans ce contexte, Olymel doit intégrer dans sa croissance et dans son développement l’apport de sources diversifiées de protéines, tout en continuant de viser l’excellence dans les secteurs du porc et de la volaille. Comme nous l’avons démontré par le passé grâce à notre savoir-faire, nous saurons saisir les occasions qui se présentent d’élargir notre offre pour nourrir le monde, comme le veut notre mission. C’est une perspective emballante.

Enfin, je tiens à remercier mes collègues de la Régie interne pour leur soutien et leur contribution aux succès de l’entreprise. J’exprime également ma grati­tude à notre président, M. Ghislain Gervais, ainsi qu’à tous les membres du conseil d’administration pour leur soutien et leurs précieux conseils.
 

Le président-directeur général,

Réjean Nadeau